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Mort et Fer } Sighild

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Message posté : Mer 9 Mai 2018 - 20:11 Message
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Snakr - Artisan
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Mort et Fer × Hǫnd × Regn, 603


Le festin du Jarl et ses coups d’éclat étaient désormais derrière lui, relégués dans un coin de son esprit pour être observés plus tard, quand le tumulte serait tombé et avec lui sa cohue. Si Gabriel fut prompt à s’extraire du vacarme, il n’était pas pressé de quitter Bjǫrn. C’était cette île qui accueillait ses frères et sœurs, et leur simple présence annihilait ses sanglots. Il se surprenait à fantasmer leur vie passée – oubliez les jours où le ventre se tordait de douleur et de manque, oubliez la violence qui avait défiguré leur famille ! Il les regrettait, le manque lui tenaillait les entrailles et dans ses pensées parfois il s’égarait, songeant à ce que serait sa vie s’il n’était pas parti. Ses mains raidies et noircies par les flammes qui venaient sans cesse lécher ses jointures, le forgeron les contemplait avec calme, et une certaine mélancolie. Il vivait grâce à elles, et ses cadets n’avaient jamais aussi bien mangé depuis. L’île de la Wyverne lui était indifférente, elle était froide, dure, venteuse et difficile à aimer, mais elle lui avait malgré tout ouvert les bras : il y avait suivi son maître-forgeron, s’y était fait quelques amis. Ce n’était pas pire qu’ailleurs, et les Snákrson ne se lassaient jamais du fer et du fracas des armes. Grâce à eux les pièces alourdissaient fidèlement ses poches, comme si la guerre les menaçait tous perpétuellement de son orage.

C’était un plaisir et une cruelle souffrance que de les voir, et les prendre dans ses bras. Ses très chers petits.
Il lui semblait qu’ils grandissaient tous, profitant qu’il ait le dos tourné pour pousser, évoluer, s’éloigner. Tandis que lui sentait de plus en plus les années lui labourer le dos et les épaules, sa fratrie jouissait de sa jeunesse, et il en était fier, et pourtant si malheureux. Il accomplissait ses devoirs d’aîné avec ferveur, mais il sentait, au plus profond de lui, qu’on ne l’attendrait pas. Viendrait un jour où il quitterait son île d’adoption avec le sentiment du devoir accompli, mais la maison d’enfance serait dépouillée de ceux qu’il avait aimés. Ainsi allaient les choses, il ne pouvait s’en plaindre, ni rebrousser chemin.

Il avait honte de l’aigreur qui empoisonnait son cœur, et redoublait d’efforts pour oublier ses mauvaises pensées. Etait-ce pour cela qu’il se trouvait ici, dans le modeste bourg de Hǫnd ? Lassé de la capitale et de l’innocence des siens, il avait, sur un coup de tête, pris la décision de rejoindre le fleuron des mines de Bjǫrn. On l’avait mis en garde : la ville était en proie à une terrible épidémie qui menaçait de se rependre au-delà de ses murs, et les alchimistes se faisaient désirer pour faire le déplacement. Plus ils attendaient, plus le désespoir dévorerait le cœur de ses habitants. Alors, et seulement alors, le Jarl daignerait peut-être plonger plus profondément les doigts dans sa bourse. Tout avait un prix, et la vie d’autrui se négociait comme une lame de bonne facture.

Gabriel n’avait nul talent d’alchimiste, et serait bien incapable de différencier une sorcerelle d’un ogivier, aussi serait-il bien incapable de concocter un remède digne de ce nom. C’était un tout autre gain qui l’attirait jusqu’à ce flanc de montagne, armé de sa pioche et d’un robuste sac en toile.

Il avait fait la route en carriole de marchand, l’œil laconique tandis que des paysages arborés et domptés défilaient devant lui. Il n’y avait pas besoin d’être un devin pour percevoir le mal qui grandissait : ils approchaient de leur destination, et la nature semblait fanée, morne, de plus en plus disparate. Son transporteur manqua de faire demi-tour, mais lui-même avait ses propres motivations car il transportait des vivres périssables qu’il espérait bien écouler dans cette ville cloîtrée.

