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Piège en haute mer | Amalrik

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Message posté : Dim 25 Fév 2018 - 16:44 Message
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Falki - Guerrier
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Capitaine du Fer-de-Lance

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4/10  (4/10)
Niveau de renommée:
3/10  (3/10)
Description sommaire:
Elle avait compris que les choses n’allaient pas tourner en leur faveur quand elle vit les deux grains noirs pointer à l’horizon et grossir rapidement. Beaucoup trop rapidement en dépit du vent contraire qui poussait le Fer-de-Lance dans leur direction. Plissant les yeux, Astrid mira loin devant elle, essayant de distinguer les fanions écarlates qui claquaient dans le vent du Nord, mais elle devait admettre qu’il lui était impossible de voir quoique ce soit à cette distance. Par ailleurs, la pluie battante qui formait une nappe brumeuse sur l’étendue maritime n’aidait en rien à lui permettre de distinguer quoique ce soit. Tout du moins pas tant qu’ils ne se trouveraient pas à une distance respectable de son drakkar. Pourtant, au fond d’elle, quelque chose lui hurlait de se tenir prête à l’affrontement ; D’aucuns parleraient de de sixième sens, d’autres n’hésiteraient pas à mentionner l’expérience ou simplement sa méfiance naturelle qui voyaient là l’occasion de ressurgir, alors pourtant qu’aucune menace ne couvait. Le fait est que, figée sur son ponton et alors que l’averse s’insinuait sous le revers de cuir de son armure, tout contre sa chair, Astrid sentait que quelque chose allait mal tourner.

Pourtant, son voyage s’était bien déroulé jusqu’à présent. Astrid avait quitté Fálki la veille au matin, désireuse de rejoindre Bjǫrn avant la nuit tombée et elle s’était même vue gratifiée d’une large avance par la grâce de Vatn, d’un vent bienveillant et d’un soleil éclatant qui avait illuminé une bonne partie de sa journée. Elle s’était accordée le privilège de languir au soleil tandis que son équipage s’était affairé à les pousser toujours plus en avant, ne faisant des rondes qu’occasionnellement pour s’assurer que tout se passait bien. Et tandis que les côtes de l’île s’étaient finalement découpées dans le lointain, un peu moins de la journée entière avait filé et l’astre solaire était venu embrasser la ligne d’horizon dans une explosion moirée d’or et de carmin. Une fois leur cargaison déchargée, il avait été décidé qu’elle ne repartirait pas avant le lendemain, ce qui leur permit de profiter d’une nuit de repos sur terre plutôt qu’en mer. Dont elles tirèrent largement profit…

Malheureusement, elles remarquèrent rapidement que le temps n’avait pas manqué de se gâter, si bien qu’elles repartirent finalement poussées par le mugissement du vent, bercées par le roulement du tonnerre dans le lointain et portée par les vagues déchaînées qui éclataient sur la coque en gerbes mousseuses. Force était de constater que la journée n’allait pas s’arrangeant pour l’équipage du Fer-de-Lance, lorsqu’il s’avéra rapidement que les bateaux qui s’étaient élancés sur elles n’étaient pas Kirosi, mais Gamallien. Des pirates du Continent, songea Astrid en serrant les dents, et son poing qui se tenait fermement aux cordages de la proue du navire. Les pires d’entre tous ! Elle aurait encore préféré affronter des Snákrson… Sautant au bas de son marchepied, Astrid détacha sa longue pelisse qu’elle laissa choir sur un banc, et saisit son arc et son carquois qu’elle passa en travers de son torse. Puis, se tournant vers son équipage, elle beugla pour couvrir le rugissement de la tempête :

« VIREZ DE BORD ! PRESENTEZ LEUR LE FLANC, ILS NE DOIVENT PAS NOUS PRENDRE EN TENAILLE ! Hetha, ajouta-t-elle à l’adressa de l’une de ses subordonnées, dis à tes filles de s’armer on va les accueillir comme il se doit. »

Elles obtempérèrent aussitôt. Agilement, malgré sa taille conséquence, le drakkar vogua à droite pour présenter ses côtés armés de bouclier aux navires pirates qu’il dépassait largement. Malgré cela, Astrid put rapidement constater qu’elles allaient se trouver en sous-effectifs et que le combat allait s’avérer rude. La peste soit des Gamallien ! Trempant l’embout acéré de sa flèche dans un tonneau d’huile, la Fálkidottir enflamma la pointe d’un rapide passage dans la flamme de l’une des lampes qui ornaient les deux extrémités du drakkar. Bandant son arc, la combattante décocha sa flèche dans un sifflement sonore, aussitôt imitée par des dizaines d’autres qui illuminèrent brièvement le ciel. Nul ne sut quelle flèche toucha, mais si beaucoup d’entre elles finirent dans les flots noirâtres, au moins une toucha la voile triangle d’un navire qu’elle n’avait jamais vu et l’enflamma.

« NE LÂCHEZ RIEN, ON CONTINUE ! »

Elle hurlait à l’adresse de son équipage, mais elle hurlait aussi à l’adresse de ses adversaires qu’elle espérait effrayer. Aussitôt, une seconde salve de flèches s’envola, noyant leurs ennemis sous une pluie d’étoiles écarlates qui filèrent au-dessus de leur tête. Certaines se fichaient dans le bois du ponton ou dans le revers des voiles, d’autres mordaient la chair dans des hurlements douloureux dont elle se délectait. Pourtant, loin de s’en apeurer, les Gamalliens avaient fini par arriver près du Fer-de-Lance et l’abordait en y lançant des grappins d’acier qui mordirent la rambarde, laquelle craqua sèchement sous le poids des deux navires. Aussitôt, les pirates se lancèrent à l’assaut du navire, sautant entre les deux pontons comme des bêtes sauvages animées par leur seule soif de sang, de richesse et de stupre.

Tirant la dague qui ceignait sa cuisse, Astrid accueillit le premier d’entre eux par la morsure métallique de son arme sur sa gorge. Le sang chaud gicla, maculant son armure, son visage et ses cheveux d’éclats vermillon qu’elle essuya d’un revers de main avant de se saisir de son épée et de son bouclier. En en voyant un second s’en prendre à l’une de ses jeunes apprenties, la Capitaine du drakkar se fraya un chemin entre les corps qui s’amoncelaient et lui passa sans sommation l’épée au travers du corps, le regardant s’effondrer dans un borborygme écœurant. Un instant seulement, et ce fut l’instant qu’il suffit à son ennemi. Elle n’eut malheureusement pas le temps de se protéger de la montagne de muscles qui lui avait sauté dessus et serrait maintenant sa gorge de toutes ses forces.

Le souffle court, Astrid tâtonna pour récupérer sa dague, tombée à portée de main. Elle se tortilla, lutta de toutes ses forces pour s’arracher à l’emprise du pirate dont elle ne vit bientôt plus que le sourire malsain… Que les yeux qui luisaient à la lueur des flammes…

Au loin quelqu’un hurla qu’un troisième navire approchait… Mais elle était déjà loin.

Loin au-dessus de son propre corps, loin au-dessus du carnage.

Loin.
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Maiden of the High Seas
Parmi les faibles, le plus fort est celui qui n'oublie pas sa faiblesse.

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Message posté : Lun 26 Fév 2018 - 15:52 Message
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Snakr - Guerrier
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Capitaine de la Mort Chantante

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Espen
Vromm ! tchhh...
Un coup, un soupir.
Vromm ! tchhh...
Un coup, un soupir.
Vromm ! Vromm ! tchhh...
Double coup, un soupir.
Espen s'était surpris à compter les battements des vagues contre la Mort Chantante tout en tenant le gouvernail. C'était toujours un rythme régulier, jusqu'à l'occasionnel "double coup," comme il aimait l'appeler, qui venait interrompre la cadence ; un rappel que la mer est imprévisible et qu'il faut l'écouter...
"Espen !" En parlant d'interruptions...
"ESPEN !" Ce cri, sec et puissant n'appartenait à personne d'autre que son cher capitaine, à peine audible à cause des raclées de vent qui continuaient à les assaillir.
"Oui capitaine ?!
_On hisse la voile ! Ton frère dit voir de la pluie à une lieue de nous !
_Oui capitaine !"
Espen balaya le Drakkar d'un rapide regard, cherchant un des marins des yeux.
"Olaf !"
Seul le vent répondit.
"OLAF !
_QUOI ?! Répondit Olaf Olafson.
_Non l'AUTRE Olaf !"
Olaf Olafson foutu une raclée à Olaf Hafbergson. Ce dernier réagit à peine, trop habitué au geste. Il finit par se retourner :
"Tu veux quoi Espen ?!
_Hisse la voile !"
Malgré sa réponse réticente, Hafbergson courut vers le mât pour exécuter l'ordre. En attendant, Espen sentit une goutte d'eau lui tomber sur la figure...
Finn
"Je déteste la pluie ! cria Finn qui s'était réfugié auprès de la proue, non loin de son capitaine. Le bateau tanguait violemment, se faisant jeter d'une vague a l'autre.
_C'est pas le meilleur moment pour changer de métier !" Riposta Amalrik avec une grimace.
Le Second répondit avec un bref rire, ce qui lui valut d'avaler une bouchée d'eau de pluie qui faillit le faire étouffer.
Le torrent s'était acharné sur eux peu après qu'ils aient quitté Bjǫrn. Bien qu'ils comptaient rentrer immédiatement à Snákr, la fureur de la tempête les obligeait à virer vers Fálki, où ils pourront faire halte le temps que ces turbulences s'évanouissent. Finn s'était fermement prononcé contre cette alternative, n'aimant pas qu'Amalrik puisse nourrir l'idée de rendre visite à Astrid. Il trouvait l'obsession de son capitaine avec la Falkdottir dangereuse et déraisonnable. Pour cause, ces dernières semaines Amalrik n'avait fait que parler de la jeune femme (louanges et reproches), au point d'en faire déborder les oreilles du Second. Finn savait que cela avait tendance à resurgir tous les six mois. Ayant été adoubé "ami le plus proche," il s'était délibérément soumis aux bavardages du capitaine, dans l'espoir d'apaiser l'humeur de ce dernier, puisqu'il s'était rendu compte qu'un Amalrik amoureux n'inspirera guère le respect et l'autorité nécessaire à garder les marins féroces de la Mort Chantante en laisse. Il était par conséquent de sa responsabilité en tant que Second de maintenir un équilibre sur le bateau afin qu'ils voient un lendemain.
"Trois bateaux à tribord ! Hurla le maître d'équipage.
_Fais voir !"
Amalrik se rua vers Petrīs à grands pas, tout en gardant l'équilibre malgré le frénétique roulis du Drakkar. Le maître d'équipage pointa du doigt se qu'il pensait avoir vu. Finn pouvait voir son capitaine intensément plisser les yeux.
"ESPEN ! CHANGE IMMÉDIATEMENT DE CAP ! TRIBORD ! L'ordre était sec et puissant.
_OUI CAPITAINE !"
Le navigateur serra son emprise sur le gouvernail. D'un coup, la Mort Chantante se mît à virer vers la droite, faisant vaciller tous les membres de l'équipage.
"RAMEURS, RAMEZ COMME SI VOTRE VIE EN DÉPENDAIT !
_OUI CA-PI-TAINE !" Répondirent les marins à l'unisson, comme ils en avaient l'habitude quand le renommé "Tonnerre" donnait un ordre avec telle fureur.
Vingt avirons se mirent à brutalement fouetter l'eau tandis qu'Amalrik s'était agrippé au cordage, le regard déterminé viré vers leur nouvelle cible. Voilà le capitaine que Finn estimait tant.
Amalrik
Les trois mouches dansant sur l'horizon étaient très proches, mais l'épais rideau de pluie obstruait la vue. Si Petrīs ne s'en était pas aperçu, la Mort Chantante serait passée sans même lever le petit doigt. En effet, il avait vu une petite lueur orange trembloter derrière l'orage ; sans doute une voile en feu. Un assaut les attendait à une lieue d'ici, et Amalrik n'était pas du genre à fuir face au combat.
Et qui sait, il s'agit peut-être de Snákrson avec qui nous pourrons partager le butin.
"La Mort Chantante, le navire qui surgit toujours aux moments opportuns." C'est ce qu'on entendait dire à Snákr. Amalrik n'était pas friand du fait que certains attribuaient son succès à de la chance, mais il ne pouvait nier le fait que le destin lui avait souri à plusieurs reprises depuis qu'il s'était fait capitaine.
Les trois bateaux devinrent de plus en plus visibles, alors que la proue tranchait progressivement au travers des vagues.
Deux épaves Gamalliennes et... le Fer-de-Lance, Amalrik en était certain.
Son corps se raidit. La pluie qui s'acharnait contre son visage devint soudainement une insulte. Il lâcha son emprise sur le cordage, puis se fraya un chemin vers la proue pour rejoindre son Second.
"Trois bateaux ! Deux Gamalliens, un Fálki ! Dis aux hommes de se préparer à aborder le drakkar Fálki ! On ne tue que les Gamalliens !"
Finn acquiesça d'un coup de tête avant de faire passer l'ordre.
Finn
Une multitude de cris retentirent au loin quand la Mort Chantante fut à portée de vue des navires ennemis. Finn observait les avirons s'extraire de l'eau et se ranger à bord simultanément avant l'abordage. Les hommes se préparèrent à jeter leurs grappins pour les attacher à la coque Fálki, mais le tangage incessant rendit cette entreprise particulièrement difficile. Ce n'était qu'au troisième essai qu'ils étaient tous prêts à sauter à bord.
Amalrik
Amalrik fut le premier à mettre les pieds sur le Fer-de-Lance. Son atterrissage lui valut l'accueil instantané d'un pirate Gamallien brandissant un sabre ensanglanté. Le Snákrson esquiva l'attaque incongrue, lui donnant l'occasion de balancer sa hache vers le dos de son assaillant. La lame se coinça entre ses vertèbres. Il sentit in léger crac, puis l'homme s'affaissa, sans vie. Amalrik libéra sa hache du cadavre d'un mouvement énervé.
Ses hommes avaient déjà envahi le drakkar et, suivant l'exemple de leur capitaine, s'étaient chacun trouvé une victime Gamallienne. Cris et éclats métalliques tonitruaient au milieu de la tempête. Amalrik répondit à la cacophonie d'un hurlement féroce. Il sentait l'adrénaline pomper à travers ses veines. Tout en avançant, il repoussa d'un coup de pied un pirate qui s'en était pris à Ottomars. Ce dernier transperça le Gamallien de la pointe de son épée, puis adressa un regard de gratitude à son capitaine. Côte à côte, ils se fendirent un passage au cœur du Fer-de-Lance. Ils avaient l'avantage. Amalrik pouvait déjà sentir la victoire.
Gudmund
L'odeur du sang lui était familière. Le cœur de Gudmund battait pour la gloire d'une bataille ensanglantée. C'était lors de moments pareils qu'il sentait que sa vie valait quelque chose ; précisément quand il courait le risque de la perdre. Il s'essuya le sang de sa dernière victime d'un revers de la main, puis son regard se braqua sur un Gamallien en train d'étrangler une pauvre Fálki. Bien qu'avec peu d'égard pour cette dernière, Gudmund profita de l'inattention du pirate pour lui foutre un puissant coup de son gros marteau dans le crâne. L'arme s'enfonça dans sa tête, accompagné d'un giclement écarlate. Sa victime s'effondra aussitôt, révélant que la Falkdottir qu'il étranglait n'était personne d'autre que la mère des fils du capitaine.
Amalrik
Un pirate féroce s'en était pris à Amalrik. Bien qu'il était parvenu à défendre chaque coup jusqu'à présent, il s'était fait toucher le bras gauche par son précédent adversaire et commençait à faiblir.
Par chance, Finn se rua vers le Gamallien, et avant même que ce dernier puisse réagir, le Second lui avait déjà pourfendu le bras d'un puissant mouvement de hache. Le pirate hurla de douleur. Amalrik en profita pour lui foutre un coup de poing en plein visage, ce qui brisa le nez de son adversaire. Par réflexe, celui-ci recula de quelques pas, trébucha contre la rambarde du drakkar et tomba à l'eau.
"CAPITAINE ! CAPITAINE !"
La voix de Gudmund, grave et rêche, se fit retentirent. Sans trop réfléchir, Amalrik abandonna sa position pour répondre à l'appel. En arrivant, il vit le guerrier accroupi auprès d'une Falkdottir.
Le cœur d'Amalrik se figea.
"Astrid !"
Il tomba à genoux auprès d'elle. Sa gorge était rouge ; elle respirait à peine. Il déchira le haut du vêtement d'Astrid pour dégager son cou, puis la prit dans ses bras afin de lui offrir un peu de support.
"Astrid, réponds, c'est moi." Dit-il d'une voix presque douce, tout en dégageant les mèches blondes du visage de la jeune femme.


