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La vérité est rarement pure et jamais simple | Gabriel

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Message posté : Ven 12 Jan 2018 - 1:26 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

Falki - Guerrier
Infos de base

Capitaine du Fer-de-Lance

∞ Nombre de messages : 1537
∞ Nombre de messages RP : 44
∞ Âge du personnage : 30 ans
∞ Caste : Guerriers
∞ Métier : Capitaine de drakkar
∞ Statut : Célibataire
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Statut RP : ouvert (0/2)

1 rose de Sigrid, 4 rose de Logan, 3 rose du non-époux ❤️ Merci !
Fiche RPG
Feuille de personnage
Niveau de l'aptitude:
4/10  (4/10)
Niveau de renommée:
3/10  (3/10)
Description sommaire:
Ses prunelles délavées accrochaient l’horizon. Enveloppée d’une lourde couverture de laine, Astrid respirait l’air chargé d’iode des embruns marins qui éclataient en gerbes écumeuse sur la falaise en contrebas. Ses cheveux blonds tressés battaient la mesure des rafales de vent glacial qui provenaient des montagnes au nord, là où se dressait la capitale de l’île. Le temps n’était pas bon, sûrement une tempête éclaterait-elle à la nuit tombée, mais au moins s’était-elle assuré que son drakkar était solidement harnaché et qu’il se trouvait à l’abri dans l’une des nombreuses cavités naturelles qui perçaient les côtes de Fálki. Ainsi caché dans son écrin de granit, rien ne savait lui porter atteinte, mais elle espérait simplement qu’il arrive avant que l’orage ne s’abatte sur l’île ; Quoiqu’elle n’ait eu que peu de temps à passer auprès de lui, Gabriel n’en demeurait pas moins le père de sa fille adorée ce qui signifiait qu’elle lui portait une forme d’affection. Peut-être parfois plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. Parfois, oui, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, elle le haïssait. Aujourd’hui il y avait encore cette rancune tenace qui la tiraillait, partagée qu’elle était entre le bonheur de voir sa fille les yeux pétillants de joie et la colère viscérale qui ne l’avait pas quittée. Cette rancune qui faisait écho à sa rencontre avec Svein dans les griffes duquel Brynjolfson l’avait jetée en pâture.

Elle devait comprendre pourquoi il n’avait pas été là alors qu’il s’avait très bien que son cadet allait être un problème pour elle, et ce n’était pas une question qui pouvait attendre la prochaine lune comme ils l’avaient initialement prévu. Et ça ne pouvait pas non plus se régler par faucon. Elle devait le voir, en parler face à face. Sa main avait tremblé lorsqu’elle avait écrit son message à l’adresse du forgeron, l’invitant à venir sur l’île pour parler d’un sujet urgent dont il ne devait pas ignorer la teneur. La lettre avait été sèche, mais néanmoins ponctuée d’une sommation à faire bon voyage et prendre soin de lui. Pour Solveig, avait-elle songé avec amertume. L’enfant n’avait pas vu son père depuis longtemps, et même si elle avait dans l’instant pour lui la plus profonde aversion, elle ne pouvait pas réellement lui souhaiter grand mal. Mais Heimr l’en garde – ce qu’elle lui en voulait !

La porte de la demeure familiale grinça, libérant une petite bouille ronde qui la regarda avec de grands yeux curieux et à laquelle elle adressa un sourire bienveillant et ouvrit ses bras. Astrid ne manquait jamais d’être frappée par sa ressemblance avec Gabriel, même si c’était bien les cheveux de blé des Sìlfrddóttir qui formaient un soleil autour du visage de l’enfant tandis qu’elle s’avançait pieds nus vers sa mère. Tendrement, La Fálkidottir ôta la couverture de ses épaules et la posa sur celle de sa fille qu’elle serra contre elle.

« Il arrive bientôt ? »

Elle avait l’éclat de voix agacé d’un enfant capricieux ce qui ne manqua pas lui arracher un sourire amusé. Cette voix traînante et nasillarde des mauvais jours… Aussitôt, ce fut comme si toute son exaspération s’était envolé. Tournant les talons en poussant Solveig devant elle, le sourire de la guerrière s’élargit d’autant plus que l’enfant protestait pour rester avec elle, dans le froid mordant et les bourrasques cinglantes.

« Si Vatn le veut, oui, répondit-elle avec douceur. Allez… Rentrons avant qu’il ne se mette à pleuvoir. »

Car tout était entre les mains de la divinité, qui portait sur ses flots les coques des drakkars qui fendaient les eaux sombres. Pénétrant dans la pièce à vivre de la vaste maison longue familiale, Astrid repoussa son chat du pied et accueillit l’embrassade chaude du feu central avec bonheur, remarquant au passage à quel point les embruns avaient pu être glaciaux et pénétrants. Passant une peau sur ses épaules, elle tendit les mains au-dessus des braises pour les réchauffer et elle songea qu’elle avait été avisée de ne pas se rendre sur Snákr… Prendre la mer par ce temps aurait été un risque inconsidéré, un risque qu’elle pouvait faire courir à son équipage, et elle n’aurait guère apprécié d’être coincée sur cette île rocailleuse avec pour seule compagnie une plage de sable noir et le rugissement de la tempête.

Poussant un soupir, elle balaya la pièce vide du regard. En cet après-midi, il n’y avait qu’elles deux ; Comme une nuée d’oiseaux, les Sìlfrddóttir s’étaient éclipsées aux quatre coins de l’île pour vaquer à leurs occupations. Et elle leur en était reconnaissante ! Ce dont ils avaient à discuter ne regardait qu’eux, et même si Gabriel avait toujours été très bien accueilli dans son foyer, il ne demeurait pas moins qu’il suscitait la méfiance de par ses choix de vie. Bien sûr, cela ne regardait nul autre que lui, et elle ne pouvait s’empêcher de se dire que sans cela, elle n’aurait jamais eu Solveig. Mais ça n’empêchait pas les regards en biais et les remarques insidieuses… Précisément ce dont elle n’avait pas besoin pour ajouter à sa hargne.

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Maiden of the High Seas
Parmi les faibles, le plus fort est celui qui n'oublie pas sa faiblesse.

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Message posté : Dim 14 Jan 2018 - 1:52 Message
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Gabriel Brynjolfson

Snakr - Artisan
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∞ Âge du personnage : 33 ans
∞ Caste : Artisans
∞ Métier : Forgeron
∞ Statut : Célibataire
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× La forge
× Relations
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× Inventaire
× Défis
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4/10  (4/10)
Niveau de renommée:
3/10  (3/10)
Description sommaire:
La vérité est rarement pure, et jamais simple × Fálki × Fyrstr, 603


La faute était sienne, et transpirait dans chacun des mots qu’Astrid avait précipitamment tracés. L’air absent, Gabriel effleurait la lettre que le faucon avait abandonnée sur son établi, soupesant en silence l’étendue des dégâts. Dans cette invitation à les rejoindre sur leur île, le forgeron voyait une sommation : il n’était pas là simplement question de voir Solveig, même s’il savait, ou se persuadait, que sa mère n’aurait pas le cœur de lui interdire d’embrasser leur fille malgré le différend qui menaçait de les opposer.

Il serait d’une grande malhonnêteté de prétendre qu’il ignorait tout de la tempête.

Sa récente rencontre avec Svein avait largement ravivé son appréhension, ses mauvais souvenirs et sa culpabilité. Il avait eu beau signifier qu’il n’était pas en bons termes avec son frère, Astrid ne savait pas à qui elle avait affaire – elle ne connaissait pas le passif sombre et violent qui animait leur relation venimeuse. Il n’avait pas souhaité le lui dire, il n’avait pas su, espérant naïvement et sans y croire jusqu’au bout, que son cadet la laisserait passer. Il ne savait pas quel avait pu être leur échange, mais il se doutait de la teneur : maintenant qu’il connaissait l’ambition de son frère, qui souhaitait diriger la famille, il n’était pas difficile de supposer qu’il avait vu d’un mauvais œil l’intrusion d’Astrid dans l’équation familiale. Sa présence n’aurait sans doute rien arrangé, bien au contraire, mais il était injuste de faire payer à la Fálkidottir le prix de leur colère.