« C’est affreux… » Murmura sa fille, ses yeux verts rongés par l’angoisse. Son père ne répondit rien, mais il ne put détourner les yeux de ce triste spectacle. Çà et là on retrouvait des monticules dont s’échappaient une épaisse fumée noire, on avait brûlé des choses, des bêtes, des hommes. Dans l’espoir de contenir la maladie. Gabriel porta sa manche à son nez, tentant d’atténuer les effluves nauséabonds qui s’en échappaient. S’il avait été le père de la gamine, il aurait rebroussé chemin, mais le marchand fouetta son canasson et accéléra l’allure, comme s’il pouvait distancer la mort.

« Les pauvres gens… » Les vivants les regardaient passer, les yeux pochés mais dépourvus d’attente – les malheureux n’espéraient plus un secours. « Pourquoi ne partent-ils pas d’ici ?
_Ils n’ont nulle part d’autre où aller. » Souffla seulement le forgeron, avant de sauter à terre.

Il ne voulait pas entrer dans la ville. Il ne pouvait rien pour ces gens. Autour de son nez il noua un chiffon et quitta ses compagnons de route, leur souhaitant bonne fortune. Lui, savait parfaitement où aller. Là, dans les interstices noueux de la montagne, l’on trouvait les meilleurs minerais que l’île de l’Ours avait à offrir. Gabriel avait eu une mauvaise expérience sur Fálki, ses farouches habitantes refusant que le fer de leur île soit utilisé sur Snákr. Bjǫrn n’avait pas autant de scrupules, mais répugnerait sans doute à laisser gratuitement quelques ressources qui puissent être monnayées… D’ordinaire, on lui aurait certainement barré la route, mais dans les circonstances actuelles… Les autorités devaient avoir autre chose à penser.

D’un pas décidé et souple, Gabriel se fraya chemin dans les bois alentours et gagna un coin qui lui semblait intéressant. Il se débarrassa de son sac et de son manteau, restant en chemise de coton pour travailler, mais ne retira pas son masque de fortune. Sait-on jamais. Les premiers coups de pioche ne donnèrent rien de probant, mais bientôt, une lueur apparut…

Spoiler:
 

Du cœur de Heimr… Il en était certain ! Il n’avait encore jamais extrait ce type de roche, même s’il en avait eu à manipuler dans sa forge. Avec minutie, il frappa quelques coups pour la détourer sans la briser, mais un rayon de soleil inopportun renforça son éclat et, ébloui, Gabriel eut un faux mouvement. Le minerai se détacha mais il avait abimé l’une des surfaces, résultat qui lui fit lâcher un sonore juron. Juron qui fut suivi par une exclamation surprise d’enfant.

Se retournant vivement, ses yeux clairs tombèrent sur la silhouette de deux enfants qui se tenaient la main à s’en arracher les doigts. Ils ne devaient pas avoir plus de sept ou huit ans… Toutefois, cela était difficile à dire. Leurs visages étaient recouverts de plaques immondes, purulentes, qui pendaient pitoyablement le long de leurs joues. Les lèvres de Gabriel s’entrouvrirent et il en eut un haut-le-cœur. Les petits avaient beau être à plus de trois mètres de lui, une odeur de soufre, de maladie, de mort, lui frappa les poumons.

Les pauvres enfants semblaient pourrir.

Que faire ? Etaient-ils seuls ?
Le marchand qui lui avait conté l’histoire, laissait entendre que les prêtres avaient rassemblé les infectés pour s’assurer que le mal ne se répande pas… Ceux-ci avaient-ils échappé à la surveillance des hommes de foi ? Sentant la mort et les flammes venir, avaient-ils fui, tels des animaux effrayés par un incendie ? L’une de ses mains se posa sur son torse, et il savoura étrangement le rythme de sa respiration, et les battements de son cœur.