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Les  vagues  ne  se  lèvent  pas  sans  la  tempête.

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Message posté : Mar 27 Fév 2018 - 23:28 Message
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Falki - Guerrier
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Elle flottait.
Quelque part entre la douleur consciente et la caresse bienheureuse de l’asphyxie. Elle ne sentait plus la pluie glaciale qui roulait le long de son visage, imbibait ses cheveux blonds, imprégnait son armure qui lui collait à la peau. Elle ne sentait plus les mains du géant qui enserrait son cou avec force, à son corps grotesque qui forçait ses cuisses pour y trouver un chemin plein de délices. Pourtant elle le savait ; Piégée dans cette gangue de chair molle, cette conscience qui s’éteignait savait tout de ce qui se passait sur le pont du Fer-de-Lance. Elle n’avait pas besoin d’entendre les cris pour comprendre, pas besoin de sentir les corps qui se percutaient avec violence, les éclats du métal contre le métal, les borborygmes, les carcasses qui s’effondraient.

Elle crevait.

Là, sur le ponton au mat drapé des armes de sa famille, elle crevait et ses filles n’y pouvaient rien pour la simple et bonne raison qu’elles crevaient aussi. Finir comme ça, elle en aurait enragé ! Mais Astrid n’était pas en colère contre les assaillants, elle n’était pas en colère contre son équipage, pas en colère contre elle-même. Elle était en colère contre le coup du sort qui l’avait fait croiser la route de ces frégates Gamalliennes, et soucieuse de savoir si les femmes dont elle avait promis d’assurer la protection allait souffrir. Une partie d’elle-même espérait du fond du cœur que leurs souffrances seraient brèves. Une toute autre partie d’elle-même savait qu’il n’en était rien...

Et il y avait ses proches. Elle ne reverrait plus sa fille. Elle ne reverra plus ses fils. Elle ne reverra plus...

Brusquement, elle fut happée.

Un instant, Astrid sembla tomber une chute éternelle, interminable, douloureuse. Mais lorsqu’elle percuta finalement le ponton détrempé, la Fálkidottir regretta aussitôt la chute. Son corps semblait avoir été fracassé sur des récifs escarpés, elle était aussi fourbue qu’il était possible de l’être et en serait presque venue à chérir la caresse froide de la pluie sur son visage. Sauf que nulle goutte de pluie ne venait rouler contre sa peau exsangue. Par quelle alchimie était-ce possible ? Comme s’il lui en coûtait toutes ses forces, la jeune entrouvrit ses prunelles, caressant du regard le visage de l’homme qui était penché sur elle. Ce visage, évidemment familier, étrangement inquiet. Faisait-elle tant peine à voir ? Un instant, elle ne sut pas vraiment si elle était toujours plongée dans sa demi-mort ou si l’apparition était tangible...

Pour s’en assurer, La Fálkidottir tendit une main tremblante vers le visage d’Amalrik et put apprécier la rudesse de sa barbe sous la pulpe de ses doigts. Son visage se crispa d’une grimace douloureuse tandis qu’elle prenait une inspiration – comme elle se rappelait soudain qu’elle savait respirer. Légèrement étourdie, Astrid se redressa à demi et passa une main sur sa gorge ecchymosée, jetant un regard angoissé sur le ponton de son drakkar. Comme souvent, la Mort Chantante était arrivée à point nommé, si bien que les pertes avaient été minimisées pour l’équipage du Fer-de-Lance qui avait néanmoins perdu quelques membres. Comme souvent, les plus jeunes recrues avaient été les premières victimes de l’attaque. Bien qu’elles sachent toutes pertinemment à quoi elles s’exposaient en entrant sous son commandement, elles seraient pleurées et un hommage leur serait rendu... Une fois qu’ils seraient revenus à terre.

« Toujours au bon moment... Un sourire balafra ses lèvres douloureusement. Je ne sais pas comment te remercier, susurra-t-elle d’une voix rauque à l’adresse d’Amalrik, laissant son visage reposer quelques instants contre son torse, si vous n’étiez pas arrivés, ces bâtards nous auraient finis. »

En l’occurrence, c’était eux qui étaient finis : il n’y avait pas un Gamallien qui vive sur le Fer-de-Lance. Pour s’être confrontée quelques fois à eux, Astrid avait toujours trouvé les hommes du Capitaine de la Mort Chantante d’une redoutable efficacité lorsqu’il s’agissait de nettoyer des navires qu’ils avaient abordés. Mais pour une fois, elle n’avait pas à s’en plaindre.

Ses prunelles d’acier se posèrent sur le visage du père de ses fils, et un long soupir sifflant s’insinua d’entre ses lèvres tuméfiées. En d’autres circonstances, sans doute l’aurait-elle laissé prendre les choses en mains pour pouvoir se laisser aller entre ses bras. Lâcher prise, oui... C’était tellement tentant. Malheureusement, encore nauséeuse, elle avait un rôle à assumer qui ne pouvait pas se perdre en dérives romantiques. S’appuyant sur la rambarde – défoncée par les grappins qui en avaient mordu le bois – la jeune femme se redressa péniblement et constata l’étendue des dégâts. Elles allaient avoir du mal à rentrer sur l’île, surtout si l’on prenait en compte l’orage qui n’en finissait pas de s’abattre sur eux. Tant mieux, ça lavait le sang avant qu’il n’imbibe le plancher !

« Olda, asséna-t-elle la voix toujours éraillée à la femme qui s’était approchée d’elle aussitôt qu’elle se fut levée, dis aux autres de balancer les corps par-dessus bord. Je ne veux plus voir ces chiens sur mon drakkar. Et il faut qu’on rallie la terre ferme, la tempête va encore gagner en intensité, enchaîna-t-elle à titre de conclusion avant de se tourner vers Amalrik. Voir son visage emplissait toujours son cœur d’une douce amertume. Je déplore de devoir toujours te voir dans de telles circonstances... Mais tu m’as manqué. Comment vont nos fils ? » Ajouta-t-elle sans se perdre en débordements plus équivoques. Nul n’ignorait leur relation au sein de son équipage, mais elle n’aimait guère en faire l’étalage devant ses hommes à lui, n’ayant aucune envie de saper son autorité. Quid de la question des enfants ? Difficile de refréner ses instincts maternels...

Elle ramassa ses armes tombées à terre et sa pelisse détrempée, qu’elle passa sur ses épaules pour cacher sa gorge mise à nue. « Il y a une île au sud-ouest d’ici, entre les côtes de Fálki et notre position. On comptait s’y rendre le temps de laisser passer la tempête, si vous cherchez un abri le temps que ça se calme... » Ils étaient les bienvenus.

Sa seconde, qui n’avait rien raté de l’échange, commença à prendre les choses en main sans même qu’elle ait besoin de le lui demander.


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Message posté : Mer 28 Fév 2018 - 12:35 Message
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Capitaine de la Mort Chantante