Trop tard, maintenant.
Ne lui restait plus qu’à faire amende honorable, à se repentir et se présenter la mine contrite : délayer l’échéance ne ferait qu’accentuer la colère et la désillusion qu’elle ressentait probablement. Aussi, il avait promptement renvoyé sa réponse, promettant de faire voile séance tenante. Si les eaux lui étaient favorables, il ne lui faudrait pas plus d’une journée pour arriver à bon port. Sur Snákr il y avait profusion de drakkars, mais ils étaient peu nombreux à prendre la route de Fálki – et chers, bien sûr…

« Arrête de rêvasser, tu vas abimer le minerai ! »

La voix grave le fit sursauter, et la main abattue rudement sur son épaule l’envoya vaciller quelques pas en avant, provoquant l’hilarité du maître-forgeron de l’île. L’œillade de Gabriel fut noire, mais pas autant que ne l’était le métal qui rougeoyait dans l’antre de la forge… Aussi amer l’aveu fut-il, Wiland avait raison, il était trop récurrent qu’il s’égare dans ses pensées. Astrid et Solveig étaient un récurrent sujet de rêveries. Sa fille lui manquait, il la côtoyait trop peu à son goût. Elle grandissait si vite qu’il craignait un jour de quitter une enfant et de trouver, en revenant, une jeune fille qui lui serait étrangère. Quant à la capitaine du Fer-de-Lance… Ses sentiments pour elle étaient plus noueux, brumeux et complexes. La tradition de la Tveirbinda voulait qu’ils aient une fille en se connaissant à peine, mais il avait appris les contours de son caractère à force de l’approcher et de l’observer. Astrid était forte, tellement plus forte et courageuse qu’il ne l’était, elle était déterminée, elle était… Une cheffe, sur terre comme sur les flots. Il avait aussi appris à connaître sa douceur, incommensurable quand elle prenait leur fille dans ses bras. Il avait de la tendresse pour Solveig, du respect pour Astrid, mais pas seulement, et en même temps, quoi d’autre ?

Il rythma sa pensée avec des coups de marteau, frappant et modelant l’obsidienne avec une régularité d’habitude. Le minerai, chauffé à blanc, ne lui résistait pas et prenait la forme d’une pointe comme il le désirait. Il en ferait une arme effilée et élégante, légère, pour frapper au cœur de la nuit. La pierre noire était idéale pour cela. Le cuir de berserker, qu’il avait acheté auprès de cette crapule au grand cœur de Logan, lui apporterait de la résistance et une prise en main idéale. En mer, il était essentiel de ne pas manier d’armes trop lourdes, encombrantes et qui risquaient de vous échapper : cette dague serait parfaite, en tout cas, il mettait du cœur à l’ouvrage. Ignorant la sueur qui lui coulait dans le dos, il acheva rapidement son ouvrage, observant le résultat final à la lueur des flammes. Il n’espérait pas se faire pardonner avec un cadeau, mais il espérait, sans trop oser déterminer pourquoi, que cela arracherait un sourire à Astrid.

Si, toutefois, il arrivait jusqu’à elle.
La mer était plus agitée qu’il ne l’avait cru, enfermé dans la chaleur de la forge. Les marins les plus expérimentés prévoyaient que d’ici la fin de la journée, Vatn déchaînerait sa colère sur eux. Il était néanmoins encore tôt, très tôt, le soleil démarrait à peine son ascension, paresseusement… Et la chance souriait à Gabriel. Un marchand de Bjǫrn avait été contraint de faire une halte à Jarða pour récupérer des minerais, mais il avait la ferme attention de rejoindre l’île voisine avant la tombée de la nuit. Gabriel s’invita à bord de son drakkar et se tint fermement à l’extrémité du pont : les vagues claquaient sauvagement contre leur embarcation, lui promettant un voyage nauséeux mais court, car le vent les poussait franchement. La lune s’élevait, ronde et brillante dans le ciel quand il parvint à destination. Il se délesta de quelques pièces d’argent et, remontant son léger paquetage sur son épaule, il jeta sa carcasse fatiguée par la traversée dans une carriole de maraicher. Brimbalant le long des chemins montagneux, Gabriel commençait à montrer quelques signes de nervosité. Ses doigts se rejoignaient, s’entrecroisaient, se nouaient alors qu’il semblait murmurer des mots que seul le vent pouvait percevoir.

Il en venait toujours à la même conclusion : il ne voulait pas se fâcher avec Astrid.
Il était un peu piteux, se doutant qu’il recevrait des reproches difficiles à repousser. Il ne regrettait pas, toutefois, pensant sincèrement avoir accompli son devoir de frère aîné et chef de famille. Seulement, il aurait pu… Mieux s’y prendre. Sermon qu’il pourrait s’administrer bien souvent, mais avec ceux qui importaient… Il était dommage de faire des erreurs aussi stupides. Il pressa les lèvres et ferma les yeux après avoir aperçu les contours de la demeure des Sìlfrddóttir. Il posa pied à terre, remercia son aimable transporteur puis, l’estomac noué, mira l’impressionnante bâtisse. Au loin il apercevait la figure fantomatique d’une harpie qui s’échinait contre les flancs de la montagne et songea, l’espace d’une seconde, qu’il pourrait la provoquer… S’il arrivait blessé et saigné par l’une de ses effroyables créatures, nul doute qu’Astrid se montrerait conciliante et caressante à son égard… Un soupir profond balaya ce plan désespéré. Son cœur se porta du côté du sourire de Solveig, et il en vint à la conclusion que s’il devait assumer ses réussites comme ses erreurs, c’était bien devant elle. Qu’elle prenne son père absent pour un lâche était bien la dernière chose qu’il souhaitait.

Il avala la distance qui le séparait de la porte, et cogna trois coups. Habitué des lieux, il fit éruption à l’intérieur sans se presser, bien que la pluie ait déjà commencé à s’insinuer contre sa peau. « Astrid ? » Sa voix grave appela doucement, inchangée. Il dénoua précautionneusement sa cape de voyage et l’abandonna à l’entrée, suivant ensuite le chat de la maison qui reviendrait sans doute auprès de ses maîtresses. La pluie battante leur avait sans doute masqué le bruit de son arrivée, quand il les trouva l’une près de l’autre, se réchauffant près des flammes du foyer. En silence il les observa, sourit distraitement à la vue de sa fille, si mignonne et vive, emmitouflée jusqu’au nez dans une couverture. C’était toujours une petite fille, ce qui le ravit sans commune mesure. Ses yeux clairs embrassèrent ensuite la silhouette d’Astrid, mains tendues vers les flammes qui éclairaient son visage noble… Il fit un pas pour s’approcher et le plancha grinça, révélant traitreusement sa présence.

A son grand bonheur et soulagement, Solveig se précipita à sa rencontre. Il posa un genou à terre et ouvrit ses bras pour l’accueillir dans son étreinte, la soulevant toujours aussi aisément. Elle avait de magnifiques cheveux blonds, il lui semblait également reconnaître les lèvres fines et ourlées de sa mère, mais autrement, il jurerait qu’elle lui ressemblait – ce qui l’engourdissait de fierté. Tandis qu’il la tenait contre lui, l’une de ses mains enserra tendrement sa cheville et son pied nu, geste anodin et affectueux qui le ramenait des années en arrière, à l’époque où d’une seule main il pouvait attraper ses deux petits pieds potelés…

« Tu m’as manqué Solveig. Tu es belle comme l’aurore. » Souffla-t-il affectueusement, avant de porter son attention sur Astrid. S’il n’oserait pas la couvrir d’un compliment de cette mesure, il lui offrit un sourire timide – un comble penseraient certains, mais Gabriel demeurait homme timoré. « J’espère que je n’ai pas trop tardé. » Commença-t-il d’un ton quelque peu incertain, ne sachant pas à quel point il était urgent d’aborder certains sujets fâcheux. « Tu as l’air en forme… Je suis heureux de te voir. »

Il serait plus facile de la laisser venir, de lui donner la responsabilité de rompre un moment suspendu. Il n’avait toutefois pas l’intention de l’enfermer dans le mauvais rôle, après tout, il avait décidé d’assumer. Il ne semblait y avoir qu’eux trois dans la maison, ce qui lui simplifiait malgré tout la tâche. S’éclaircissant d’abord la gorge, il déposa ensuite doucement Solveig au sol et se rapprocha d’Astrid, lentement. « Tu es allée sur Bjǫrn ? Sigrid, et Svein… Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais j’ai eu le temps d’imaginer. J’ai revu mon frère, récemment. » Ce qui lui avait donné de quoi réfléchir… « J’aurais dû t’expliquer plus clairement la situation, je… Je suis désolé Astrid. »