« Vous ne devriez pas être ici, vous avez besoin de soins… »

Quatre billes effrayées le fixèrent, ils étaient prêts à décamper mais étaient peut-être maintenant trop faibles pour le faire. De sa main libre, la fille se gratta le cuir chevelu et Gabriel constata avec horreur qu’une épaisse poignée de cheveux lui resta entre les doigts. Le garçon – son frère cadet peut-être ? – avait la lèvre fendue et le toisait avec une espèce de provocation fière.

« Je peux vous ramener en ville… »

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Message posté : Mer 9 Mai 2018 - 20:11 Message
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Message posté : Jeu 10 Mai 2018 - 17:48 Message
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Crépuscule sanglant, fumée âcre et nauséabonde.
Cela lui rappelait cruellement Hel et son ancienne maison, la façon dont son frère avait mis le feu avant de fuir sans même se retourner. Aujourd'hui, c'était elle le bourreau. Sighild avait répondu à l'appel au secours, prête à en découdre avec cette épidémie. Ici, il n'y avait plus de place pour la compassion depuis que les cadavres s'entassaient, nourrissant les rats et déversant des miasmes infernaux comme si les Dieux avaient décidé de maudire l'île tout entière. Et dans cet effroyable paysage, elle était là, toute de noir vêtue, visage camouflé derrière un tissu qui ne laissait apparaître que ses yeux clair et perçant, glaciale comme le toucher austère de la Mort.

« Il en manque deux. » Grince l'homme au regard torve.
« Je les trouverais avant que la nuit ne tombe. »

Avait-elle répondu sans même un regard pour l'autre alchimiste qui tentait vainement de garder ses distances. Comme tout le monde. Sans remords, elle avait empoigné une torche aux flammes dansantes avant de s'éloigner vers les portes de Hond. Les mines, le premier endroit qui lui vint en tête, c'était l'idée pour se cacher des alchimistes inquisiteurs qui maniaient là le feu aussi bien que les poisons. Pas un regard en arrière, pas une parole de plus. Les pleurs des paysans, les cris de détresse, les regards larmoyants. Rien ne semblait toucher le cœur gangrené de celle que l'on nommait sinistrement La Noire, sur l'île de Bjǫrn.

Marcher, marcher, encore et encore. Les bottes heurtent la caillasse, son long manteau d'ébène crissant sur la roche. Les mines sont à portée de main et déjà, Sighild lève le nez vers le ciel. Elle devrait faire vite avant que la nuit n'engloutisse toute chance de trouver les rejetons maudits, que leur fuite ne leur offre pas la possibilité d'une contamination à grande échelle. Jamais elle ne laisserait fuir les moribonds, parents, vieillards ou enfants. Alors quand les éclats de voix résonnent non loin, la sombre alchimiste lève sa torche, déversant une lumière brûlante sur les alentours. Juste là, non loin de l'entrée, trois silhouettes se démarques. L'une grande et deux autres faméliques. Ils sont là, les deux gamins infectés alors qu'elle se glisse silencieusement dans leur dos.

« Reculez. »

Siffle la voix ferme de la femme qui brandit entre les deux enfants, sa torche prête à les enflammer au moindre contacte. Elle l'agite, les poussant à fuir comme on le ferait avec les loups avant de pivoter, s'interposant entre eux et l'inconnu qui, dans sa bienveillance, ne réalisait sans doute pas ce qu'il craignait. Non pas d'elle, mais bien des enfants dont le corps tombaient déjà en ruine. Sous sa lourde capuche, Sighild pivote le visage, glissant un regard froid et pénétrant sur son comparse qui lui semblait en bonne santé et ajuste le tissu qui la couvre avant de murmurer.

« Ne les approchez pas. » Un ordre plus qu'un conseil. « Sauf si vous tenez à finir comme eux... ? »

Ronronne sa voix mielleuse. Le ton empoisonné qu'elle lui glisse laissé présager un sourire sur son faciès blafard. N'avait-elle donc aucun scrupule à mentionner la fin tragique des deux jeunes ? Non, aucun. Elle avait passé la journée à tenter d'aider leurs semblables, à jeter des cadavres parmi d'autres avant de leur mettre le feu. Pour l'heure, il n'y avait rien à faire tant qu'elle ou un autre ne parvenait pas à trouver la nature de cette épidémie et un moyen d'en venir à bout. La maladie frappait vite et fort, c'était aussi fulgurant que violent. Ce n'était qu'une question d'heures avant que les gosses ne finissent dévorés par les flammes. Nié ceci serait faire preuve de faiblesse. Une faiblesse que Sighild n'avait pas.