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Amalrik
La main d’Astrid était froide contre le visage rougi d’Amalrik. Le geste mourut aussitôt qu’elle reprit entièrement conscience, à gober l’air tel un poisson hors de l’eau. Sans plus de cérémonie, elle se relevait avec autant de contenance que possible. Il admirait sa force, à se lever sans broncher après avoir été inconsciente, étranglée par un sale Gamallien. Amalrik serra les poings jusqu’à s’enfoncer les ongles dans la chair de ses paumes. Il aurait dû être celui à achever le salaud…
Son affection pour la jeune femme mourait d’envie de lui offrir son soutien, mais il savait pertinemment que cela risquerait de ternir leur autorité en tant que capitaines. La vie pouvait être injuste, mais elle pouvait être encore plus cruelle quand il s’agissait des affaires de cœur. Amalrik ne comprenait pas entièrement les tours que lui jouaient ses sentiments, mais il saisissait l’importance de maintenir son image en étant à la tête de cette troupe de marins vauriens.
« Tu… hum… vous pouvez nous remercier en nous laissant les Gamalliens afin qu’on puisse les dépouiller de leurs affaires. Beugla-t-il en réponse à la capitaine.
_C’est pas comme s’ils allaient en avoir besoin au fond de la mer. » Plaisanta Olaf Olafson. La remarque fit rire plus d’un homme de la Mort Chantante et colla une grimace amusée sur la gueule d’Amalrik, qui s’empressa d’éviter le regard d’Astrid, inclinant la tête de côté tout en se touchant la nuque avec embarras pour dissimuler son envie de rire de peur de l’offenser.
L’équipage d’Amalrik démontrait une profonde camaraderie : la virilité était un jeu joué avec sérieux sur la Mort Chantante. La masculinité était palpable dans l’air, schlinguant avec orgueil, salée et sanglante. Son commandant avait l’habitude d’y trouver fierté, mais l’atmosphère gagnait en amertume en présence des Falkdottir et de leur capitaine. En effet, à la mention de leurs fils, Amalrik se sentit soudainement penaud. Il maudit son visage, sachant très bien qu’il devait avoir l’air embarrassé quand il répondit d’une voix un chouïa hésitante.
« Ils vont bien, ouais. » Dit-il avec maladresse.
Un battement de cœur… deux… trois. Il sentit la pluie perler de son épaisse barbe.
« Vous avez raison, nous ferions mieux de trouver refuge avant que ce typhon nous engloutisse. Il se tourna vers son équipage. Petris, prends dix hommes avec toi. Vous vous emparerez de ce qui reste sur l’épave Gamallienne. Ne tardez pas, j’ai pas envie de rester coincé dans cet orage. Espen, nous suivons le Fer-de-Lance jusqu’à ce qu’on atteigne la terre ferme. Je ne compte pas sacrifier nos corps à Vatn. Nous partirons pour Snákr quand la tempête aura fini de se déchaîner. Une tentative à justifier son désir à passer plus de temps auprès de sa bien-aimée…
_Oui Capitaine ! répondirent le Maître d’équipage et le navigateur simultanément.
_Aller, on se casse ! »
L’annonce suscita un chahut d’approbation chez les bougres revêches. La victoire était encore fraîche et valait d’être savourée comme il se doit – avec rugissements et tapages fraternels. Ils se mirent en route, les uns prêts à piller le vaisseau Gamallien et les autres à retourner sur la Mort Chantante. Malgré la joie de ses hommes, Amalrik se sentait soudainement très seul. Il Désirait embrasser Astrid ; la prendre dans ses bras et rattraper le temps qu’ils avaient passé éloignés l’un de l’autre.
En voilà une mauvaise idée… Bien qu’Amalrik se sentait en sécurité entouré de son équipage, il savait pertinemment qu’ils jugeaient ses mots et mouvements de tout temps. Ce n’était pas le moment pour exhausser ses fantasmes, il en ressentirait les amers conséquences.
Dès qu’il avait distribué ses ordres, Finn vint le rejoindre pour échanger quelques mots en privé :
« Puis-je parler franchement ?
_Non. Amalrik savait déjà ce qu’il allait dire.
_Je pense que c’est une mauvaise idée de rejoindre ces Falkdottir. Les hommes n’en approuveront pas.
_Je ne pensais pas t’avoir donné la permission de parler.
_Puis-je parler encore plus franchement ? Finn fit halte au bout du pont, forçant Amalrik à se retourner pour lui faire face. Je pense que c’est une mauvaise idée que l’équipage témoigne de ta relation avec Astrid.
_De un, je ne t’ai toujours pas donné la permission de parler, et de deux je ne pensais pas t’avoir autorisé à raconter des conneries non plus. Tout le monde sait qu’elle est la mère de mes fils. Rien de nouveau.
_Rik… La plainte était sincère. Le Second était décidément très inquiet.
_Finn… »
Amalrik imita l’intonation de son ami, exaspéré de ses incessants conseils et de son rigide agenda. Les deux hommes s’inspectèrent un moment. Finn finit par libérer un long soupir.
« Laisse tomber. »
Il devança son capitaine pour sauter à bord de la Mort Chantante. Avant de faire de même, Amalrik se retourna pour attraper le regard d’Astrid. Il lui sourit sans être certain qu’elle ait put s’en apercevoir.

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Les  vagues  ne  se  lèvent  pas  sans  la  tempête.

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Message posté : Sam 3 Mar 2018 - 15:04 Message
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Falki - Guerrier
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Capitaine du Fer-de-Lance

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On racontait que les amours morts avaient la vie dure. Mais qu’en était-il des amours vivaces ? Alors blottie dans sa pelisse détrempée, alors qu’elle voyait le visage d’Amalrik se tordre d’un rictus amusé tandis qu’il essayait de lui cacher son hilarité, Astrid songea qu’ils l’avaient plus dure encore. Un sourire en coin ourla sa lippe à la réalisation qu’elle n’avait que faire de leurs tonitruants éclats de rire, ou même du fait qu’il la vouvoie comme une étrangère, qu’il la traite comme n’importe quelle autre femme lorsqu’il était en leur présence. Il avait une autorité à faire respecter et elle le comprenait mieux que quiconque ; Même si les femmes qui étaient sous ses ordres savaient le dilemme qui lui fendait le cœur, il ne leur viendrait pas à l’idée de l’utiliser comme un prétexte pour remettre en question son commandement. Elles savaient. Elles comprenaient. La plupart avait connu ou connaissait ce déchirement. Mais il n’en était pas de même sur Snákr où les sentiments étaient vus comme un manque évident de masculinité et où il n’était pas accepté de s’éprendre d’un ennemi, fut-il la mère de ses enfants. D’un signe de tête à son équipage, le regard toujours fiché dans celui d’Amalrik, la jeune femme leur ordonna de balancer les corps sur la seule épave Gamallienne encore intègre, que des Snákrson s’affairaient déjà à retourner de fond en comble.

Elle pouvait bien leur laisser tout loisir de piller les cadavres encore chauds après l’aide qu’ils leur avaient apporté. Et tant qu’ils dégageaient de son ponton, elle n’avait rien à faire de ce qu’il advenait de ces bâtards... Son cœur se serra un bref instant à la mention de ces fils. Ces quelques mots, égrainés d’un ton gêné entre le roulis de la coque sur les vagues, bercé par le grondement lointain du tonnerre qui s’approchait à la vitesse d’un cheval au galop. Leurs visages apparurent dans son esprit, tels qu’elle les avait vus pour la dernière fois. Tels qu’elle ne les avait pas vus depuis une éternité... Malheureusement pour elle, l’éternité prit fin sitôt qu’il lui apparut qu’elle devait mettre en marche la carcasse encore fumante du Fer-de-Lance si elle ne voulait pas finir fracassée par les vagues qui commençaient à faire dangereusement tanguer le drakkar. Attrapant le sourire d’Amalrik au vol tandis qu’il quittait le pont de son bâtiment, auquel elle ne put s’empêcher de répondre timidement, la jeune femme se tourna finalement vers son équipage et beugla pour couvrir le bruit de la tempête grandissante :

« SOUQUEZ FERME ! TRIBORD TOUTE, ON OUVRE LA VOIE. »

Le courant tirait fortement sur les avirons, à peine l’ordre fut-il donné que le navire effectua la manœuvre de retournement, contournant l’épave du navire pirate qui s’enfonçait doucement mais sûrement dans les eaux noires de la Mer. Avide, elle l’engloutissant en mugissant comme un animal gigantesque et affamé, sa gueule noire rehaussée d’écume blanche largement ouverte pour accueillir les corps qui y étaient restés et qui feraient le festin de ce qui se terrait dans les profondeurs. Des profondeurs que la lumière ne venait jamais caresser de ses rayons, le domaine de Vatn et de ses engeances terrifiantes.

Elle n’avait aucune envie de les rejoindre.

Par chance, le vent leur était favorable et les poussait à vive allure en direction de l’île. Il ne leur fallut pas bien longtemps pour voir ses contours escarpés se dessiner dans le lointain, encore moins de temps pour apercevoir qu’une crique leur ouvrait largement les bras. Un instant, elle songeait que ses membres rocheux sauraient braver la tempête pour eux, les protéger du vent qui hurlait et des lames cinglantes et noirâtres qui les ballottaient à leur bon vouloir. Il n’y avait pas à douter que les Dieux en personne les avait placés sur la route de cet abri providentiel ! Malgré cela, il leur fallut manœuvrer avec précaution pour ne pas heurter les récifs d’une baie dont l’embouchure s’avérait plus étroite et plus tortueuse que prévu. Les écueils, à fleur d’eau, se dressaient tels des pics menaçant sur lequel la coque du Fer-de-Lance menaçait de se fracasser.

« Capitaine, l’intercepta Oda une fois qu’elles eurent passé le goulet d’étranglement, nous allons entamer l’accostage sur la grève. La Mort Chantante nous suit toujours de près. » Ajouta-t-elle, un semblant de malaise dans la voix.

La Fálkidottir savait que sa proposition avait été réprouvée par la majorité de l’équipage, lequel craignait qu’un retournement de situation ne permette aux Snákrson de prendre l’avantage sur elles et ce même si aucune n’avait osé remettre son ordre en question. Même elle devait en convenir : leur crainte était légitime, et elle s’était elle-même demandé un instant si elle avait pris la bonne décision et si cette dernière n’avait pas été égoïstement motivée par son envie de passer un peu de temps auprès du père de ses enfants. Pourtant, quelque chose au fond d’elle, peut-être l’espoir, peut-être la certitude, lui disait que tout se passerait bien. Après tout, il n’y avait rien d’honorable à prendre de faibles femmes par traîtrise, non ?

La coque du navire mordit le sable humide qui crissa désagréablement. Aussitôt, l’équipage du Fer-de-Lance sauta au bas du navire pour le traîner sur la grève, le mettant ainsi à l’abri d’une dérive malencontreuse qui le verrait fatalement s’écraser sur les hautfonds. Lorsqu’elle-même sauta au bas du navire, ce fut pour mieux apprécier le décor qui bordait la crique ; Une plage de sable noir, calfeutré de falaises peu hautes et de quelques bosquets d’arbre qui résistaient misérablement au temps capricieux du large. Dans le couvert de leurs cimes se trouvaient quelques habitations délabrées – rien de plus que des cahutes –, qui se dressaient misérablement comme les vestiges d’une occupation dont personne ne se souvenait. Elle-même savait que l’îlot avait jadis accueilli une communauté de pêcheurs, et servait régulièrement d’abri aux marins désireux d’échapper à la fureur de Stjarna.

Comme c’était leur cas aujourd’hui.

« Harnachez le Fer-de-Lance aussi fortement que possible ! Ordonna-t-elle à son équipage. Hilde, lança-t-elle à une grande femme à la mine revêche, prends dix femmes avec toi et déplacez les denrées dans les baraques, on va s’y installer pour la nuit ! »

Il y en avait plus qu’assez pour que chacun des deux équipages y trouve son compte... Mais peut-être était-ce l’occasion de mettre leur conflit perpétuel provisoirement de côté ?
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Message posté : Dim 4 Mar 2018 - 12:14 Message
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Snakr - Guerrier
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Capitaine de la Mort Chantante