©icons Istina, Solosand et BONNIE
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Forge until the earth shivers
O, full of scorpions in my mind! What’s done is done.
© Macbeth

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Message posté : Sam 20 Jan 2018 - 20:31 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

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Les braises chantaient paresseusement, leur litanie peu à peu cachée par les éclats de pluie qui s’écrasaient aux vitres et sur la bâtisse au toit de paille. De temps à autre, elle ravivait l’éclat du feu en faisant rouler les pierres noires dans l’âtre, soulevant un nuage d’étincelles rougeoyantes qui ne manquaient jamais d’éclairer leurs visages comblés par la caresse chaleureuse du foyer. Elles ne parlaient pas, il n’y avait pas besoin. Mais à mesure que le soleil avançait sa course dans le ciel, Astrid savait l’agitation croissante à l’endroit de sa fille qui, si elle n’en disait rien, n’attendait que l’instant où la porte s’ouvrirait dans une bourrasque glaciale. Elle la comprenait… L’attente interminable avait même rasséréné les ardeurs de la Fálkidottir qui craignit un instant que son empressement à discuter des affaires familiales des Brynjolfson n’ait entraîné la fin de Gabriel. Ce qu’elle ne pourrait jamais se pardonner tant la douleur de sa perte endeuillerait la demeure, tant sa fille souffrirait. Alors, à mesure que le temps passait, la rancune froide et l’agitation d’Astrid se dissipèrent au profit de l’inquiétude tenace qui croissait dans l’âtre froid de sa colère. Et qui atteint son paroxysme quand un coup de tonnerre roula au-dessus d’eux en fendant le ciel d’une balafre lumineuse.

Pourtant, c’est imperturbable qu’elle laissait son regard se perdre dans le craquement des flammes. Imperturbable lorsqu’elle ne se retourna pas immédiatement au craquement de la planche de bois qui annonçait l’arrivée du père de sa fille. Elle ne broncha pas plus lorsque l’enfant – dans un cri de joie pur qui n’appartenait qu’à elle – se précipita dans les bras de son père. L’inquiétude s’était rapidement dissipée mais la colère ne revint pas immédiatement. Si ce n’était que partie remise, Astrid choisit néanmoins d’attendre patiemment qu’il vienne vers elle, désireuse de leur laisser le plaisir de goûter à des retrouvailles méritées. Lorsqu’il s’adressa éventuellement à elle, elle se retourna pour accrocher le regard clair qui lui avait toujours percé le cœur. L’air penaud qu’elle ne lui connaissait que trop bien, alors qu’ils avaient partagé tant et si peu à la fois, lui arracha un maigre sourire et elle songea un instant qu’il aurait pu s’agir d’une réunion de famille des plus banales. Mais les mots qui sortirent de sa bouche la ramenèrent brutalement à la réalité et le ressentiment qui couvait profita de l’occasion qui lui était donnée pour s’éveiller et montrer les crocs.

Poussant un soupir, Astrid s’approcha de Gabriel et déposa finalement un baiser sur l’une de ses joues rugueuses. Puis, prenant ses larges mains dans les siennes, elle souffla avec fermeté :

« Tu ne pars pas ce soir, nous aurons tout le temps d’en parler. Et elle y comptait bien. Viens plutôt te réchauffer et te sustenter. Bernhilde a fait du ragoût. »

Elle le trouvait notablement plus mince que la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Mais peut-être n’était-ce après tout que le fruit de son imagination ? Aidée de Solveig, Astrid dressa l’une des tables de la demeure de trois plats de bois dans lesquels elle déversa une large portion de ragoût brûlant. Replaçant la marmite de cuivre au-dessus de l’âtre, la jeune femme prit place sur l’un des bancs et huma doucement les exhalaisons qui s’échappaient de la platée. Sa grand-mère n’avait pas son pareil quand il s’agissait de cuisiner ; Il n’y avait pas à se demander d’où sa tante tirait ses qualités culinaires, ni pourquoi les Sìlfrddóttir était réputées pour leur table. Piquant du couteau l’un des morceaux de sanglier qui surgissait d’entre les cubes de panais, Astrid le mâchonna quelques instants en laissant son regard couler sur le visage doux et contrit de Gabriel. Puis, sentant qu’elle avait besoin d’éclaircir la situation, elle se tourna vers Solveig qui venait tout juste d’entamer son plat :

« Solveig, pourquoi n’irais-tu pas chercher de l’hydromel pour… Je te remercie. » Un sourire ourla ses lèvres lorsqu’elle vit sa fille sauter aussitôt au bas de son banc pour s’éclipser dans les réserves, les laissant seuls quelques instants. Des instants dont elle ne manqua pas de tirer profit. « Ne crois pas que je ne t’en veuille pas, glissa-t-elle en se penchant vers le Bjǫrnson pour n’être entendue que de lui, mais pour être honnête avec toi, j’ai eu plus que ma dose de conflits avec ton... frère. Je n’ai pas envie de vivre ça avec toi. Et Solveig ne le mérite pas, ajouta-t-elle. Mais il va tout de même falloir que tu m’expliques parce que je refuse d’avoir eu à souffrir ses injures et d’avoir été humiliée sans raison. »


Non qu’une raison suffise à lui faire oublier la teneur de leur discussion houleuse, dont elle ne doutait maintenant plus que Gabriel ait eu des échos. Qu’est-ce que Svein bien pu lui dire ? Avait-il mentionné qu’il l’avait plus ou moins traité de pute et sa fille de bâtarde ? Oh, lui poser la question la démangeait mais elle savait que ce n’était ni le lieu, ni le moment. Par ailleurs, il était inutile de jeter de l’huile sur un feu qui était déjà bien assez attisé… Même si l’envie était grande, très grande, de déverser tout son fiel. Lorsque Solveig revint, les bras chargés, sa mère servit une large corne à boire qu’elle tendit à Gabriel et une autre dont elle déglutit aussitôt quelques gorgées. Embouteillé sur l’île, la boisson n’avait – à ses yeux – rien à envier aux bières les plus réputées de Bjǫrn et faisait pourtant la risée des tablées de Snákr. Ils y voyaient une boisson « de femme », certainement trop fine et trop douce pour leurs palais délicats. Parfois, elle se demandait comment l’homme qui se trouvait face à elle avait pu accepter de vivre dans un tel environnement et comment il parvenait à le supporter.

« Malgré tout, je suis heureuse de te voir Gabriel. Elle était parfaitement sincère. J’ai cru un instant que Vatn t’avait rappelé à lui. As-tu fait bon voyage ? »

Elle en doutait. Les vents démontaient la mer, les trombes d’eau obscurcissaient la visibilité et la tempête elle-même semblait agiter les profondeurs marines noires et instables. Mais peut-être que la situation pour lui ne s’était dégradée que tardivement ? L’important était qu’il était maintenant en sécurité et au chaud. Auprès de sa fille. Et même si elle avait du mal à se l’admettre, auprès d’elle.
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Message posté : Mar 3 Avr 2018 - 1:59 Message
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Gabriel Brynjolfson

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Viendrait-elle le frapper ? L’idée lui traversa l’esprit, fugitive et glaçante. Il n’était pas certain de sa réaction si une telle extrémité survenait : en viendrait-il à lever la main sur elle ? Non… Il voulait croire qu’il ne réagirait jamais ainsi, surtout en présence de leur fille. Comment réussirait-il à se regarder dans la glace ? Il avait vu son géniteur battre sa mère et ne souhaitait ce triste spectacle à personne. Et puis… Nul doute qu’Astrid lui infligerait une sévère déconvenue. Il ne tiendrait pas plus de quelques secondes à son assaut, une pensée qui fit naître un sourire distrait et amusé sur ses lèvres sèches. Ah, quel fier homme de Snákr il faisait… ! Cette risette arriva à point nommé, alors même que la bouche de la Fálkidottir venait chercher sa joue. C’était infiniment plus agréable qu’une claque, qui aurait pourtant été méritée. Il la mira avec surprise et curiosité, puis baissa modestement les yeux lorsqu’elle s’adressa à lui. La confrontation viendrait bien assez vite, il était tout à fait disposé à profiter de leur compagnie et d’un ragoût en attendant.