« Le trépas dans la souffrance vous ferait-elle envie, voyageur ? » Rire fugace, cynique mué dans un nouveau ronronnement. « Je connais des moyens plus agréables de tourmenter votre esprit et votre corps... » Haussement d'épaules, elle désigne les gosses de sa torche. « Mais pour l'heure, vous ne serez pas de trop pour m'aider à les traîner au village. Je vous en prie, ouvrez donc la voie... » Minaude-t-elle sans se défaire de son sourire carnassier qu'il ne pouvait voir.
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Message posté : Jeu 10 Mai 2018 - 23:35 Message
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Il remarqua sa présence, la vit approcher, silhouette svelte, fantomatique et encapuchonnée. Elle tenait haut une torche mais celle-ci ne pouvait éclairer le noir dont elle était parée, elle illuminait en revanche les visages blafards et terrifiés des deux gamins. Pendant une kyrielle de secondes, un instant suspendu, Gabriel fut persuadé que la petite le suppliait du regard. Son estomac se contracta violemment, se tordit, et il expira avec difficulté. Ils étaient si jeunes. Sa main se tendit vers eux, geste tendre et fautif interrompu lorsqu’elle intima son ordre.

Cette femme était-elle une religieuse ? Gabriel avait beau bien connaître Bjǫrn, il connaissait mal les ordres qui fleurissaient çà et là, au gré des occasions et des épidémies vaincues. Il n’aurait pas su reconnaître une tenue, pas plus qu’il ne pensait connaître ce visage – encore que, celui-ci ne fut que très brièvement aperçu. Elle chassa les enfants avec sa flamme, les contraignit à relâcher leurs mains jointes sans plus de considération. Les yeux clairs du forgeron étaient fixés sur leurs phalanges, comme s’il avait craint qu’en décollant leurs paumes ils ne perdent quelques doigts… Il se châtia mentalement pour cette pensée sinistre, et arracha son regard du triste spectacle quand elle s’adressa à lui.

« Comme eux… ? » Répéta-t-il, surpris, abruti par la sécheresse de cette question rhétorique.

Le pire était encore à venir. Gabriel aurait été bien incapable de mettre des mots sur le malaise qu’il ressentit. Il ne voyait pas son regard, il ne voyait pas ses lèvres, elle n’était qu’une présence aux paroles tragiques et épouvantables. Il avait envie de fuir. Ses pieds restaient obstinément cloués au sol, et la pioche dans sa main tressaillit légèrement.

« Qui êtes-vous ? » Il déglutit. Il avait bien conscience que son comportement n’était pas rationnel. Il était un homme, un adulte, il était même armé en cas de besoin. Il n’avait aucune raison de la craindre, mais ses mots sirupeux lui faisaient l’effet de mille aiguilles plantées dans le thorax. Et cela devait se voir, il sentait la sueur s’accumuler sur ses tempes et ses mains étaient moites, sa respiration trop vive. « Ne parlez pas ainsi, ces enfants… »

Quoi, ces enfants ? Ils allaient probablement mourir, il n’avait pas le cœur de prétendre le contraire. Pas plus qu’il n’avait apprécié ce rire, mais pour l’heure, son objectif rejoignait celle de l’inconnue en noir… Ramener les enfants au village. Ils ne pouvaient pas errer de nuit dans ces bois…

« Les enfants… » Tout en gardant un œil sur sa compagne inattendue, il se rapprocha légèrement du duo effrayé. Il ne pouvait pas être trop proche, aussi pour se faire entendre il baissa le foulard qui lui masquait la bouche. « Vous êtes malades, mais vous allez être soignés. Vous ne pouvez rester ici, il y a des bêtes qui rodent dans ces forêts… Venez… »

D’un geste il ramassa le sac et les quelques minerais qu’il renfermait, maigre récolte pour une triste journée. Enroulée autour de sa poigne, la toile recouvrait ses phalanges abimées. Son autre main transportait sa pioche et l’aida à repousser les herbes épaisses sur son chemin tandis qu’il ouvrait, comme elle l’avait demandé, la marche.