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Amalrik
Le Fer-de-Lance tanguait dangereusement à quelques lieues devant la Mort Chantante. Cependant les navires tinrent bon, secoués mais indemnes. Amalrik observait le vaisseau d’Astrid, ses pensées divaguant vers leurs fils. Il était tant enrobés dans son imagination qu’il ne remarqua à peine la présence de Finn quand celui-ci vint le rejoindre auprès de la proue.
« Rik, deux hommes m’ont demandé si tu considèrerais attaquer les Falkdottir. L’annonce de son ami n’était guère surprenante, mais elle parvint tout de même à titiller l’irritation du capitaine.
_J’espère que tu leur a dit qu’ils sont des idiots sans cervelle.
_Ils sont simplement convaincus qu’on pourrait tripler notre butin. Amalrik avait du mal à croire ce qu’il venait d’entendre ; son Second était-il en train de défendre la requête des marins ?
_Finn, j’espère que tu réalises qu’il s’agit de la mère de mes fils. Il se sentait bête de devoir le préciser, mais la remarque de son interlocuteur l’avait stupéfait.
_On a la mainmise, Rik ! Ce serait si facile de s’emparer de leurs possessions et du Fer-de-Lance !
_Je sais très bien que tu as une dent contre Astrid, mais je n’avais pas réalisé que tu irais jusqu’au point de me suggérer une telle connerie ! Il s’était mis à crier sans s’en rendre compte. Non mais franchement, qu’est-ce qui te prend ? Je n’te reconnais même pas. La question incita le Second à peser sa prochaine réponse.
Une éternité semblait s’écouler.
La pluie s’acharnait sur le visage de Finn, obstruant ses traits.
« J’ai peur de perdre mon capitaine à une Falkdottir. La voilà, la vraie raison.
_Tu t’inquiètes pour rien. La réponse n’avait décidément pas plu au capitaine qui détourna son regard pour éviter celui de son ami.
_C’est ce que tu dis, mais à chaque fois que tu la croises, je te vois t’amollir comme un cochard ! Si ton équipage n’était constitué que d’une personne, et si cette personne était moi, je ne te ferais aucun reproche, mais tu as plus de vingt hommes sur le pont, et pas moins d’un se jettera sur l’occasion de s’emparer non seulement de la Mort Chantante, mais de ta vie aussi ! »
Finn
Il avait peur, peur que tout ce qu’ils avaient bâti se dissipe sans plus de cérémonie qu’un simple coup de couteau. Il voyait déjà son capitaine se faire jeter à l’eau, son corps s’engouffrant dans la mer pour servir de chair à pâté à de voraces poissons. Quelqu’un devait le secouer ; le réprimander de façon à ce qu’il ne ruine pas l’équilibre précaire qui régnait sur n’importe quel drakkar Snákrson.
« Je t’avais promis de ne jamais laisser qui que ce soit détruire ce qu’on a bâti, et je compte tenir ma promesse, mais j’ai deux fils sous ma responsabilité qui ont besoin de leur mère. Alors je te prie, en tant que mon Second et mon ami, de me faire confiance. Le ton d’Amalrik se laissait savoir récalcitrant ; il n’y avait aucune chance de le faire changer d’avis.
_J’espère vraiment que tu sais ce que tu fais. Je ne serai pas là pour payer les pots cassés.
_Et je ne m’y attendrai pas. »
Il vit son capitaine tenter d’amadouer la tension en affichant un sourire, mais Finn ne fit que se détourner pour faire face à la tempête. Voir son ami aussi aveugle face au danger que représentait la situation actuelle lui serrait le coeur, et il espérait franchement que les damages n’allaient pas s’avérer irréparables.
Amalrik
La tache sur l’horizon avait fini par s’agrandir au point de se transformer en île. Le Fer-de-Lance avait déjà entamé leur accostage. La manoeuvre représentait un risque, bien qu’un risque mince, comparé à l’orage qui grondait autour d’eux. « Espen ! On amarre sur la grève à une lieue du Fer-de-Lance !
_Oui Capitaine ! »
Le navigateur ajusta la direction du gouvernail un peu trop brusquement, ce qui fit trembler la Mort Chantante et perdre l’équilibre à quelques loups de mer. Le Maître d’équipage se trainait au milieu du pont, vociférant des ordres pour garder les rameurs en laisse.
« Ranger les rames de tribord en avance, je ne compte pas voir briser la moitié des avirons ! »
Les marins s’étaient adonné à un chant masculin pour s’encourager et synchroniser leur cadence, leurs feulements évoquant les battements de coeur du drakkar. Ce dernier oscillait sauvagement sur les vagues bestiales tout en étant assailli par le féroce déluge. Ce manège semblait durer une éternité jusqu’à ce la coque vint enfin s’assaillir sur la plage, mettant abruptement fin aux roulis interminables.
« Aller sales vermines ! On accoste ! » Gueula Petris à l’attention des rameurs.
Les hommes sautèrent sur la terre ferme, traînant avec eux les lourds cordages de la Mort Chantante pour la tirer plus loin de l’eau.
Alors que les marins s’adonnaient à leur tâche, Amalrik examina les environs : à moitié dissimulées par la pluie, il pouvait voir quelques bâtisses non loin de la plage. C’était sans doute où Astrid comptait prendre refuge le temps que la tempête se meurt, et ils allaient faire de même.
« Finn, quand Petris aura terminé, dis lui d’emmener le nécessaire pour qu’on passe la nuit dans les maisons, là-haut, avec l’aide des rameurs. De quoi manger et dormir. C’est tout.
_On va passer la nuit avec les Falkdottir ?!
_Si t’as une meilleure idée, je t’écoute, mais comme tu peux le voir c’est soit la tempête, soit un abri !
_Très bien. Je dirai aux hommes de se comporter sans provoquer de conflits, mais je ne suis pas sûr qu’ils veuillent m’écouter. » Le Second s’en alla exécuter ses ordres.
Amalrik profita de la situation pour prendre du devant et rejoindre les Falkdottir qui avaient déjà atteint le village abandonné.

*
* *

Le capitaine se donnait l’impression d’un poisson hors de l’eau quand il rattrapa enfin l’équipage du Fer-de-Lance. Les femmes se tournèrent tous vers lui à son arrivée, le pointant de leurs regards presque accusateurs. Amalrik ignora les dizaines de paires d’yeux collées sur lui, puis s’adressa à l’une d’elles.
« Puis-je parler à votre capitaine ? »
La jeune femme en question prit une seconde pour acquiescer, puis lui fit signe de venir avec elle. Leurs pas les guidèrent vers l’une des maisons vétustes. Le Snákrson entra sans plus de cérémonie.
Bien que délabrée, la cabane offrait assez de protection pour enfin se soustraire de l’orage. Amalrik secoua ses vêtements d’un brusque geste, espérant se débarrasser de la flotte qui imbibait ses habits, ce qui ne fit qu’arroser le sol à ses pieds.
« Désolé, cette satanée pluie commence sincèrement à m’ennuyer. il leva les yeux vers Astrid, Je venais pour demander s’il serait possible que mes hommes s’abritent également ici. On pourrait séparer nos camps afin d’éviter les rixes incongrues. Je comprendrais si cela représente de trop gros risques, mais je t’assure que je les garderai en laisse. » Ses promesses donnaient l’impression de se déformer en mensonges suite à sa discussion avec Finn.
Amalrik laissa s’évanouir un silence gênant, puis son regard se posa sur le cou ecchymosé de la Falkdottir.
« Ça va ? »
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Les  vagues  ne  se  lèvent  pas  sans  la  tempête.

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Message posté : Mar 6 Mar 2018 - 12:32 Message
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« Tu sais le danger qu’ils représentent, l’admonesta-t-elle, presque hystérique. Tu crois qu’ils vont se contenter de rester gentiment dans leur coin alors qu’ils pourraient nous balayer d’un revers de main ?! À leur place, je le ferai ! Et les pertes qu... » Elle se fendit presque d’un bond pour lui saisir le bras, la force à se retourner et à la regarder.

Ce fut le geste de trop.

Le regard de la Capitaine du Fer-de-Lance se fit glacial, tandis qu’elle se tournait vers la femme qui lui avait demandé de l’accompagner dans la bâtisse. D’un geste sec, elle gratifia sa subordonnée d’une gifle sonore qui laissa retomber un silence de plomb sur leur entretien. Un instant, sa lèvre inférieure trembla, comme si elle venait seulement de prendre conscience de son impertinence et l’éclat revêche dans ses yeux passa de la colère à la confusion, puis de la confusion à la honte. Rares étaient les fois où Astrid devait en venir à réprimander les femmes sous son commandement. D’ailleurs, rares étaient les fois où ces dernières ressentaient le besoin de contester ses décisions, mais force était de constater que celle-ci était loin de faire l’unanimité. Elle laissa passer un moment avant de reprendre la parole. Une fois certaine que les passions étaient retombées et qu’elle serait entendue.

« Tu sembles oublier à qui tu t’adresses... Vous ai-je déjà donné raison de douter de moi ? Demanda-t-elle d’une voix douce, mais ferme. Elle attendit que la Fálkidottir dénie silencieusement. Je sais quel danger ces hommes représentent, mais ils nous ont sauvé la vie. Je n’allais pas les laisser crever en mer. »

Un pincement au cœur, elle songea un instant à l’image terrible de la Mort Chantante fracassée contre des roches, de son équipage englouti dans les flots sombres et démontés. Elle repensa aussi à l’attaque soudaine et violente des pirates Gamalliens, et à ce qu’il serait advenu d’elles si les Snákrson n’étaient pas intervenus. Elles leur devaient la vie, et les accueillir à leurs côtés sur cette île était un moyen de payer leur dette. Et de s’assurer que le père de ses fils soit en sécurité en attendant que la tempête ne finisse par passer.

« Souviens-toi de la différence entre eux et nous, et tu comprendras mon geste. Elle appuya ses propos d’un regard lourd de sens. Organises des rondes, nous nous tiendrons prêtes à riposter si une attaque survient. En attendant, je ne veux plus rien entendre. »

La porte du cabanon s’ouvrit alors, et Astrid n’eut pas besoin de se tourner pour savoir qui venait de faire irruption dans la maison délabrée. Aussitôt, l’ambiance s’était alourdie, les tensions s’étaient exacerbées et son cœur avait sauté un battement – comme si quelque chose au plus profond d’elle était capable de répondre à sa simple présence. Lorsqu’elle l’entendit se plaindre de la pluie et lui parler de la possibilité pour ses hommes de s’abriter dans le village, un sourire ourla sa lippe tuméfiée. Un bruit, qui n’était pas sans rappeler l’indignation d’un animal farouche, la ramena à la réalité et au point de vue de sa subordonnée sur la situation. D’un regard, Astrid l’empêcha de moufter et la renvoya d’un sec et sans équivoque « Laisse-nous » qui fut aussitôt exécuté.

Le claquement de la porte laissa un soupir s’insinuer d’entre les lèvres de la jeune femme, qui se tourna pour couver finalement Amalrik du regard.

« Oui, ça va... Je préfèrerais encore affronter mille Gamalliens que l’une de ces harpies. » Répondit-elle encore agacée par son altercation. Astrid laissa ses yeux se balader sur son visage, comme si elle désirait en accrocher chaque relief, chaque aspérité, et le graver définitivement dans sa mémoire tout en sachant très bien que c’était impossible. Telle était leur malédiction, jamais bien sûrs de se voir pour la dernière fois. C’était parfois à se demander quel dieu ils avaient offensé... « Le village est assez grand pour deux équipages, glissa-t-elle en guise de réponse dans une œillade appuyée. Mais j’ai tout de même ordonné des rondes cette nuit... Pour les rassurer, ajouta-t-elle par crainte qu’il n’y voie un manque de confiance. Tes hommes et toi n’êtes pas très populaires, je le crains. »

C’était peu de le dire ! La plupart de ces femmes vouaient une haine sans bornes aux Snákrson tandis que l’autre moitié les craignait et désirait ardemment les éviter quand cela était possible. Faisant quelques pas dans sa direction, la jeune femme inclina doucement la tête et tendit une main vers la mâchoire carrée du père ses fils. Dans son visage, elle pouvait y voir le leur, comme une image rémanente qui chaque fois la rappelait à leurs souvenirs communs et au lien indéfectible qu’ils partageaient.

« Comme c’est bon de te voir. »
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Message posté : Sam 10 Mar 2018 - 10:40 Message
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Amalrik
Les doigts de sa main se glissèrent avec douceur à travers le crin rêche de sa barbe mouillée. Amalrik sentait la délicate chaleur de sa paume envahir son visage.
« Astrid... » sa voix n’était qu’un murmure rugueux. Le contact titillait en lui leur éternelle et tumultueuse romance, grandissant, bondissant, s’intensifiant...
Il l’attira soudainement vers lui, puis l’embrassa tendrement. Il tint sa nuque dans la main droite et sa hanche dans la main gauche. Ses cheveux satinés caressèrent ses doigts écailleux et ses formes onduleuses amollirent sa raide posture. C’était un baiser étrangement suave et suintant de pluie. Le parfum océanique imbibait l’air, l’alourdissant avec ivresse émouvante...
Amalrik brisa brusquement l’étreinte.
« Excuse moi, je... sa voix s’évanouit pour ensuite s’éveiller avec plus de contenance, tu m’as manqué. »
Il se passa une main sur le visage, comme si le geste pouvait effacer la transgression, puis laissa échapper un long soupir. Ses yeux s’abaissèrent pour fixer le sol, puis - la tête baissée - il les rehaussa pour contempler Astrid d’un regard à la fois languissant et juvénile. À quel point il aurait aimé s’abandonner à ses désirs ! Malheureusement cette perspective était aussi enfantine que saugrenue. Son Second avait raison : la jeune femme l’empêchait de penser clairement. Leur histoire d’amour remontait à plus d’une décennie, mais le feu ne s’était jamais éteint. Leurs destins semblaient se tresser, s’entrelacer continuellement et intimement. Amalrik y lisait un signe, comme si les dieux jouaient de leurs vies de façon à ce que le hasard les réunisse sans cesse. Mais la voilà à nouveau : sa tendance à oublier qu’il était avant tout Snákrson... et Snákrson il restera. Son monde n’était pas le sien. Leurs équipages en étaient la preuve.
« Je dirai à mes hommes de s’installer aussi loin que possible... il prit une brève pause contemplative, mastiquant le bas de sa lèvre afin de museler sa gêne, Espérons que rien ne se passera. »
La phrase s’évanouit. Il se sentait piégé par leurs allégeances. Cela ne fit qu’invoquer cette troublante gêne, palpable et irritante. Intuitivement, il changea de sujet :
«  J’ai quelque chose pour toi. »
Il glissa sa main sous sa brigandine pour y pêcher un pendentif en forme de flacon. Amalrik passa la lanière en cuir à laquelle était attaché le bijou par dessus sa tête, puis le déposa dans la paume d’Astrid. L’objet était de la taille d’un pouce, fait d’un verre verre épais et laiteux, presque opaque. Pourtant, si l’on y jetait un coup d’oeil plus attentif, l’on remarquerait qu’il cachait deux petites mèches de cheveux, l’une blonde et l’autre brune.
« Elles appartiennent à Roald et Sigvald, ses lèvres affichèrent un léger mais joyeux sourire en pensant à leurs fils, je le porte toujours avec moi. »
Il se surprit à exhaler un bref rire muet, heureux à l’idée que sa bien-aimée puisse sauvegarder une part de leurs fils.
Son environment ne lui autorisait guère à faire preuve de sensibilité ou de tendresse. Sa capacité à être aussi affectueux le déroutait donc légèrement. Ce n’était certainement pas dans les habitudes d’un Snákrson que d’être un homme sentimental.
« Tu leur manques, tu sais... il émit un autre soupir embarrassé, Sigvald est toujours aussi gentil et attentif. D’ailleurs l’autre jour il a pêché son premier poisson ! Une petite truite, annonça-t-il avec engouement, Roald d’un autre côté devient de plus en plus... difficile. »
Son fils aîné était un garçon intelligent et doué, mais au tempérament atrabilaire... comme son père.
« Il me contredit dès qu’il en a l’occasion, il ne m’écoute jamais et enfreint chacun de mes ordres... Il n’a toujours pas commencé d’apprentissage, refusant d’adhérer aux pratiques et habitudes à Jarda. Je m’inquiète Astrid. »
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Message posté : Dim 18 Mar 2018 - 17:49 Message
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Astrid savait chercher dans leurs retrouvailles languissantes la flamme de leurs jeunes années, et elles ne manquaient jamais d’étreindre son cœur d’une douceur amère et douloureuse. C’était comme si rien n’avait jamais changé en une décennie et comme si une vie entière ne suffirait pas à y changer quoi que ce soit. La passion qui couvait entre eux en braises tièdes, ravivées à chacun de leurs échanges, à chacun de leurs coups d’œil, à chaque fois qu’ils étaient proches, ou à chaque fois que leurs pensées convergeaient vers l’autre. Lorsqu’elle plongeait ses prunelles dans les siennes et qu’elle redevenait cette toute jeune femme qui goûtait pour la première fois aux plaisirs de l’autre sexe. Lorsqu’elle redevenait celle qui liaient leurs destins de manière indéfectible en portant le fruit de leur union. Toujours. C’était avec la même déchirante insistance, la même émotion sourde et grondante qu’ils se l’avouaient sans jamais se le dire ; Leurs vies entremêlées ne s’arrachaient jamais l’une à l’autre que dans la douleur. D’aucuns oseraient dire que le déchirement s’atténuait avec le temps, mais ceux-là ne savaient rien, ne comprenaient rien.