« Merci… » Murmura-t-il doucement en déposant leur fille au sol. Il ne voulait pas louer sa clémence, connaissant suffisamment bien Astrid pour savoir qu’elle n’apprécierait pas une tentative d’obscurcir son jugement avec une flatterie de bas étage. Elle lui laissait du temps, et il comptait bien le savourer, en silence s’il le fallait. Lui et sa carcasse amincie – Astrid avait l’œil, bien qu’elle n’ait eu qu’une seule et unique occasion d’étudier sa silhouette dépouillée de tout apparat – se rapprochèrent un instant du feu près duquel il réchauffa ses os frigorifiés. Du coin de l’œil, il les observa s’affairer, admirant les petits pas agiles de Solveig dont la crinière blonde et légère battait la mesure. C’était toujours un plaisir et une souffrance de la contempler, d’admirer ses progrès, et de saisir avec tant de violence que le temps passait, et il passait vite, cruellement vite…

Il n’était pas surprenant dès lors, de voir le père se rapprocher de l’enfant, la saisir gentiment par la taille et la soulever jusqu’à table. Elle pouvait tout à fait manger près de lui, n’est-ce pas ? Elle était encore petite et bon public, acceptant avec grâce de gazouiller sur les genoux de son père. Même quand il lui volait sournoisement du ragoût dans son plat, ce qui le récompensait d’un rire et d’un petit coup de poing contre son torse. Il enveloppa doucement sa main dans la sienne et souffla, dans un sourire. « Tu as déjà de la poigne mh ? Tu deviendras une grande guerrière, comme ta mère… » Un grand oui franc lui répondit, ce qui eut le don de serrer son cœur.

Tranquille, pas pressé, il dégustait son plat avec la certitude que quoiqu’il puisse survenir, cet instant suspendu valait bien le voyage et les tracas qui avaient hanté ses dernières nuits. Il attendait sereinement désormais que « le moment » vienne, et celui-ci ne tarda guère. Il commença lorsque Astrid congédia pour quelques minutes leur fille, sonnant ainsi la fin de la retraite. Gabriel leva le menton et croisa les yeux tempétueux de la Fálkidottir, prêt à recueillir des reproches bien mérités. Pourtant, il n’y eut ni tempête ni tonnerre dans les mots d’Astrid, c’était l’incompréhension et l’injustice qui primaient. S’il ne les avait pas révélées, il devinait les contours de ce que Svein avait pu dire… Son frère avait toujours eu le don des paroles qui écorchent et qui blessent.

« Je comprends. » Deux petits mots qui ne valaient pas grand-chose, mais au moins avaient-ils le mérite de prendre acte de son ressenti. « Je ne pensais pas que Svein se mêlerait à cette histoire. Il n’est pas du genre à louer le mode de vie de Fálki, sans doute, mais de là à s’intéresser d’aussi près à l’avenir de notre sœur… » Il ne se figurait pas son fougueux petit frère faire grand cas des désirs d’aventures de Sigrid. Tout au plus aurait-il haussé les épaules en lui souhaitant bon vent ! Et l’adulte qui le détestait… Il avait quitté la famille, la maison, et choisit son destin… Alors pourquoi imposer ses vues à leur sœur ? « Mais c’était stupide de ma part. C’est moi, qui ai quitté notre foyer et… Qui ait perdu de vue ma famille. Svein s’occupe d’eux au quotidien, désormais. » C’était douloureux de l’avouer. Gabriel ne visitait pas aussi souvent qu’il le désirait ses cadets, et ce n’était pas les pièces d’argent qu’il envoyait régulièrement qui faisaient office de lien. Il avait voulu se mentir, mais la vérité, c’était qu’il ne connaissait plus aussi bien ses frères et sœurs. Svein le premier. « Il a dû voir d’un mauvais œil cette… » Il ne savait pas comment l’appeler. « Intrusion… C’est ma faute. J’aurais pu, j’aurais dû anticiper, et au moins t’accompagner. » Svein aurait eu une cible toute désignée pour recevoir sa colère. « Toutefois il t’a insulté, et je ne peux pas le permettre. Je me rendrai donc à Hjarta, et je tirerai ça au clair. »

C’était son rôle d’aîné et de chef de famille qu’il ne comptait pas laisser tomber, malgré son honnête contrition. Il n’avait pas le temps de plus s’étendre – ni clairement l’envie – sur le sujet avant que Solveig ne revienne, il reporta donc son attention sur le ragoût et bientôt, la majestueuse corne gorgée d’hydromel qu’Astrid lui présenta. Il en prit une longue et généreuse lampée, puis sourit de nouveau à la petite blonde qui s’agitait près d’eux. Il était déjà immensément soulagé de ne pas être « puni » par Astrid, qui avait toute latitude pour le priver de Solveig si elle le désirait.

« Un épouvantable voyage. Les drakkars qui veulent faire la route entre nos îles se font de plus en plus rares… » Ce qui n’avait rien d’étonnant, l’Höfðingi et l’Hǫfuð se faisant de plus en plus ouvertement la guerre. « Et le temps a rapidement tourné, mais Vatn m’a laissé vous retrouver. » Si Gabriel n’était pas un homme pieux, il observait malgré tout les traditions et savait que sur l’île du Faucon, la religion avait une place importante. « Il a dû juger que je vous devais des explications. Et un présent. »

Ce simple mot attisa la curiosité de Solveig, qui semblait pourtant avoir décroché devant cette « conversation de grands ». Ses yeux pétillants de malice l’enveloppèrent avec avidité et elle se rapprocha si vite que Gabriel n’eut qu’à déposer son cadeau dans le creux de sa main : un fragment d’aurum volcanique qu’il avait taillé pour imiter une tête de faucon, donc on pouvait reconnaître le bec caractéristique. Une confection qui le changeait des sempiternels lézards que réclamaient les hommes de Snákr !
Pour Astrid, il avait confectionné tout autre chose… Passant une main dans son dos, il retira de sa ceinture une arme enveloppée dans du lin. Précautionneusement il tendit ce modeste présent, lui présentant la garde pour s’assurer de ne pas la blesser. Le tissu cachait une dague joliment ouvragée, dont le pommeau était frappé de l’écusson de la famille d’Astrid et la lame décorée de leur devise, « Nul n’est si féroce ». D’obsidienne, cette lame devenait visible quand les flammes du foyer s’y reflétaient.

« Cela ne vaut pas les créations de Wiland… » Il arrivait que Gabriel évoque le maître-forgeron de Snákr, qui l’avait pris sous son aile il y a plusieurs années. Il avait beaucoup de respect pour cet homme et son ouvrage, qui dépassait largement ce qu’il était capable de forger lui-même. Cela le conduisait naturellement à minimiser sa propre valeur, mais il était tout de même heureux de lui présenter cette arme. « J’espère qu’elle te conviendra malgré tout, et tiendra à distance tous ceux qui oseraient vous vouloir du mal. »
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Message posté : Sam 7 Avr 2018 - 12:34 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

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Les braises rougeoyantes faisaient danser des flammes mortes dans ses yeux clairs. Un instant captivée, elle l’observa. C’était un bel homme ; Elle lui avait toujours trouvé un regard affable et mélancolique, qu’accentuaient encore des traits doux, et il lui semblait impossible d’imaginer un seul instant qu’il puisse appartenir à l’ivraie de l’engeance pourrie qui pullulait sur Snákr. Sa douceur, c’était ce qui lui avait plu chez Gabriel lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois, alors pourtant que les circonstances ne prêtaient guère à la tendresse. La lune pleine, l’œil de Stjarna, avait couvert et béni leurs ébats et il lui avait donné une fille. Elle avait vu cela comme un signe. La Fálkidottir n’avait même pas été étonnée d’apprendre, des mois plus tard, qu’il trouvait son origine auprès de l’ours et non de la wyverne, au contraire de son puîné qui, lui, tirait tout de cette dernière ; Agressivité et fourberie,... L’apanage des Snákrson, si bien qu’il était aisé de se demander pourquoi il n’avait pas déjà cherché à les rejoindre. Et elle, elle en avait douloureusement fait les frais, plongée dans une histoire de famille qui la dépassait. Mais Astrid voulait comprendre. Après tout, n’était-ce pas pour cela qu’il se trouvait attablés ?