« J’ignorais que la situation de Hǫnd était si dramatique. »

Comme elle l’avait demandé. Il en soupira, mais son soupir s’étrangla brutalement au fond de sa gorge. Alors qu’il passait devant les gamins, le plus jeune fut pris d’un sursaut, et implora à sa manière. Il se dégagea vivement de sa sœur et courut vers lui, qui n’était qu’à quelques pas, pour lui saisir la main. Sa poigne malade se referma sur la sienne qui tenait le sac, et la réplique de Gabriel fut malheureusement instinctive : il se dégagea violemment, envoyant un malencontreux coup de coude dans le nez de l’enfant.

« Je suis désolé, je… » À nouveau ses mots s’étranglèrent et moururent sur ses lèvres. Le choc n’avait pourtant pas été violent… Quand il regarda le visage de l’enfant, son nez semblait s’être enfoncé dans son visage, comme si Gabriel avait voulu l’aplatir avec une brique. Les grands yeux surpris et vides du gamin le regardait sans le voir, la difformité de ses traits brillait dans l’obscurité. Le forgeron ne s’y était pas attendu, mais n’y tint plus, il s’écarta vivement et se cramponnant à un arbre, rendit le maigre contenu de son déjeuner après deux haut-le-cœur.

Pauvre enfant… Et c’était sa faute. Il leur avait tendu la main, quelques minutes plus tôt. Le repousser ainsi était si cruel, si abject…

« Qu’est-ce que cette maladie… ? » Souffla-t-il pour lui-même, dans le vide de la forêt.
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Message posté : Mar 29 Mai 2018 - 10:39 Message
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Comme eux.
Les moribonds, les pestiférés, ceux dont la vie ne tenait plus qu’à un fil et le dont le corps tombait en lambeaux. Le spectacle était aussi irritant que désolant, aussi bien pour la virulence de la maladie que l’incapacité des alchimistes à trouver son origine et un remède. Le souci étant que malgré le nombre de cerveaux présent, la maladie frappait vite et fort, la panique et l’angoisse empêchant les raisonnement clair et précis. Même eux, même elle, se retrouvait prit de court face à l’urgence de la situation. Alors qu’elle laisse passer les enfants agonisants, Sighild jette un regard insistant à son nouveau compagnon qui tente de rassurer les petits.

« Vous êtes cruel. Ne faites pas de promesse que personne ne pourra tenir, et certainement pas vous. »

Claque-t-elle d’un ton mielleux mais froid. Promettre la guérison alors que leurs corps décharnés trahissaient déjà leur position au bord du précipice tandis que le bucher attendait gracieusement leur mort pour débarrasser cette terre de la corruption virale qui s’y était installée. Dans un bref soupir, Sighild se remet en route, torche levé face à elle pour éclairer le chemin de moins en moins visible dans la pénombre.

« La situation de Hond n’est pas dramatique… Elle est désespérée. »

Affirme la sinistre femme sans aucun détour alors qu’elle tourne un œil vers son comparse qui avait réclamer son nom. Elle ne le réalise que maintenant, sans doute trop occupé à surveiller les enfants qui risquaient de se faire la malle à tout instant.

« Je suis Sighild. Je viens de Hjarta. »

Présentation simple clair et net. Inutile d’en dire plus cet inconnu n’avait pas besoin de détails superflus. Pourtant la femme garde ostensiblement le regard rivé vers lui, observant ses gestes alors que sous la surprise il met involontairement un coup au gamin qui enfonçant durement le nez dans la boite crânienne. La seule qui reste imperturbable sur l’instant, c’est elle. La Noire tend la main, saisissant l’enfant par le menton et d’un geste sec, le force à tourner la tête vers elle. Elle observe les dégâts sur son faciès avant froncer les sourcils.