Lorsque ses lèvres se descellèrent des siennes, cela fit aussi mal que la toute première fois.

Elle avait goûté à la proximité de son corps plus de fois qu’elle ne pouvait le compter. Et cette fois encore, il li apparut qu’ils ne s’étaient pas vus depuis une éternité et qu’une autre éternité ne suffirait pas à combler le gouffre béant laissé par son absence. Elle avait senti ses lèvres s’unir aux siennes, son corps se presser au sien de cette façon si spontanée, si frénétique, qu’ils avaient de s’offrir à leur étreinte. Et elle s’abandonna volontiers dans les relents d’iode, dans l’humidité de leurs souffles chauds qui se mêlaient et donnaient une toute autre saveur à leur baiser. Lorsqu’il le rompit, elle n’en était pas moins rêveuse, bercée de pensées doucereuses et lascives qui n’attendaient qu’à se retrouver assouvies. Mais elle savait que ce n’était ni le moment, ni le lieu. Oh bien sûr, nul ne se poserait de questions de ne pas les voir ressortir de la cabane avant l’aurore, mais ils n’avaient pas d’intérêt à attiser les esprits déjà échauffés par le sang, par le combat et par la haine.

Elle recula d’un pas, mâchonnant nerveusement sa lèvre, tandis que les mains de son amant quittaient ses cheveux et sa taille, y laissant une empreinte fiévreuse. Lorsqu’il s’excusa de son emportement, Astrid secoua la tête d’un air de dénégation et sa lippe tuméfiée s’étira d’un sourire.

« Ne t’excuse jamais de... Tu m’as manqué aussi. »

Affreusement, eut-elle pu ajouter. Mais en avaient-ils vraiment besoin ? Plus que quiconque, il savait le sens qu’elle donnait à leur relation et ils n’avaient jamais vraiment eu besoin de se perdre en palabres vaines, empreintes de gaucherie, de gêne et de timidité. Amalrik n’était pas seulement le père de ses fils, il était bien plus que ça sur bien des points, et elle voulait croire qu’il en était conscient...

Lorsqu’il lui avoua avoir quelque chose pour elle, la jeune femme sembla aussitôt oublier tout de leur embrassade avortée. Comme saisie d’une impatience enfantine, Astrid l’observa consciencieusement plonger sa main sous le revers de son pourpoint et en ressortir un pendentif qu’il ne lui fallut pas plus de quelques instants pour identifier, bouleversée. Après tout, que pouvait-il lui offrir qui la comble sans commune mesure ?

« Je peux le garder ? Vraiment ? » Souffla-t-elle en plongeant son regard, émerveillé, dans le sien.

La fiole semblait minuscule, mais rien n’était plus important que ce que contenait l’écrin de verre. En sein s’entremêlaient les mèches de ses fils, comme une précieuse ode à l’amour qu’elle leur portait. Bien sûr, nulle offrande ne saurait lui faire oublier la peine qu’elle ressentait à de ne pas être à leurs côtés mais porter une partie d’eux contre son cœur – fut-elle infime – était déjà plus qu’elle n’aurait osé en demander. La tendresse et l’attention dont savait faire preuve Amalrik à son égard ne manquait jamais de la surprendre... Et son cœur se serra lorsqu’il lui confia qu’elle manquait à ses fils. Elle soupira doucement. C’était une peine dont ils n’avaient pas besoin, mais la part la plus égoïste d’elle se satisfaisait de savoir qu’elle était encore aimée de ses enfants.

« Roald a toujours été le plus tumultueux des deux, répondit-elle d’une voix pensive. Déjà quand il était enfant, il avait du mal à supporter que je m’occupe plus de son frère que de lui. Elle marqua une pause, perdue un instant dans des souvenirs tendres. Avoir un enfant lui manquait... Il doit comprendre qu’il lui est nécessaire de se plier aux us et coutumes de Jarða s’il veut pouvoir s’y faire une place. Je suis surprise que ton esclave n’ait pas cherché à lui inculquer cela. »

Elle n’avait pas cherché à cacher son animosité. La Fálkidottir savait qu’elle n’était pas en droit de faire référence à l’épouse d’Amalrik de cette manière, mais c’était plus fort qu’elle. S’il était une personne qu’Astrid haïssait au-delà de toute mesure, c’était cette femme. Cette femme qui pouvait prétendre lui être mariée, cette femme qui était en droit d’élever ses enfants, ses fils, de les voir grandir, de les voir pêcher des poissons. Cette femme qui était à sa place, aux côtés du marin et de leurs enfants. Si elle ne l’avait pas massacrée lorsqu’elle avait appris la nouvelle, ce n’était que par amour pour eux. À cette pensée, un nouveau soupir s’insinua d’entre ses lèvres.

« Veux-tu que je lui parle ? Lui demanda-t-elle en portant une main à son visage pour en caresser les traits comme elle aimait tant le faire. Je ne sais pas si ça peut changer quelque chose, mais si tu le désires je peux vous visiter sur Snákr. Et puis j’aimerais vous voir tous les trois dans de... meilleures circonstances. »

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Message posté : Jeu 22 Mar 2018 - 19:40 Message
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Amalrik
Il ne cherchait pas à l’offusquer, mais la remarque d’Astrid ne fit que piquer son orgueil. Après tout il était de son droit en tant que Snákrson de prendre autant de femmes-écume qu’il souhaitait. Elle devrait s’avérer heureuse qu’il n’en ait qu’une et qu’il ne la touche jamais... Il fronça légèrement les lèvres, tentant de contenir son indignation. Elle-même s’était trouvée un autre homme ; un forgeron sur Snákr qui ferait mieux de ne jamais se montrer au risque qu’Amalrik lui casse la figure. Le capitaine n’éprouvait que du mépris envers ce moins-que-rien. Ses pulsions possessives n’étaient évidemment dirigées que vers la Fálkidóttir qui fut toujours l’objet de tous ses désirs. Son intuition misogyne le convainquaient qu’Astrid était sienne. Pensée futile, mais le sentiment subsistait, enflant avec le temps.
« Ce serait une bonne idée si tu lui parles, oui, répondit-il d’un ton un peu trop sec, tentant d’ignorer la remarque concernant sa femme-écume, et que tu lui inculques un peu de respect. »
Sa voix se faisait amère. Roald était bien trop têtu. Amalrik commençait à se lasser de ses responsabilités parentales. C’était peut-être pourquoi il passait tant de temps loin de chez lui ; loin d’un foyer tenu par une étrangère qu’il nommait femme, et loin du fils qui rejetait son autorité. Il était un mauvais père qui ne leur voulait que du bien. Malheureusement, il n’en était guère conscient...
Finn
Le vent le giflait avec impétuosité et la pluie lui crachait à la figure. La montée vers les hameaux abandonnés lui parût comme une épreuve insurmontable. Ses pas se faisaient de plus en plus lourds alors que lui et les hommes escaladaient la colline qui les mena finalement vers un abris.
L’arrivée de l’équipage de la Mort Chantante déclencha une vague de murmures désapprobateurs chez les Fálkidóttir. Plus d’une osa leur jeter un coup d’oeil censé les intimider ou provoquer. Les Snarkson répondirent en jurons et crachas. Evidemment, la perspective de passer la nuit auprès des Fálkidóttir avait été accueillie avec aigreur. Les hommes avaient déjà goûté l’hostilité que leur réservait l’équipage du Fer-de-Lance suite à leur combat face aux Gamalliens. Ils ressentaient par conséquent que ces femmes leur devaient une fière chandelle et allaient certainement répondre avec un mépris à la hauteur de leurs attentes.
Finn ne pouvait s’empêcher d’éprouver le même sentiment... L’attitude ingrate des Fálkidóttir lui déplaisait grandement ; elles devraient s’avérer heureuses de se trouver en présence de leurs sauveurs, mais étaient probablement trop fières pour leur offrir une telle satisfaction.
« Aller tout le monde, on va s’installer à l’autre bout du village ! gueula Finn afin d’interrompre le duel d’intimidation qui avait lieu entre les deux équipages.
_Plus on est loin, mieux c’est. beugla l’un des rameurs.
_Pas trop loin non plus j’espère... Ottomars couronna sa remarque d’une grimace qu’il lécha avec viscosité d’un geste aguicheur.
_On se verra à la prochaine Tveirbinda ! » renchérit Olaf après avoir rajuster ses bourses avec provocation.
Le mouvement déclencha une huée de rires parmi les hommes. Leur rigolade se voulait moqueuse. Finn savait très bien qu’il ferait mieux d’intervenir, mais son récent désaccord avec Amalrik l’incitait à laisser les hommes nourrir leur mépris. Advienne que pourra.