Elle plongea sa cuillère dans le ragoût de pommes de terre, en extrayant une lampée gouleyante et fumante qu’elle tenta vainement de refroidir en soufflant dessus. Et tandis qu’elle mâchonnait pensivement, la jeune femme écoutait le père de sa fille se fendre en excuses et en explications, mesurant chacun de ses propos. À bien des égards, son discours renvoyait à celui de Svein, à la différence que son frère aîné faisait de lui un protecteur de leur famille et semblait peiner à le voir tel qu’il était vraiment. Pour elle qui n’y était rattachée que par un mépris tangible, le Bjǫrnson était un individu égoïste et individualiste. Autant qu’on pouvait l’être. Et Gabriel était empli d’une culpabilité qu’elle ne comprenait guère. Avant de prendre la parole, elle déglutit une gorgée d’hydromel, dont le pétillant claqua sur son palais d’une bien agréable façon. Bien plus agréable que le fiel qui s’insinuait d’entre ses lèvres chaque fois qu’il était question de Svein.

« Il ne s’intéresse pas à elle, répondit-elle sèchement, d’ailleurs il ne semble s’intéresser à personne d’autre que lui-même, Gabriel... Il n’y avait aucune bienveillance dans ses propos, aucun égard pour ses désirs, enchaîna-t-elle avec plus de douceur. Il a cherché à jouer la carte de la culpabilité en prétendant qu’elle n’oserait jamais quitter sa famille, que ce serait un déchirement pour elle, mais a avoué de lui-même que tout ce qu’il attendait, c’était qu’elle fasse un bon mariage. Et qu’elle puisse l’assumer lui, je n’en ai aucun doute. S’il avait pu quitter l’île à ta place, il l’aurait fait sans un regard pour quiconque. Ne le laisse pas te faire passer pour le coupable. »

Elle ne savait rien de l’essence même de leur conflit mais il était aisé de constater qu’elle ne portait pas son frère en très haute estime. Ce qui n’était nullement surprenant lorsqu’on imaginait un instant la tenue de leur échange. Néanmoins, Astrid semblait rassurée de voir qu’il la comprenait et qu’il comptait tirer cela au clair ; Quelque part, elle se sentait même soutenue, bien plus qu’elle ne l’avait été lorsqu’elle s’était rendue sur Bjǫrn pour essayer de rencontrer Sigrid et qu’elle s’était trouvée seule et désemparée face à la haine qui déchirait les deux frères. Mais le passé était le passé, et tout ce qui comptait désormais, c’était de se tourner vers l’avenir. D’autant que penser à Svein la mettait toujours dans une humeur exécrable et qu’elle comptait bien tirer le meilleur parti de sa présence.

Lorsqu’il lui expliqua que le temps de la haute-mer l’avait malmené, un sourire contrit ourla ses lèvres. C’était elle qui avait exigé de le voir au plus tôt, mais elle aurait dû voir les signes que les signes prêtaient à la tempête. Le vent portait depuis Gamall des effluves chauds et humides, la mer noircissait à vue d’œil depuis plusieurs jours et la vieille Bernhilde se plaignait de ses articulations. Et elle avait sciemment choisi de ne pas en tenir compte, trop pressée qu’elle était d’avoir cette discussion avec lui. Elle s’apprêtait même à lui présenter ses excuses lorsque Gabriel avait enchaîné qu’il avait, pour demander leur pardon, ramené un présent pour elles. La surprise la coupa aussitôt.

Tandis que leur fille accueillait la tête de griffon en gazouillant, Astrid tirait précautionneusement l’arme du linge qui le protégeait et un sourire comblé ourla ses lèvres, tandis que son regard émerveillé – qui n’avait rien à envier à celui de sa fille – suivait craintivement le fil de la lame. Elle n’avait pas souvent vu plus belle création, se targuant elle-même de n’avoir pour se battre qu’une simple épée de fer. Le Léviathan noir des Sìlfrddóttir ourlait le pommeau en s’y enchâssant, ses prunelles noires brillant avec force à la faveur des flammes et leur devise s’égrainait sur la lame noire d’encre, en lettres profondes.

« C’est magnifique... » Souffla-t-elle avec douceur. Elle fit quelques passes précises pour apprécier sa légèreté et sa maniabilité avant de ranger méticuleusement l’arme dans le linge. À n’en pas douter, c’était un fourreau d’exception qu’il allait lui falloir et elle s’appliquerait à lui en trouver un sitôt qu’il aurait quitté l’île. « Tu n’étais pas obligé tu sais, des excuses m’auraient amplement suffi. Mais tu m’en vois ravie, c’est un présent sublime et... tu as tort de dénigrer ton talent. »

À la mention de Wiland, Astrid fut renvoyée quelques jours auparavant, sur Bjǫrn. Les mots de son frère résonnèrent alors dans sa tête, aussitôt, avec une cruauté qu’elle ressentit au plus profond d’elle-même. Elle savait que c’était exactement pour cette raison qu’il avait laissé planer le doute sur les véritables intentions de Gabriel et elle s’en voulait de tomber dans un piège aussi grossier. Mais il fallait qu’elle sache. Mal à l’aise, la jeune femme se tortilla sur son banc, fuyant le regard de son ami.

« Gabriel, je... Comment es-tu devenu l’apprenti de Wiland ? »

Elle plongea son regard dans le sien, et s’il pouvait y lire quelque chose, c’était qu’il était inutile de mentir. Astrid savait que ce n’était pas de façon louable.
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Message posté : Dim 8 Avr 2018 - 23:28 Message
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Gabriel Brynjolfson

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Il aurait dû se sentir soulagé d’entendre ces mots-là. Ça aurait dû lui faire un bien fou. Enfin, enfin quelqu’un énonçait sans détours les quatre vérités de Svein… ! Enfin quelqu’un le regardait droit dans les yeux et décrivait toute sa noirceur, son individualisme, sa manipulation, et en dressait un portrait si sombre que son âme devrait en être immédiatement soulagée. Ce n’était pas sa faute. C’était celle de Svein, son cadet, cet homme tempétueux qui ne parvenait pas à faire fi du passé. Ce petit frère qui avait voulu être libre… Un puissant, et ardent sentiment de honte s’empara instantanément du cœur de Gabriel, qui baissa la tête et contempla dès lors obstinément le sol.

Astrid… Il était coupable, pourtant. Il fallait qu’il le lui dise. Ce n’était pas juste… La gorge sèche, ses lèvres restèrent scellées, le plongeant dans un mutisme qui transpirait le mal-être. Il avait la nausée. Il fallait qu’il change de sujet, il n’avait pas envie de ramener toute cette négativité dans le foyer aimant qui voyait grandir et évoluer Solveig… Il avait mêlé Astrid à tout cela, c’était une erreur, une erreur qu’il lui fallait corriger et effacer. Les fils et filles de Brynjolf… Il en ferait son affaire.

Les cadeaux qu’il avait transporté constituèrent à ce titre une parfaite diversion, et il fut enchanté de voir les mines réjouies de sa fille et de sa mère. Alors que ses doigts s’échouèrent dans la crinière blonde de l’enfant et la caressèrent en douceur, il adressa un franc sourire à Astrid.

« Merci. Je serais honoré qu’une guerrière comme toi utilise l’une de mes créations. » Un maître forgeron se reconnaissait à la grandeur de ceux qui brandissaient ses armes, après tout.

Il se sentait déjà mieux, et pensait naïvement cette histoire loin derrière lui, derrière eux. Il fut d’autant plus surpris par cette question, qui lui semblait venir de nulle part, et dont la soudaineté le désarçonna. Ses lèvres s’entrouvrirent sans qu’il ne prononce un mot, ses yeux d’un bleu limpide l’étudièrent avec attention, et crainte. Il ne pouvait pas s’agir d’une interrogation innocente. Il avait beau fouiller dans sa mémoire et ressasser, il ne se souvenait pas qu’Astrid se soit déjà intéressée de près à ce pan-là de son existence… Ça ne pouvait être que Svein qui l’avait évoqué. Jusqu’à quel point était-il entré dans les détails ? Et pour quoi ? Lors de leurs derniers échanges, Gabriel n’avait pas pu ignorer la souffrance de son frère, qui semblait croire que son aîné tenait le bon rôle malgré ses crimes… Avait-il décidé de se faire justice lui-même ?