« Il n’en a plus pour longtemps. » Elle relâche le gosse et le pousse en avant, le forçant à se remettre en marche. « Il faut rentrer à Hond… Il est vital que les contaminés reste au village… On ne peut pas prendre le risque de laisser la maladie se répandre. »

C’est un ordre plus qu’une affirmation ou même un conseil. Sighild accélère le pas, venant se mettre au niveau de son bel inconnu encore sous le choc de son geste et de la vision horrifique dont il avait été victime il y a peu.

« Respirez… je sais que ce n’est pas facile mais si vous craquez maintenant vous ne serez utile à personne. » Murmure-t-elle doucement pour qu’il soit le seul à entendre. « On ignore encore de quoi il s’agit mais la maladie est extrêmement virulente. Je n’avais encore jamais vu autant d’alchimiste en un seul et même endroit et malgré notre nombre nous ne trouvons pas encore de solution à cette catastrophe. » Se confie Sighild toujours à voix basse et d’un ton nettement moins froid. « Le problème c’est que l’on ignore sa provenance, son origine… Nous n’avons aucun point de repère sur lesquelles nous baser est c’est… très déroutant. Tout ce que nous arrivons à faire pour le moment c’est limiter la propagation même si pour cela nous devons brûler la moitié du village. Je sais que cela semble barbare et injuste mais vous l’avez vu vous-même… Ces gosses ont déjà un pied dans la tombe. » Elle pivote le visage vers lui. « Faites attention à vous, d’accord ? Gardez votre tissus sur le visage et portez des gants au préalable… Si vous désirez vous rendre utile à Hond, vous pouvez le faire… Commencez par me dire votre nom et si vous le désirez, restez avec moi, je ne serais pas contre une paire de bras supplémentaire un du courage en surplus n’est pas de refus non plus. »
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Message posté : Dim 3 Juin 2018 - 16:57 Message
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Sighild, de Hjarta. Les mots se gravent lentement dans son esprit, se cisèlent péniblement tandis que son cœur panique, tambourine et s’étiole peu à peu.
C’était déraisonnable, d’être touché ainsi. Il ne connaissait pas ces enfants, et tout tendait à indiquer qu’il n’aurait jamais l’occasion et le temps de faire véritablement leur connaissance… Et pourtant il se sentait impacté, martyrisé comme si c’était ses frères et sœurs qui souffraient, comme si c’était sa fille que le destin lui arrachait. Il savait bien, qu’il était trop sensible. Dans un geste lent dont il tentait de maîtriser les tremblements compulsifs, il essuya sa bouche et son menton. La pluie, qui commençait à choir lentement du ciel, finirait de laver la souillure – mais rien ne viendrait purifier ces terres malheureuses. La situation semblait aussi désespérée que le soufflait cette ombre encapuchonnée.

Soudainement, avec brusquerie, une sourde culpabilité l’étreignit et il n’eut bientôt qu’une envie : s’enfoncer dans le sol et disparaître. Quelle idée sinistre il avait eu… Profiter du désarroi qui s’abattait sur Hond pour dépouiller ses montagnes de quelques ressources, ce n’était finalement que justice qu’il soit malade comme un chien. Luttant contre l’envie de propulser sa tête contre un arbre, et de boucher ses oreilles aux sinistres mais réalistes paroles de sa compagne de fortune, il coula un regard précautionneux vers les enfants, ratatinés l’un contre l’autre, pétrifiés et hideux, dont le temps était désormais compté.

« Bien sûr… Vous avez raison… » Concéda-t-il d’une voix faible, dans laquelle ne transparaissait aucune conviction. Il voulait en finir et oublier tout cela au plus vite.