*
* *
Ottomars
Elle avait commencé. La Fálkidóttir était bien trop bornée pour accepter une simple blague. À peine avait-il terminé sa phrase qu’une vigoureuse torgnole vint l’houspiller. Bien que familier, l’affront ne pouvait rester impuni devant tous ses camarades de bord. Son assaillante le regardait, la tête haute, le menton pointé vers l’avant. Ottomars l’attrapa par le col, mais à peine avait-il empoigné l’extrémité de son armure en cuire, qu’elle riposta à l’aide d’un coup de coude entre les côtes. La douleur n’était pas bien grande, mais força le guerrier à se replier sur lui-même. Cette fois-ci la Fálkidóttir le toisait avec dédain. Sans plus tarder, Ottomars se jeta en avant, attrapant les jambes de son adversaire pour la jeter au sol. Ils heurtèrent le sol. La boue gicla en harmonie avec les aboiements des membres du Fer-de-Lance et de la Mort Chantante. Soudainement ils étaient entourés d’une vingtaine de marins vociférant insultes et incitations à travers les hurlements acérés de la tempête. Ottomars se releva aussi rapidement que possible, couvert de gadoue pour faire face à sa rivale.
Amalrik
Une huée de cris interrompit leur tête-à-tête. Le tollé général escalada soudainement en un chahut agressif. Amalrik dû afficher un bref regard d’indulgence à l’égard d’Astrid avant de sortir en trombe. Il claqua ce qui restait de la porte de la maisonnette abandonnée, puis traversa le camp du Fer-de-Lance à grands pas, la pluie s’épanchant à nouveau contre son visage.
À une douzaine de mètres s’était rassemblée une troupe belliqueuse. Amalrik se fraya un chemin à travers la foule. Au centre, Ottomars se bagarrait avec l’une des Fálkidóttir. Il sentit sa colère s’enfler avec rage, telle une fièvre raidissant ses muscles et crispant sa mâchoire. D’un pas déterminé il se plaça entre les deux rivaux. La Fálkidóttir eut le bon réflexe de retenir son prochain assaut. Le coup qu’Ottomars destinait à son adversaire vint toutefois percuter le visage de son capitaine. Le choc repoussa Amalrik. Ce dernier sentit une douleur aigue lui piquer le nez. Sans un mot, le capitaine de la Mort Chantante se redressa, dépassant Ottomars d’une bonne tête, puis lui rendit le geste en lui foutant un coup de poing en pleine figure. La riposte prit le guerrier par surprise et il faillit perdre l’équilibre, mais parvint tout de même à rester sur ses pieds.
« Qu’est-ce que vous foutez à vous battre comme des idiots ?! Vous avez un camp à monter ! Et que ça saute ! »
Il termina sa phrase en abaissant un regard accusateur vers Ottomars. Celui-ci se frottait l’oeil droit dans l’espoir d’apaiser son futur coquard, puis détourna les yeux pour rejoindre ses camarades, la queue entre les jambes.
« Finn ! gueula ensuite le capitaine, Finn, ramène toi ici tout de suite !
_Quoi ? le Second était juste là, faisait partie des spectateurs, au grand désarroi d’Amalrik.
_Je pensais que tu garderai un oeil sur les hommes, et maintenant je constate que tu fais partie de cette cohue de crétins !
_Je t’avais prévenu que ça allait arriver !
_Que tu allais les inciter à se bagarrer tu veux dire ?
_Ne sois pas ridicule, Finn lâcha une gausse provocatrice, Ton équipage, ton plan, ta faute, ta responsabilité. Et maintenant si vous voulez bien capitaine, je vais rejoindre cette cohue de crétins. »
Le Second quitta son capitaine, marchant auprès des hommes de la Mort Chantante, blessé par l’inattention que lui prêtait son ami. Délaissé, Amalrik se retourna pour retrouver Astrid du regard. Son coeur se serra ; un monde empreint de rivalité les séparait et cela n’était pas prêt de changer. Mieux valait prendre sur soi. Ignorer de tels problèmes promettait une existence sans-souci.
Reste sur la voie et tout ira bien.
Lui-même n’y croyait qu’à peine...
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Les  vagues  ne  se  lèvent  pas  sans  la  tempête.

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Message posté : Sam 31 Mar 2018 - 17:34 Message
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Falki - Guerrier
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Elle savait qu’elle l’avait piqué au vif. En avait-elle cure ? En partie, comme en témoignait le soupir contrit qui s’insinua entre ses lèvres tandis que la voix d’Amalrik se faisait accusatrice, tranchante, glaciale. Oh il n’était pas question de leur fils ingrat envers son père, il était question de leur éternelle dissension à ce sujet, et à bien d’autres sujets. Mais Astrid n’eut pas besoin de revenir sur ses propos, une part d’elle savait qu’elle n’aurait jamais dû parler ainsi de son épouse, quand bien même elle ne s’en excuserait pas, trop fière, trop impétueuse et bien entendue trop profondément blessée par cette vérité implacable : elle ne serait jamais cette femme. C’était ainsi que leur relation était faite ; De passions, de conflits, mais au-delà de tout d’un lien fort et indéfectible que nulle épouse ne saurait jamais remettre en question. Certes, il était dans son droit d’en avoir une, dans son droit d’en avoir plusieurs et elle, elle ne pouvait rien y faire et n’avait pas son mot à dire. Ainsi leur relation était faite, déchirée par leurs différences irréconciliables, à jamais séparés. Mais elle savait qu’elle ne le perdrait jamais vraiment au profit d’une autre, comme il ne la perdrait jamais vraiment au profit d’un autre. Même si, pour elle comme pour lui, partager leur était difficile, et elle avait eu le déplaisir de goûter à l’insidieuse jalousie du Capitaine de la Mort Chantante à la naissance de Solveig... Leur dispute de ce jour avait été mémorable.

Ravalant néanmoins sa hargne pour leur permettre de gagner quelques précieuses minutes de tranquillité, Astrid s’apprêtait à faire amende honorable lorsque des cris surgirent avec force du chaos de la tempête, et elle se demanda l’espace d’un instant si elle n’avait pas rêvé ce qu’elle avait entendu, péniblement couvert par les éclats de la pluie et le mugissement du vent. Lorsqu’elle identifia finalement les rires gras et les exclamations rauques, son exaspération fut à son comble. Attrapant au vol le sourire grimaçant du marin, la Fálkidottir sortit en trombe à sa suite, accusant le coup de la pluie torrentielle qui lui fouettait le visage de sa morsure glaciale. Le ciel, noir comme en pleine nuit, se zébrait de temps à autre de lumière, comme si Heimr en personne répugnait de voir des ennemis mortels cohabiter le temps d’une nuit. Dévalant les marches ensablées et boueuses quatre à quatre, suivant la silhouette élancée du Snákrson, Astrid rompit à son tour le cercle improvisé par les marins de la Mort Chantante pour voir le spectacle déplorable qu’offraient leurs membres d’équipage. Pire que des chiens enragés...

Plongeant le bras, Astrid saisit Jorhild au col et l’attira hors du cercle en pestant, sans tenir compte des regards haineux qu’on lui lançait et faisant fi des sifflements excités des mâles qui s’ébattaient autour d’elles. Elle la poussa loin devant elle, la dévisageant avec hargne tandis que la jeune femme essuyait péniblement son visage couvert de sang et de boue et, sans gêne, crachait à ses pieds. Son regard se durcit un peu plus. La peste soit du jour qui lui fit prendre cette femme dans son équipage ! Elle lui attirait autant de merde que le cul pourri d’un cochard attirait les goules.

« SIV ! Beugla-t-elle. Aussitôt, le visage de sa contremaîtresse apparut au détour de l’épaule large d’un marin de Snákr. Un visage fermé qu’elle ne lui connaissait que trop. Dégage moi ça de là, persiffla-t-elle en désignant Jorhild. Et passes le mot que si je reprends une seule d’elles en train de se comporter comme une sauvage, elle finira ses jours sur cette île. Et plaise aux Snákrson de l’emporter avec eux, je n’en aurais cure ! »

En espérant que l’idée de servir d’esclave à l’un de ces rustres suffise à calmer leurs ardeurs. Des femmes désireuses de servir sous ses ordres, l’île en regorgeait alors elle n’aurait aucun mal à remplacer celles qui ne seraient pas capables d’exécuter ses commandements les plus simples. Pas plus qu’elle n’aurait de scrupules à recourir à de telles extrémités pour s’assurer l’obéissance des femmes sous ses ordres. Alors qu’elle observait Siv pousser devant elle le corps dégingandé de la guerrière qui tentait de s’arracher à sa poigne de fer, la jeune femme se demanda un instant si elle avait pris la bonne décision. Puis, son regard se détourna un instant d’elles pour croiser les prunelles d’Amalrik et aussitôt le remord et la douce amertume écumèrent à ses lèvres. La situation lui était tout aussi compliquée à gérer et elle oubliait parfois la pression qui pesait perpétuellement sur ses épaules. Ce n’était pas un homme mauvais, il avait son caractère mais Amalrik ne lui avait jamais été malveillant et savait même se montrer d’une incroyable douceur. Il n’en était pas de même pour les hommes sous ses ordres. Contrairement à elle, il devait continuellement asseoir son autorité sur ses membres d’équipage, lesquels n’hésiteraient pas à lui arracher tout ce qu’il possède – et la vie – au moindre signe de faiblesse.

Pour cela, et pour bien d’autres choses, elle l’admirait. Désireuse de ne pas exacerber un peu plus les tensions, elle attendit patiemment que chacun des équipages ne se dissipe avant de s’approcher de lui. Seule Ranveig resta à leurs côtés, détournant néanmoins le regard pour leur offrir un peu d’intimité. L’eau et l’agitation avaient plaqué des mèches blondes sur son visage qu’elle ôta d’un revers de main sans manquer de réaliser que le petit pendentif était toujours entre ses mains, le verre chauffé par la moiteur de sa peau. Précautionneusement, elle passa le cordon de cuir autour de son cou et le flacon sous sa broigne, s’assurant qu’il reposait, à l’abri, dans le creux de ses seins. Elle poussa un nouveau soupir en cherchant à capter son regard.

« Je te demande pardon Amalrik, je vais m’occuper d’elle personnellement, souffla-t-elle d’un ton profondément désolé. Après une pause, pendant laquelle elle voulut porter une main douloureusement hésitante sur l’hématome qui commençait à se former sur sa pommette saillante, elle enchaîna : j’espérais sincèrement qu’on n’en arrive pas là et je ne peux que prier que les choses n’aillent pas plus loin mais... Tu penses que ça va aller ? Si je peux faire quelque chose... »

Elle s’inquiétait pour lui. Toujours.


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Message posté : Lun 9 Avr 2018 - 13:24 Message
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Amalrik
« C’est moi qui dois m’excuser. Les tensions sont hautes en ce moment et chaque personne qui n’est pas de Snákr est un ennemi. Amalrik ne réalisait pas qu’il faisait partie de cette équation, Certains murmurent qu’on est sur le point d’entrer en guerre. Dit-il d’une voix un peu plus basse, Je ne pense pas qu’on en arrive là, mais les rumeurs sèment assez d’inquiétude pour que chaque Snákrson soit sur la défensive. J’essaierai de les garder en laisse. Ça devrait aller après leur petit défoulement. »
Le capitaine inspira profondément ; il n’était pas du genre à s’interroger à propos des manigances politiques. Ces questions s’avéraient souvent bien trop compliquées à son goût. Il jeta un bref coup d’oeil vers Ranveig pour s’assurer que celle-ci ne les regardait pas, puis s’avança un peu plus vers Astrid.
« Tu sais... Il sourit, Tu pourrais nous trouver un peu plus d’intimité la prochaine fois que je viens te visiter sur Fálki. »
Son sourire s’étira en une grimace béate ; il était plus facile de répondre avec taquinerie que d’admettre ce qui n’allait pas, et même s’il le voulait il n’aurait sût l’exprimer. Il s’autorisa à dégager délicatement l’une des mèches blondes collée sur la paupière d’Astrid. Pendant une second il se perdit dans le regard de la Fálkidóttir, puis se ressaisit :
« Je devrais m’occuper de mes hommes avant qu’ils ne déclenchent une autre rixe. Dit-il, plus haut, comme pour s’excuser de sa présence, On se verra au lever du jour. »
Il adressa un hochement de tête à Astrid puis à Ranveig en guise de salut, avant de faire face à l’orage déchaîné.
*
* *

La plupart des hommes s’étaient regroupés autour d’un feu. Ils étaient parvenus à l’allumer sous un abri malgré le torrent qui leur tombait dessus. L’odeur des braises et de la fumée engouffrait le cercle formé par les marins. L’air était moite, salée.
Amalrik interrompit leurs jacasseries en brisant la chaîne de leur rassemblement. Il pointa un doigt accusateur sur Ottomars. Ce dernier réagit en affichant un regard apeuré alors que les yeux de son capitaine le foudroyaient avec fureur.
« Toi ! Viens ici ! »
Son ordre fut suivi d’un silence pesant. Ottomars se leva pour faire face à son capitaine, gardant la tête haute comme signe de défiance. Amalrik ne supportait pas le visage présomptueux du guerrier. C’était à cause d’hommes comme lui que son autorité risquait d’être mise en question. Il attendit le temps d’une inspiration. Soudain, il assena un gros coup de tête au Snákrson. Le guerrier s’affala dans la boue, gémissant tout en se tenant le front. Le capitaine de la Mort Chantante tourna son attention vers les autres marins.
« Si l’un d’entre vous désobéit à nous à mes ordres, il finira au fin fond de l’océan !
_Oui capitaine. répondirent quelques-uns.
_Je ne vous entends pas !
_Oui Capitaine ! »
Reprirent-ils à l’unisson, mais leur capitaine avait déjà fait volte-face. Il n’avait pas fait deux pas que son Second le rattrapa en courant.
« Alors maintenant tu t’en prends à ton équipage ? sa voix n’était que réprobation.
_Otto a agi à l’encontre de mes ordres. Je ne fais que réaffirmer mon autorité. Amalrik ronchonnait tel un enfant.
_L’assommer ne résout rien. Finn lui attrapa le bras pour qu’il s’arrête.
_Soit content que ce ne soit pas toi que j’ai assomé. Répliqua le capitaine en lui décochant un regard noir.
_Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »
Amalrik se passa un main sur le visage, sa lèvre inférieure crispée par la hargne. Il commença à faire les cents pas sous la pluie, tout en évitant le regard du Second.
« T’étais censé gardé un oeil sur eux ! Son regard déçu se planta dans celui de son ami, À ce que je sache, c’est toi qui n’a pas suivi mes ordres.
_On est des Snákrson bon sang ! C’est normal d’initier une petite bagarre avec un autre équipage, surtout s’il s’agit d’un groupe de femmes ! Il termina sa phrase avec flagrant dédain, Tu t’étonnes que tes hommes se montrent insolents ? Alors arrête d’épauler le Fer-de-Lance, et arrête de favoriser Astrid. »
Amalrik resta silencieux. Il ne savait ce qui était pire, le fait que son Second le critiquait de la sorte, ou le fait qu’une partie de lui-même savait pertinemment qu’il avait raison. Malheureusement, le capitaine était trop entêté pour abandonner.
« Tu ne comprendras jamais ce que je partage avec Astrid. Sa voix s’était faite plus petite, comme s’il avait peur que quelqu’un d’autre puisse l’entendre.
_Pour la énième fois, Rik ! C’est une Fálkidóttir ! Tu penses vraiment que tes histoires de coeur vont mener quelque part ? Ses allégeances sont d’abord envers son île, et sa famille !
_Et j’en fais partie de sa famille ! »
Explosa Amalrik. Sa voix s’était faite grave, et rêche. Ses yeux étaient baissés sur son Second, l’observant de haut. Il donnait l’impression d’un ours défendant son territoire. C’était au tour de Finn de détourner son regard. Il se tint avec les bras croisés, mécontent.
« On emballe dès la première lueur du jour. »
Annonça enfin Amalrik pour mettre fin à leur dispute. Le Second acquiesça, reconnaissant d’avoir été congédié, puis rejoignit le reste de l’équipage auprès du feu de camp.