Lentement, Gabriel posa un genou à terre pour se mettre au niveau de leur fille puis, armé d’un sourire calme et doux, il lui demanda gentiment : « Solveig, peux-tu nous laisser avec ta mère ? Je viendrai te border, si tu veux bien. »

Le tort des adultes est souvent de croire que les enfants ne comprennent pas… Alors qu’ils sont parfaitement conscients de la douceur, de la violence, et des sentiments tumultueux qui peuvent se jouer, quand bien même le sens des mots leur échapperait. Il embrassa la petite sur la joue et se leva, quittant table pour rejoindre la cheminée et son feu réconfortant. Il attendit que Solveig soit hors de portée de leur conversation puis, avec précaution, il prit la parole. Sa voix lui parut soudainement étrangement rocailleuse.

« De façon sale et honteuse, je le crains. » L’air absent, il contempla les flammes et ne présenta plus que son profil à Astrid. « Il t’en a déjà parlé, j’imagine ? » Devait-il se torturer l’esprit pour savoir ce que son cadet avait bien pu raconter ? Non, inutile… La vérité était triste et folle, aucun mensonge ne pouvait rivaliser. Toutefois il pensait que si Astrid prenait la peine de lui poser la question, c’était qu’elle souhaitait confronter sa version des faits à celle de Svein… Ou bien elle ignorait les détails de l’affaire. L’un comme l’autre le mettait mal-à-l’aise, mais pouvait-il décemment fuir ? « Je ne sais quoi te dire. »

La vérité, lui répondrait-elle sans doute. Il déplia ses doigts crispés devant l’âtre et face à ses paumes ouvertes, son regard se fit plus malheureux, plus embrumé, plus habité et désespéré ; comment avouer ce genre de choses ? Impossible…

« Moi… J’essaie de faire les choses correctement. J’essaie de ne pas être un homme mauvais, mais je suis hypocrite. La vérité, c’est que j'ai fait des choses terribles et ça n'a servi à rien. Il est trop tard… Je ne peux pas revenir en arrière. Ce que j’ai fait ne disparaitra jamais, c’est ancré en moi, en lui, et même s’il y a parfois des cicatrices qui restent invisibles… Mon frère n’a pas oublié. »

Non. Dès que ses yeux plongeaient dans ceux de Svein, il revoyait la scène, il revoyait son air de stupeur, lui qui n’avait pas imaginé une seule seconde qu’il pourrait être trahi par son sang. Puis la stupeur avait laissé sa place à la douleur…

« Je ne sais pas ce qu’il t’a dit… Mais il a dit la vérité. Je n’ai pas le droit d’être où je suis, et il devrait être à ma place. Il serait infiniment plus brillant… » Il l’était déjà, autrefois. « Svein a énormément souffert à cause de moi. Et moi, moi, j’aimerais juste qu’il me pardonne. » Et que tout redevienne comme avant. Sa voix avait tremblé, il espérait juste qu'Astrid ne l'avait pas remarqué. Il ne voulait pas sangloter et paraître faible, plus faible et misérable qu'il ne l'était déjà. « Mais je ne peux pas être pardonné, ni par lui, ni par moi-même, et j’aimerais malgré tout, égoïstement… Que tu ne saches pas. J’aimerais que tu ignores tout de cette partie de moi qui est si laide, j’aimerais juste être le père de Solveig, et ton ami… » Pouvait-il encore se raccrocher à cet espoir, le laisserait-elle à ses démons, lui accorderait-elle le droit de n’être que Gabriel en sa compagnie ? « S’il te plaît. » Il ne voulait pas être un frère monstrueux dans son regard, le sien s'humidifiant dangereusement tandis qu'il l'implorait.
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Message posté : Dim 15 Avr 2018 - 18:02 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

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Elle avait presque pu voir l’empreinte de chacun de ses mots sur le visage de Gabriel. Egrainés si cruellement, méticuleusement, comme autant de coups de poignards qu’elle lui aurait assénés, les mots tuaient ; Elle espérait que ce n’était pas ce qu’il y voit puisque, après tout, il n’était pas dans son intention de lui faire du mal. Astrid n’avait jamais eu la prétention ou la vocation d’être le juge et bourreau de son ami, elle n’aspirait qu’à comprendre, elle n’aspirait qu’à croire que les vils paroles du puîné de Brynjolf étaient sans fondement. Qu’elles étaient vides de sens et qu’elles étaient déformées par la rage, par la haine, par le ressentiment qu’il éprouvait à l’encontre de son frère. Par-dessus tout, elle ne voulait associer le doux visage de son ami à cette image terrible d’une main ratatinée, blessée, figée, à jamais déformée par le coup brutal et incisif d’un marteau de forge. Comment en aurait-il été capable, cet homme si doux, si protecteur et aimant ? Pourtant, elle était certaine d’avoir vu ses traits brusquement s’affaisser, tout aussi certaine d’avoir vue la lueur vaciller dans son regard et mourir. Etait-ce de l’incompréhension ou la réalisation qu’il allait lui falloir faire preuve de sincérité ?

Lorsqu’il congédia leur fille, Astrid réalisa avec horreur que chaque mot qui était sorti de la bouche de Svein était probablement vrai. La flamme éteinte de son regard croisa celui de sa fille qui s’éloignait en serrant dans sa main le crâne de faucon, ses yeux bleus chargés d’incompréhension et d’une crainte que sa propre mère ne savait comment dissiper. Alors elle lui sourit froidement, mécaniquement, un sourire crispé et elle tourna ses prunelles vers le père de Solveig qui s’en était allé quérir la chaleur des flammes moirées et réconfortantes des braises incandescentes. Un silence s’appesantit aussitôt, brisé seulement par le fracas de la tempête qui s’ébattait sur les vitres de la longère, rompu de temps à autre par le roulement lointain du tonnerre. Il semblait que les Dieux s’étaient appesantis sur leur discussion, mais c’était un tout autre orage qui grondait entre eux ; De sa main libre, elle repoussa assiette et cadeau et saisit la corne à boire qu’elle vida d’un trait. Et remplit aussitôt.

Alors elle l’écouta, et ce fut douloureux pour elle comme pour lui.

Bien sûr, Gabriel n’affirmait ni n’infirmait les propos qu’avaient tenus Svein lors de leur rencontre et dont il ignorait toujours la teneur, mais il était aisé de comprendre dans ce qu’il ne disait pas que les choses qui étaient advenues entre son frère et lui étaient terribles, et que la responsabilité lui revenait entièrement. Il était tout aussi facile de comprendre que l’homme qui se trouvait face à elle était rongé par une culpabilité tenace et dévastatrice. Pour la première fois, Gabriel lui apparut dans toute sa complexité et elle n’était pas certaine d’apprécier le spectacle. L’homme qui se trouvait face à elle semblait irrémédiablement brisé, courbé par le poids d’une erreur passée contre laquelle il ne pouvait rien faire, et sa nature douce et aimante laissait peu à peu place à une bien piètre réalité ; Incapable de changer le passé, tout aussi incapable de se tourner vers l’avenir, piégé entre les conséquences de ses actes et l’impossibilité d’oublier.

À la fin de sa supplique interminable, Astrid se leva en silence et s’approcha doucement de son ami. Comme devait-elle réagir ? Au final, il ne restait rien de la colère ou du dégoût qu’elle avait pu éprouver. La seule chose qu’elle parvenait à penser lorsqu’elle le voyait si misérable, c’était qu’il ne méritait pas tant d’affliction. Aussi, lorsqu’elle le contourna, ce fut pour passer doucement ses bras autour de son cou et l’enlacer avec douceur. Ils restèrent ainsi un moment, sans rien dire, seulement bercés par les aléas du vent qui mugissait entre les planches de bois et par le crépitement des braises tout près d’eux. Au bout de ce qui sembla une éternité, elle détacha finalement leurs corps enlacés et coula doucement son regard dans le sien.

« Il ne m’a rien dit, je ne sais pas ce qui s’est passé entre vous. » Murmura-t-elle calmement.

Il était aisé de deviner la teneur de l’acte, mais le fait est que Svein n’avait cherché qu’à ce qu’ils se confrontent et n’avait pas daigné apporter plus de précisions. Et c’était tant mieux. Ainsi, c’était bien plus facile à oublier – après tout, c’était ce qu’il lui demandait de faire, non ? Tendrement, elle caressa la courbe de son visage orné d’une repousse drue.