Redressant l’échine et s’arrachant à l’arbre qui lui avait servi de soutien, il se mit en marche, tentant bon gré mal gré d’avancer comme un bestiau, sans réfléchir. La Bjǫrndottir se pressa près de lui et il se surprit à prier pour qu’elle ne le plonge pas dans les détails scabreux de cette horrible maladie. Etonnamment… Sighild ne fit preuve d’aucune virulence. Elle semblait même prendre quelques précautions dans le choix de ses mots, et pour la première fois depuis leur court échange il eut la sensation qu’elle était affectée par la situation : était-elle touchée par le sort de ces malheureux ? Ou bien vivait-elle simplement mal l’échec en tant qu’alchimiste ? Il n’aurait su le dire… Mais son cœur malléable penchait naturellement vers l’option la plus douce. Si elle avait traîné des corps toute la journée et brûlé ceux qui avaient succombé, elle avait dû d’une manière ou d’une autre barricader ses sentiments pour se préserver. À ces pensées, un élan de commisération et une forme de tendresse l’éprirent, modelèrent son visage dans une expression douce et touchée.

« Je suis désolé. » Doucement, sa main s’était posée sur son épaule. Elle ne s’y attarda pas davantage que le baiser d’un papillon, puis il inclina respectueusement la tête. « Je n’ai aucune connaissance en alchimie, ni en herboristerie… Je ne sais que modeler le fer. » Avoua-t-il sur un ton d’excuse, conscient qu’il ne serait que d’une maigre utilité. Malgré tout, il n’avait pas le cœur à se détourner sans rien essayer. Aussi, il acquiesça à ses instructions et rabattit plus près de sa bouche le tissu qui la protégeait. « Je m’appelle Gabriel. Je vis à Jarða. » Une façon comme une autre de confesser que Snákr n’était pas véritablement son île – ce qui n’était pas forcément difficile à deviner en le côtoyant. « Je vais vous aider, Sighild. Je ne sais comment… Je vous laisse juge en la matière. »

Confiant son corps et sa force à ses bons soins – le fou – Gabriel lui tendit sa large paluche calleuse pour serrer la sienne.

« C’est folie d’être venus jusqu’ici. D’aucun dirait qu’un mal que les alchimistes ne peuvent guérir, ne peut être que le fruit d’une volonté divine… » Il l’ignorait, mais Sighild avait été le témoin de ce que pouvait être une malédiction voulue par un dieu. « Quand tout sera fini… Ceux qui prient diront que c’est leur vœu qui a été exaucé. Ceux qui chassent prétendront que ce sont les bêtes qu’ils ont abattu qui noircissaient ses terres. Et les autres, ils remercieront sans doute votre talent. »

Réussite : La nature les aide…
Échec : La nature les emmerde.

Gabriel était sans doute trop prompt à désirer le dénouement de cette histoire, et à en percer la cause… Alors qu’il échangeait avec Sighild, il buta dans la petite fille qui s’était soudain figée au milieu du chemin. Les yeux fixes et terrifiés, elle regardait fixement un point entre deux arbres entremêlés… Ses lèvres s’agitèrent sans qu’elle ne produise un son, et son index boursouflé désigna l’interstice des troncs.

« Je ne vois rien. Avançons… » Souffla Gabriel, incitant l’enfant à bouger en la poussant gentiment. Mais la gamine ne bougea pas d’un pouce. Perplexe, mais désireux de ne pas la brutaliser, le forgeron s’écarta pour approcher l’endroit qu’elle mirait avec obstination. Après avoir jeté un coup d’œil, il se planta à quelques pas des arbres. « Tu vois, il n’y a rien… »

Alors qu’il faisait face au trio, les mains sur les hanches et un sourire niais sur la bouche, une longue banche vint lui titiller l’oreille… Pensant à un insecte, il balaya la gêne d’un mouvement ample de la main, sifflant entre ses dents : « Ouste ! » Quand soudain, des craquements de bois inquiétants raisonnèrent dans son dos. La branche s’agita, animée et féroce, menaçante, et elle l’aurait sans doute balayée comme une vulgaire feuille s’il n’avait pas eu le réflexe de se retourner au bruit puis de vivement s’écarter…

« Qu’est-ce que… ? » Une bête ? Un esprit ? Ce n’était pas humain, et ça ne leur voulait aucun bien. « Vite… » Murmura Gabriel, comme si la chose ne pouvait pas les entendre. « Allez, courrez… ! »
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Message posté : Dim 3 Juin 2018 - 16:57 Message
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Mort et Fer } Sighild

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