*
* *

Il était reconnaissant d’avoir une cabane à lui tout seul ; sa querelle avec Finn lui pesait sur la conscience, et la présence de son équipage lui était insupportable. Il n’avait pas l’habitude de les voir aussi agités. Leur comportement d’insubordination l’inquiétaient. La dernière fois qu’il avait senti une telle agitation était avant la mutinerie à bord de la Mort Chantante. C’était lui qui avait nourri le feu de la révolte contre son ancien capitaine. Une dizaine d’années plus tard, les rôles avaient été échangés. Une soudaine sympathie qu’il n’avait jamais éprouvée pour son prédécesseur s’empara de sa conscience. Vatn le torturait-il en guise de punition ? Non, un Snákrson prend ce qui lui est dû, et Vatn l’en récompense. La pensée était censée confirmer sa supériorité, mais l’idée de perdre le contrôle de son équipage l’intimidait, et les mises en garde de son Second se chargèrent d’une nouvelle gravité.
Ses yeux virés vers le plafond délabré de la maisonnette, il vit ses pensées divaguer. Il se projeta vers un futur proche, où lui et Astrid vivaient ensemble. Ses fils auprès de lui. Ils étaient forts et respectés. Elle avait son drakkar, il avait le sien. La seule chose qu’il ne parvenait à imaginer était la terre qu’ils partageraient... Fálki ? Snákr ? Ni l’un ni l’autre. Oui, voilà. Ni l’un ni l’autre.
Il voulait sauvegarder ses fantasmes, comme un enfant dissimulant un secret chéri. Mais ce n’était pas comme si Amalrik savait ce que cela signifiait que d’être un enfant, et il était bien trop borné pour s’autoriser à alimenter le rêve d’une vie auprès d’Astrid.
Ses pensées lui semblèrent soudainement ridicules. Les paroles de son Second s’amplifiaient en un écho intimidant, résonnant entre les murs d’un gouffre infini. Il se sentait vulnérable, comme si en entretenant de tels rêves il allait se dissiper. La seule chose subsistant serait la preuve qu’Amalrik, capitaine de la Mort Chantante, était un homme au coeur mou et aux fantasmes enfantins. Snákr se moquerait de lui. Leurs rires harcelants et leurs grimaces accusatrices le hantaient sans qu’il ne veuille l’admettre, parce qu’admettre était une faiblesse. Admettre c’était baisser les bras.
Toc Toc Toc !
Le capitaine se réveilla en sursaut. Le maître d’équipage se tenait dans le cadre de la porte, confus par le tressaillement de son capitaine.
« Je... on sera prêt dans quelques heures, capitaine.
_Très bien... Amalrik se passa une main sur sa nuque trempée, Merci Petris. »
Dit-il d’une voix congédiante. Le Snákrson comprit et s’éclipsa pour laisser au capitaine son intimité.
Un frisson hérissa ses poils. Il pouvait entendre le lointain grondement des vagues. Le vent s’infiltrait par les fentes des murs haillonneux, faisant siffler la mer d’une joie espiègle.
Amalrik se leva tant bien que mal, puis quitta la cabane sans plus de cérémonie.
La lumière du jour l’aveugla. La tempête s’était dissipée et avait laissé une membrane scintillante aux extrémités du paysage. Le capitaine n’eut toutefois ni l’envie ni le temps d’admirer le beau temps. Ses hommes étaient déjà en train d’empaqueter leurs vivres. Ils semblaient de meilleure humeur, fourmillant à travers le village abandonné tout en échangeant rires et bavardages, tout en maintenant une distance considérable du camp Fálki.
« Finn ! »
Gueula Amalrik en apercevant son Second. Interpellé, ce dernier s’avança vers son capitaine tout en tenant une posture un peu réticente.
« Oui capitaine ? Il pointa sa question d’un soupir, comme il était de son habitude quand il avait quelque chose sur le coeur.
_Combien de temps jusqu’à ce qu’on soit prêt à lever les voiles ? Amalrik posa la question en dépit du fait que Petris lui avait déjà donné la réponse, afin de trouver une excuse pour parler à son ami.
_Deux, trois heures ? Pas plus. Finn fronça les sourcils, Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, trop sensible au comportement de son capitaine.
_Tu as raison... Ma relation avec Astrid compromet mon commandement à bord de la Mort Chantante. Bien que maladroite, c’était sa façon de s’excuser.
_C’est pas à moi qu’il faut que tu le dises. »
Pas prêt à pardonner à son capitaine, le Second lui adressa une expression sous-entendue, avant de se retourner pour rejoindre les autres marins. Amalrik jeta un regard vers l’équipage du Fer-de-Lance. Il inspira profondément, puis s’avança vers leur camp d’un pas incertain.

*
* *

Amalrik se laissa guider par Ranveig. C’était l’une des seules Fálkidóttir à ne pas lui vouer une haine inconditionnelle. Il marchait un peu plus lentement qu’à son habitude, le coeur serré. Sa paresse ne fut pas assez pour l’exempter ; ils atteignirent Astrid plus vite que prévu. Le capitaine lui adressa un rapide salut de la main. Il avait l’air embarrassé.
« J’espère que tu as... bien dormi. »
Il était maladroit avec ce genre de choses. Il se sentait stupide. Mieux valait qu’il en finisse aussi vite que possible. C’était ça, ou risquer de perdre son équipage et son drakkar.
« Astrid, j’ai réfléchi à notre situation. “situation” n’était pas le mot adéquat, mais Amalrik n’était pas du genre à choisir ses mots avec délicatesse, Mon... affection... son coeur menaçait de rompre sa poitrine, pour toi suscite beaucoup de mécontentement chez mon équipage. Il se mordit la lèvre inférieure, Je pense qu’il vaudrait mieux... un soupir, ...mieux qu’on ne se voit pas aussi régulièrement qu’on l’aurait aimé. »
Il allait regretter ses dires, il le savait déjà.


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Message posté : Mar 24 Avr 2018 - 23:50 Message
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Capitaine du Fer-de-Lance

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4/10  (4/10)
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Description sommaire:
D’aucuns disaient que la nuit porte conseil, mais de conseils elle n’eut pas. Ses prunelles largement ouvertes dans l’obscurité de la mansarde délabrée qu’elle s’était attribuée pour la nuit, Astrid n’était pas parvenue à trouver le repos malgré son harassement. Sitôt que ses yeux se fermaient, les paupières alourdies de fatigue, c’était incessamment le visage de ses fils qu’elle voyait. Ils lui souriaient, tendaient leurs mains potelées vers elle et elle, elle serrait le médaillon qui pendait à son cou comme un vain espoir de s’approcher un peu plus d’eux. Bien qu’elle fût bercée par ces doucereuses rêveries, elle ne se laissa pas gagner par la torpeur. Le cœur lourd, elle s’était glissée un peu plus tôt dans la soirée dans une peau humide qui s’était rapidement imprégnée des effluves iodées que la mer leur faisait glisser à chaque caresse du ressac sur la grève. Et ses fripes, étendue à même le sol dans l’espoir vain de pouvoir les enfiler secs au matin, la narguaient méchamment. C’était se fourvoyer de croire que la tempête lui offrirait telle accalmie ; Le vent malmenait la maisonnée sans discontinuer, sifflant entre les planches rongées par le sel qui ne tenaient plus que par quelques fibres et elle avait craint un instant que les murs ne se brisent sous le fracas du souffle. Force était de constater que c’était bien le toit qui menaçait de céder ! Chance était que l’eau qui s’infiltrait par le plafond dépenaillé l’alourdissait assez pour qu’il résiste à la fureur de Vatn.

Mais le sommeil, lui, avait continué de la fuir. Au bout de ce qui sembla un temps interminable, et après avoir réalisé que l’orage s’était enfin calmé, Astrid décida qu’il ne servait à rien d’insister plus longtemps. S’enroulant dans une peau, elle s’empressa de sortir pour quérir une bouffée de l’air froid et humide du large. Au large, alors que les nuages poussaient vers le sud, quelques étoiles malingres commençaient à poindre et il ne lui était plus possible de distinguer le crachin pénétrant du ciel de l’écume qui éclatait en gerbes blanches sur les roches. La tempête était finalement passée. Elle s’assit à même le sable, enroulant ses bras autour de ses cuisses pour réchauffer son corps, elle ressassa aux propos qu’avait tenus Amalrik.

Bien sûr que les tensions étaient hautes, il fallait être stupide pour ne pas le remarquer. Les raids le long des côtes de Fálki se multipliaient, et c’était sans compter les enlèvements et les échauffourées n’étaient pas rares, et les combats en mer ne l’étaient pas non plus. La Mort Chantante était-elle différente ou devait-elle elle aussi considérer que tout ce qui ne venait pas de l’île du Faucon était un ennemi ? Aussitôt, les visages de Logan et de Sigrid lui vinrent à l’esprit et elle secoua la tête, résolument décidée à laisser ces considérations de côté. Pourtant,... Pourtant il lui semblait que la guerre frappait à leur porte ? Une guerre dont elle ne voulait pas pour sa fille et dont elle ne voulait certainement pas pour ses fils. Incapables de tenir une arme correctement, massacrés par le fléau d’armes d’un Bjǫrnson sans pitié. Comment pourraient-ils combattre ? Et sous l’égide de l’Insurgé, ils combattraient. Un frisson d’horreur lui parcourut l’échine.

Ces pensées ne la quittèrent pas jusqu’au petit jour. Un rayon de soleil vint lui caresser le visage, l’arrachant à l’horrible contemplation de l’imminence de la guerre. Aucun nouveau conflit n’avait éclaté, soit que les esprits ne se soient pas plus échauffés, soit que le Capitaine de la Mort Chantante ait effectivement tenu ses hommes en respect. Dans tous les cas, ils avaient atteints l’aube et l’heure était de nouveau au départ. S’étira pour dénouer ses muscles engourdis par l’immobilisme et le froid, Astrid retourna finalement dans la mansarde et ferma la porte derrière elle.


À travers la fenêtre encrassée, la Fálkidottir observait son équipage travailler comme une seule femme. Hisser les voiles, désensabler le navire, le pousser à flots, le récurer de fond en comble... Rien n’était laissé au hasard, ce qui ne manquait jamais de l’emplir de fierté. Absorbée par le spectacle, elle ne vit pas même arriver Amalrik et son escorte, aussi surprise qu’il était possible de l’être par l’ouverture soudaine de la porte qui livra le passage à Ranveig, suivie de près par le Snákrson. Ils restèrent ainsi un instant avant que, d’un signe de tête, elle ne la congédie et ne plonge son regard céruléen dans celui du père de ses fils. Une fois la porte refermée, le silence qui s’était installé n’avait pas immédiatement laissé place aux mots et avait serré son cœur de craintes. Son hésitation, son embarras, qui n’auguraient rien de bon, n’avaient fait qu’ajouter à l’angoisse qui l’étreignait ; Astrid n’avait que trop appris à lire dans le langage taciturne des hommes et plus particulièrement du seul homme qu’elle pouvait se vanter de réellement connaître.

Pourtant, rien n’avait pu la préparer à ce qu’elle venait d’entendre.

« C’est vraiment ce que tu désires ? » S’était-elle contentée de bafouiller. Ses prunelles n’eurent pas le temps de s’humidifier. La surprise avait laissé place à l’incompréhension. L’incompréhension à l’humiliation. L’humiliation à la colère. Aussi n’y avait-il pas de place pour la douleur. Sa bouche se tordit aussitôt en grimace haineuse tandis qu’elle l’invectivait.