« Tu sais que je ne te jugerai jamais, n’est-ce pas ? Que tu peux avoir confiance en moi, quoiqu’il advienne ? Demanda-t-elle tout aussi doucement. Je ne t’obligerai jamais à me raconter si tu n’en as pas envie et si tu penses que c’est mieux ainsi, je me range à ton avis. » Conclut-elle finalement.

Elle se mordit doucement la lèvre, n’étant pas certaine qu’il soit nécessaire d’ajouter quoique ce soit à son laïus. D’ailleurs, elle n’était pas certaine de pouvoir trouver les mots justes, pourtant lorsque ses lèvres s’entrouvrir, ce ne fut pas pour se fendre d’un sourire comme il l’aurait peut-être fallu. Sa voix était blanche, son regard était grave mais confiant.

« Gabriel, on fait tous des erreurs et c’était il y a si longtemps. Tu devrais apprendre à te pardonner, souffla-t-elle. Sa haine se nourrit de ta culpabilité. Tant que tu ne lui montreras pas que tu as tourné la page, vous resterez tous les deux piégés dans cette colère qui vous ronge. Tu ne pourras jamais effacer ce que tu as fait..., conclut-elle, la gorge nouée. Dans ses mains, elle prit les larges paluches de son ami. Mais cela ne doit pas t’empêcher d’avancer. Les Dieux ne t’ont pas fait cadeau de cette vie pour que tu la gâches, on a tous un destin de tracé. »

Même Svein.
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Message posté : Lun 30 Avr 2018 - 1:26 Message
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Gabriel Brynjolfson

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Gabriel espérait sincèrement que la capitaine ne le contraindrait pas à révéler cet épisode douloureux, secret et qu’il ne souhaitait partager avec nul autre que sa conscience. Tout comme cet incident qui impliquait Aslak – et Svein, toujours Svein – il voulait à tout prix que cela ne se sache pas, et était pourtant le premier à se le rappeler continuellement, telle une litanie honteuse.

Son geste impardonnable, il aurait souhaité que personne ne soit jamais au courant, et que Svein finisse par oublier. Un rêve amer… Fracassé par la réalité, et les questions légitimes que se posaient Astrid. Il ne pouvait pas le lui reprocher, pas plus qu’il n’en voulait à son frère d’avoir abordé ce sujet avec elle. C’était par sa faute s’ils s’étaient rencontrés, et c’était ses erreurs qui avaient créé l’être haineux que Svein était devenu. Avait-il le droit de cacher la vérité à la mère de son enfant ? Quel toupet d’oser le demander… C’était son unique porte de sortie, son échappatoire, son radeau qu’il n’était pas certain de mériter, mais auquel il se raccrochait obstinément, entêté, enorgueilli de l’envie de vivre en « toute quiétude ». La capitaine pourrait-elle lui accorder cette faveur, cet ultime secours ?

Allait-elle le maudire pour sa lâcheté ? Il croisait son regard mais n’osait plus s’y appesantir, lui jetait des œillades chagrines, et demeurait immobile derrière ses paupières agitées. Elle, elle se leva, s’approcha, et lui déploya un trésor de courage pour s’arracher à l’observation de ses bottes et plonger ses yeux clairs dans son regard. Un regard étonnamment clément, dénué de reproches, qui l’enlaça avant même que ses bras ne se glissent autour de son cou. La douleur, la contracture qu’il ressentait au thorax ne se relâcha pas immédiatement, elle demeura en suspension un instant, incertaine, puis doucement elle s’évanouit tandis qu’il déposait maladroitement ses mains sur sa taille. Il n’arrivait pas à croire à sa chance.

« Tu n’es pas fâchée ? » Demanda-t-il alors lentement, comme le plus parfait des idiots. Il pouvait être ainsi, gauche et ahuri, dans ces instants suspendus et trop rares.

Il se rendit compte, sans amertume mais avec une réelle surprise, qu’il n’avait plus tenu quelqu'un ainsi dans ses bras depuis fort longtemps. Hormis Solveig, qu’il logeait contre lui à la première occasion offerte, son existence lui parut brutalement solitaire. On pouvait être entouré continuellement de personnes sans jamais ressentir leur chaleur, on pouvait aimer les siens, sa famille, et ne plus savoir comment les serrer contre soi. Lui qui avait été un grand frère si tactile… Devenu adulte, dans un univers où les rapports affectifs étaient seulement régis par la sexualité, le vide lui parut soudain aussi palpable que la chair d’Astrid et son étreinte rassurante. Lorsqu’elle s’éloigna il ressentit le manque, et une profonde bouffée de mélancolie vint se loger dans ses poumons, mais c’est un sourire reconnaissant qu’il offrit finalement à son amie. Une amie bien trop compréhensive et généreuse.

« J’ai plus confiance en toi qu’en moi-même, Astrid. » Il ne l’exprimait peut-être pas suffisamment, mais il tenait la capitaine en haute estime. Pour ce qu’elle faisait, pour ce qu’elle était, une guerrière et une mère qu’il n’aurait pas pu imaginer meilleure. « Tu m’es précieuse, et ce que tu penses compte pour moi. Je ne veux pas te décevoir. »

Il était sans doute trop tard pour cela. Il la croyait quand elle disait que Svein n’avait pas révélé ce qu’il s’était passé… Toutefois, y avait-il besoin de l’exprimer pour comprendre ? Elle n’avait pas de mots, elle avait vu : la colère de Svein, sa main tordue, et le regard coupable et perdu de l’aîné. Un discours n’apporterait rien de plus que des détails sordides.

Déception il devait y avoir… Et pourtant. Elle n’était pas obligée. Elle n’avait pas besoin de lui dire cela… Ces mots-là, inespérés. Gabriel l’observa dans un silence religieux, et l’ahurissement traversa ses yeux humides. Elle lui faisait déjà grâce d’une confession, et la voilà maintenant qui l’absolvait de ce passé coupable. Il n’en méritait pas tant, et elle le lui accorda quand même. Il se rendit compte que ses doigts, reposant dans les paumes de la jeune femme, frémissaient et tremblaient tandis qu’elle… L’encourageait ? Le pensait-elle vraiment ? Il retint cette question dans sa gorge, soucieux de ne pas paraître enfantin. Elle lui donnait déjà tellement, il devait lui montrer à présent qu’il pouvait se prendre en mains. Très délicatement, il emprisonna ses mains dans les siennes et les portant à ses lèvres, il embrassa ses phalanges.

« Merci, Astrid. Je suis chanceux de t’avoir près de moi. Tu... Tu arrives à prononcer les paroles que je ne pensais jamais entendre. Et elles me soignent. Tu n'étais pas obligée... Merci. » Il la libéra doucement de son étreinte. « Je vais suivre ton conseil, autant que cela m’est possible. Pour qu’un jour je l’espère, Svein m’accompagne pour dîner à ta table, avec Solveig… J'aimerais ça. » Son frère n’avait jamais rencontré sa seule nièce, et n’avait manifesté aucune intention d’y remédier. Gabriel espérait pourtant sincèrement qu’ils forment un jour une grande et large famille, avec ses dissensions et ses bagarres, mais qu’ils puissent se retrouver ensemble. « En attendant, j’aimerais te demander quelque chose… Encore. »

C’était sans doute présomptueux. Elle avait fait suffisamment, il l’avait impliqué plus que de raison… Néanmoins s’il ne disait rien, il laissait passer une chance.

« Sigrid… Sigrid ne mérite pas de subir nos disputes. Si je peux la convaincre et l’emmener ici, accepterais-tu de l’aider ? Je crains que mon or ne soit pas suffisant pour lui réserver un bon accueil… Et aucun argent ne vaut ta bienveillance et ton attention. » Il esquissa un sourire timide. « Je n'ose pas demander combien de services je dois désormais te rendre pour que nous soyons quittes... »
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Message posté : Jeu 10 Mai 2018 - 12:42 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

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Niveau de renommée:
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Description sommaire:
Astrid savait être une femme violente, cruelle et revancharde. Il était vrai, peut-être, qu’elle pouvait se montrer moralisatrice parfois. Mais Astrid était aussi – et avant tout – une mère aimante et indulgente. Une mère qui pardonnait. Or en cet instant, avec ses yeux bleus ébahis et son trémolo dans la voix, Gabriel avait tout d’un enfant étonné de ne pas s’être fait rosser après avoir fait une énorme bêtise. Parfois elle se demandait ce qu’elle avait pu lui trouver ce jour-là. Puis elle se souvenait. À la fin de leur étreinte, la Fálkidottir posa ses mains sur les larges épaules de son ami et un sourire doux ourla ses lèvres.