« Tu penses vraiment que c’est ainsi que tu vas gagner leur respect ? Ses poings s’étaient serrés compulsivement. La graine de la révolte est germée, la terre est pourrie, la seule chose que tu peux faire c’est en faucher la pousse. Tu le sais Rik, tu as été comme ces hommes ! Des concessions aurait-il suffi à calmer tes ardeurs ? Dans ses prunelles transparaissait la blessure vive qu’il venait de lui administrer. Je t’aurais soutenu quoiqu’il advienne. Je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur de demain. J'ai... j'ai peur de te regarder prendre la mer en sachant que tu ne reviendras jamais. »

Elle lui tourna le dos, cherchant résolument à échapper à son regard ou à l’effacer du sien. Pourtant, elle savait mieux que quiconque qu’il était au pied du mur, acculé avec une révolte qui lui pendait au nez. Elle savait que, aussi douloureux qu’il soit, c’était l’un des meilleurs choix qu’il pouvait faire. Par pour eux, mais pour lui, oui. Toujours sans lui adresser un regard, elle conclut :

« Si tu es sûr que c’est la meilleure chose à faire alors passes cette porte. Et sois prêt à en assumer les conséquences, ajouta-t-elle silencieusement. Prends soin de toi. »
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Maiden of the High Seas
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Message posté : Lun 4 Juin 2018 - 22:34 Message
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Snakr - Guerrier
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Capitaine de la Mort Chantante

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Amalrik
Un peu plus qu’un pincement au coeur, dur et empoisonné, menaçait de lui dérober les jambes. Il inspira profondément, gonflant sa poitrine comme pour épaissir l’armure autour de son torse. Son corps était une cage dont les barreaux ne laisseraient rien transparaitre ; du moins c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche et laisse échapper une minuscule hésitation qui brisa sa voix, faisant trembler le début de sa phrase.
« Ce n’est pas ce que je désire, mais c’est ce qui est nécessaire. »
Il serra les poings. La fragilité qu’il percevait dans sa propre voix attisa en lui une colère absurde ; ou était-ce les mots acérées d’Astrid qui percèrent immédiatement l’armure qu’il s’était érigée ? 
« Et que veux-tu que je fasse ? Que je jette à l’eau chaque marin ? Je ne suis rien sans mon équipage... Je ne suis rien sans mon navire ! Et les garçons ne seront rien si je ne suis rien. »
Il aurait aimé faire écho aux peurs d’Astrid, mais son arrogance le retint. Après tout, il n’était pas prêt à admettre que son équipage l’intimidait ; qu’il avait peur que ses hommes fassent de lui ce qu’il avait fait de son précédent capitaine. 
« Toi, plus que quiconque, devrais sympathiser avec ma situation ! Tu sais très bien que l’on gouverne selon la loi du plus fort... Je... tu... il se maudit, ne sachant s’exprimer correctement, un flot de phrases coincé dans la gorge, Rhaaaaaaa !! »
Cria-t-il, énervé, fâché et agacé. Il accompagna la clameur en fouettant l’air de sa main rageuse avant de se détourner pour ne pas devoir faire face à son interlocutrice. Une seconde s’écoula telle une éternité, puis il tourna lentement son visage vers Astrid tout en couvrant sa bouche de sa main gauche. Il savait que son visage devait afficher une expression à la fois gênée et désolée. En Snákrson qu’il était, il voulait tout à la fois : un équipage qui le respecte, un avenir pour ses fils et la femme qu’il aime à ses côtés. Il ne savait pas comment agir face à l’impossibilité d’obtenir l’une de ces choses. Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, puis se ravisa, faisant volte-face. Enfin, dévisageant la porte, il murmura :
« Nous nous reverrons... si Vatn le veut. »
Un poids inimaginable sembla s’abattre sur ses épaules. Il sentait la présence d’Astrid dans son dos, imaginait sa haine le surplombant avec fatalité. Soudainement il n’avait d’autre choix que de passer le seuil de la porte et de s’enfuir, la queue entre les jambes. La porte claqua derrière lui d’un ton sec, tel un ultimatum. Il avait soudainement la nausée et la tête lui tournait.
Un rayon de soleil venant l’aveugler le rappela à la réalité. Il plissa les yeux. Le beau temps ne reflétait guère l’intonation tragique que lui présentait sa situation, tel un mauvais refrain, coincé entre les lèvres béates d’un enfant mal-élevé. Le fardeau de la culpabilité n’était certainement pas facile à porter, surtout pour un homme aussi susceptible qu’Amalrik Hafson. Ce fut ainsi qu’il dévora la pente menant vers la plage : en faisant trembler le sable sous ses semelles tout en imaginant sa fureur mettant feu à l’horizon. Malheureusement, le capitaine de la Mort Chantante manquait d’introspection pour réaliser que sa colère n’était en vérité que dirigée envers lui-même. C’était la faute de quelqu’un... n’importe qui... et il allait se trouver un bouc émissaire.
« Cap’taine... Ca-pi-taine ? »
Une main lui agrippa légèrement le bras alors qu’il ruminait ses regrets. Il n’aimait pas qu’on le touche, et encore moins qu’on le surprenne. Il se retourna donc tout en plantant ses yeux rageurs dans le regard confondu du rameur Olaf.
« Cap’taine ? Petris m’envoie v’dire que l’équipage est prêt à r’prendre la route. »
Sans attendre, Amalrik poussa violemment le mousse de côté. Pris par surprise, Olaf perdit l’équilibre puis tomba sur son derrière tout en marmonnant une plainte. L’agitation attira plus d’un oeil curieux.
« Vous avez rien d’autre à faire ?! Au boulot, et que ça saute ! »
Son interjection fit tressaillir plus d’un marin, puis les intéressés se remirent à leurs tâches. Si son équipage n’était pas prêt à le respecter pour ce qu’il était, la tyrannie fera bien l’affaire. La peur et l’intimidation pouvaient être d’utiles alliés à bord d’un drakkar. Ses hommes finiront par fléchir sous la pression.
A grands pas, Amalrik s’avança vers la Mort Chantante, puis sauta à bord, ses bottes grinçant contre les planches planches humides du drakkar. Enfin se dirigea vers l’arrière du navire pour retrouver Espen auprès du gouvernail. Le navigateur le salua d’un hochement de tête.
« Cap vers Snákr. On a assez perdu de temps comme ça.
_Oui capitaine ! »
Le Snákrson répondit avec un sourire mesquin collé aux lèvres, comme pour manifester son approbation. Amalrik n’y porta pas grande attention, trop préoccupé par son interaction avec Astrid. Certes, la chance avait amené la Mort Chantante à venir à la rescousse du Fer-de-Lance, mais Amalrik ne pouvait s’empêcher de penser au fait qu’il n’aurait pas été contraint à se séparer de sa Fálkidóttir de cette façon si leurs chemins ne s’étaient pas croisés. Enfin... dire qu’Amalrik avait été « contraint » de prendre une telle décision n’était pas le cas à proprement parler, mais c’était plus facile d’accepter la situation dans laquelle il s’était fourré en s’inculquant qu’il s’agissait moins d’un choix et plus d’une obligation ; que son sort avait été décidé selon les circonstances, que ce qu’il sacrifiait il le sacrifiait pour ses fils.
Une petite troupe de nuages vint obstruer le soleil, jetant une ombre épaisse sur l’horizon. Leurs silhouettes touffues s’illuminèrent toutefois, les faisant rayonner d’une bordure dorée. Amalrik s’autorisa à profiter du spectacle, espérant oublier ses soucis, mais la lueur blondine éclairant le ciel ne fit qu’éveiller le souvenir d’Astrid, ses doux cheveux contre ses doigts rêches, ses tendres doigts dans sa barbe broussailleuse...
« J’imagine que tu as fais ce qu’il fallait... »
La voix le tira de sa rêverie. Finn s’était faufilé auprès de lui, parlant à voix basse. Son calme contrastait tant avec l’humeur d’Amalrik que cela ne fit que l’irriter davantage. Il décida de rester muet en guise de réponse ; mieux valait éviter de foutre une tarte à son Second en présence de tout l’équipage...
« Si cela peut te consoler, tu as fait ce qu’il fallait. puis il reprit, réalisant que son capitaine n’allait pas lui répondre, Il est bon de vous avoir de retour parmi nous, capitaine. »
Finn lui adressa un hochement de tête respectueux, puis fit demi-tour, laissant Amalrik bouder en silence.
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Les  vagues  ne  se  lèvent  pas  sans  la  tempête.

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Message posté : Jeu 7 Juin 2018 - 19:50 Message
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Falki - Guerrier
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Astrid resta sourde à ses protestations. Resta sourde à ses éclats de voix, au désespoir qui y transparaissait. Elle resta sourde à tout ce qu’il disait et tout ce qu’il ne lui disait pas. Pourtant, péniblement, chacun des mots qu’il prononça lui transperça le cœur de son implacable réalité. Elle savait à quel point il avait raison mais le perdre pour cette raison lui semblait tellement absurde, tellement intolérable. Elle aurait voulu lui dire qu’elle n’était rien sans lui, mais c’était faux ; Et elle était tant et tant de choses, à commencer par une mère qui voulait ce qu’il y avait de mieux pour ses enfants. Et ses fils méritaient un père respecté, qui savait faire les choix les plus douloureux quand la situation l’exigeait. L’avait-elle un jour moins exigé que maintenant ? Non, et elle était stupide de l’accabler plus que de raison mais c’était plus fort qu’elle. C’était plus fort qu’eux deux, cette fierté malsaine qui la poussait à le repousser avec violence quand elle aurait dû se montrer entière et compréhensive. Quand elle aurait dû profiter des derniers instants qu’il lui était donné de passer en sa compagnie.

Elle serra compulsivement les poings, toujours sans détourner son regard vers le visage d’Amalrik, dans un espoir vain de graver une dernière fois ses traits dans sa mémoire ; S’il devait partir, elle préférait l’oublier dès maintenant, tandis que sa peine était encore supplantée par sa colère. Comme une enfant qu’on aurait abandonnée, elle s’abandonnait à son ressentiment plutôt qu’à sa douleur et agissait de façon compulsive. La peine viendrait après, lorsqu’elle serait seule et qu’il n’y aurait aucun témoin pour la plaindre. Lorsqu’elle serait seule et qu’elle pourrait ressasser ses remords et ses regrets en s’oubliant dans ce qu’elle aurait dû dire et ce qu’elle aurait dû faire. Mais l’heure n’était pas aux regrets, elle était à la protestation. Et lorsqu’il jura sur Vatn que leurs routes se croiseraient peut-être, elle grinça méchamment des dents et ce fut d’un geste presque mécanique qu’elle avala les empans qui la séparaient de l’entrée par laquelle le marin venait de s’engouffrer. Dans un geste plein de rage, elle claqua la porte derrière lui et resta, un instant, coite.

Immobile.

Une éternité.

Lorsqu’on toqua finalement à la porte, il sembla qu’une éternité – et bien plus – s’était écoulé. Avec dégoût, elle constata que la faim et ses membres la tiraillaient douloureusement, coupable d’être restée trop immobile, trop longtemps. Une main crispée sur son bas-ventre, la Capitaine du Fer-de-Lance ouvrit la porte sous le regard silencieux de sa seconde qui lui indiqua qu’ils étaient prêts à lever les voiles. Elle n’ajouta rien, ne lui demanda pas si tout allait et cela n’était pas nécessaire ; La douleur et l’amertume encore lisible sur son visage ne pouvaient signifier qu’une chose, et il n’était pas une femme qui n’ait pas connu ce sentiment un jour. Et pas une qui ne sache le reconnaître.

Tandis que les derniers préparatifs étaient menés, elle s’était installée à la proue de son bâtiment et avait mâchonné négligemment des biscuits de seigle et de la viande séchée, plus par habitude que par envie réelle puisqu’il s’avéra rapidement que c’était moins la faim que la situation houleuse qui la rendait nauséeuse. Un instant, elle espéra pouvoir revenir en arrière. L’instant d’après, elle ressassait et se confortait dans sa décision première : celle de couper les ponts définitivement. L’une comme l’autre ne semblaient pouvoir la satisfaire ; Elle voulait tout et rien en même temps…

On la laissa finalement en paix tout le temps que dura la traversée. Lorsqu’elle fut lassée des regards en biais qu’on lui jetait, elle gagna sa cabine et profita du roulis calme de la coque sur les vagues pour mieux profiter récupérer la nuit qui lui avait échappé au soir précédent. Elle s’endormit finalement en faisant rouler entre ses doigts la petite fiole de verre opaque, contenant en son sein les cheveux de ses fils.

Et dans ses songes, aucune colère, aucune angoisse.
Simplement une plénitude infinie et un bonheur indicible.


Spoiler:
 
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Piège en haute mer | Amalrik

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