« Non, je ne suis pas fâchée, bien sûr... Pourquoi le serai-je ? C n’est pas à moi que tu as causé du tort. »

Parce qu’il en avait causé du tort, il était inutile de se voiler la face et même si elle ne connaissait pas exactement la teneur de leur altercation, il était aisé d’en imaginer l’issue. Astrid n’était jamais qu’une spectatrice qui avait été, un peu malgré elle, entraînée dans la spirale de haine, de regrets et de ressentiments dans laquelle les deux frères se complaisaient. Mais en dehors d’une brève et désagréable confrontation avec Svein, la jeune femme n’avait eu à souffrir de rien. Contrairement à ce dernier, dont elle savait maintenant la colère légitime – mais loin de justifier la façon dont il l’avait traitée. Par ailleurs, elle le disait sans rougir, elle n’avait cure du frère de Gabriel ; Aucun lien ne les unissait d’aucune manière, et si elle apprenait un jour sa disparition malencontreuse des mains d’une femme insultée, elle ne s’en émouvrait pas plus. Elle avait trop de ressentiments.

Ce qui l’aurait émue, c’est de savoir que son ami n’éprouvait pas le moindre regret.

Mais il était aisé de voir que son cœur était rongé par les remords. Aussi aisé que de savoir qu’il était sincère lorsqu’il lui disait qu’elle comptait pour elle et lorsqu’il lui avouait que ce qu’elle pensait de lui avait de l’importance à ses yeux. À ses mots et l’embrassade qui caressa ses doigts, une rougeur délicate ourla ses pommettes d’un liseré gêné. Elle choisit de passer ses mots tendres sous silence pour mieux les goûter. Qu’y avait-il à dire de toute façon ?

« Je ne fais jamais rien par obligation, Stjarna m’en soit témoin. Elle secoua la tête d’un air de dénégation. Si Heimr le veut, un jour nous nous attablerons ici même pour festoyer comme une seule et grande famille. Ma porte te sera toujours ouverte. Quant à Svein... ça ne dépend pas de moi. »

Cela dépendrait de lui, bien entendu. Si tant est que leurs relations s’arrangent – ce dont elle doutait, bien qu’elle ne le lui avoue pas – tant qu’il se montrerait insultant envers elle, la porte de sa demeure lui serait close. Et au vu de la discussion qu’ils avaient eu à propos de Sigrid, il semblait évident que son discours n’était pas seulement animé par le dégoût qu’il éprouvait à son égard. C’était un homme particulièrement misogyne, qui considérait que les femmes n’avaient leur place que sous l’égide de l’homme, ne s’épanouissaient que dans le mariage et la famille. Qu’elles étaient faites pour cela. Elle ne pouvait l’accepter, et certainement pas auprès de sa fille.

« Sigrid, oui... Les mots de ton frère m’ont marquée, tu sais. Elle marqua une pause, songeuse, avant de couler son regard dans le sien. Dans nos échanges, elle laissait entendre qu’elle nourrissait ardemment le désir de rallier Fálki. Pourtant, lorsque Svein me disait qu’elle ne pourrait jamais quitter Bjǫrn, une part de moi savait qu’il disait la vérité. »

La fibre maternelle était plus forte que tout. Mais elle savait aussi que les enfants de Brynjolf étaient âgés pour la plupart, capables de se débrouiller seuls et n’avaient plus besoin d’être maternés. Cela allait-il peser dans la balance ? Peut-être. Cette décision ne lui revenait de toute façon pas, pas plus qu’à Gabriel, et il serait à Sigrid de décider si elle se sentait prête à quitter les siens, en sachant qu’il s’agirait très certainement d’un aller simple. Son frère s’en assurerait.

« Si c’est réellement ce qu’elle désire, ma demeure sera la sienne... Assures-toi simplement de faire ce qu’il y a de mieux pour elle, conclut-elle finalement. Avant qu’un sourire amusé n’ourle ses lèvres, il s’écoula quelques instants, pendant lesquels chacun put, à loisir, peser de la promesse qu’elle venait de faire. Après quoi, elle prit un ton faussement contrit et enchaîna : oh, cela risque de te coûter incroyablement cher... Je n’ai simplement pas encore décidé quel allait être mon prix. En attendant je pense simplement profiter un peu plus de ta présence, tu passes si peu ! À croire que le foyer de ta forge ne s’éteint jamais. »

Le reproche était là, indéniable bien qu’il soit aisé de voir quelle galéjade s’y nichait. Pourtant, aussitôt, sa mine s’obscurcit et ses prunelles claires cherchèrent celles de son ami. Ce n’était pas un sujet qu’elle avait pensé aborder avec lui. Pourtant, alors que les ouï-dire allaient bon train et tendaient à se préciser horriblement, il était nécessaire pour elle de savoir à quoi s’en tenir.

« Gabriel... On raconte que Snákr prépare la guerre. Est-ce vrai ? Elle passa son bras dans le sien, l’entraînant un peu plus loin de la porte derrière laquelle se trouvait leur fille, et un peu plus près d’une fenêtre battue par la tempête qui masquerait leurs voix. Je m’inquiète, les rumeurs persistent et on dit que les eaux sont rouges de sang. Il m’est de plus en plus difficile d’approcher l’île. Elle marqua une pause. Si un conflit s’apprêtait à éclater, tu me le dirais n’est-ce pas ? »

C’était moins pour elle que pour les siens, qu’il allait lui falloir protéger si les îles devaient entrer en guerre. Les îlots-refuges étaient nombreux, peu cartographiés et elle avait la chance d’en connaître la plupart. Il faudrait qu’elle puisse mettre sa famille à l’abri. Solveig particulièrement, dusse-t-elle voyager pour cela jusqu’aux portes de Gamall.
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Message posté : Jeu 10 Mai 2018 - 21:01 Message
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Gabriel Brynjolfson

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La présence ou non de Svein à la tablée d’Astrid Sìlfrddóttir dépendrait de son attitude, mais le simple fait qu’elle n’y soit pas déjà opposée par principe était une victoire. Pour l’heure, il s’en contenterait, s’en délecterait même, tant leur soirée n’avait pas débuté sous les meilleurs auspices. Il se sentait chanceux d’être auprès d’une femme forte qui n’en restait pas moins conciliante, bien d’autres auraient profité de sa faiblesse.

La bonté d’Astrid irradierait un jour sa sœur, c’était pour lui un fait. Contrairement à la capitaine il ne doutait pas qu’un jour Sigrid franchirait le pas, et que ses rêves d’un ailleurs surpasseraient l’amour qu’elle portait à sa fratrie. Il en était aussi certain qu’il le regrettait déjà, car la perspective ne lui provoquait aucune joie. S’il n’éprouvait pas d’amour pour sa patrie d’adoption, il n’en nourrissait pas davantage pour l’éblouissante Fálki. Pour bien des habitantes son genre semblait être un affront, et si l’île du Faucon portait son regard sur l’horizon elle était aussi enlisée que la Wyverne dans la bourbe traditionnaliste : guerroyer et prier les Dieux. Sans compter qu’il avait le vertige. Ainsi venait-il sur Fálki pour celles qui avaient choisi d’y habiter, et il y visiterait également Sigrid si elle consentait à y vivre.

« Nous ne sommes pas d’accord sur ce point. Sigrid partira, j’en suis certain. » Assura-t-il d’un ton qui transpirait la confiance, sentiment relativement rare chez lui.

« Il n’y a plus d’enfants à veiller, pas plus de vieillards à nourrir. Nos plus jeunes sont des adultes désormais, et ils choisiront leur voie à leur tour. » Pour Sigrid il n’y avait pas d’avenir dans le cocon familial, réconfortant mais étouffant, elle devait le ressentir à présent, au plus profond de sa chair. « Je pense que c’est une question de temps. Quoiqu’il en soit, elle ne se laissera pas marier. Et je ne l’y contraindrai pas. » Il laissa couler quelques secondes puis, avec une fine risette, souffla : « Ce serait déplacé de ma part. »

L’aîné vieillissant n’ayant jamais pris femme n’avait en effet guère de leçon à donner ! Un peu d’autodérision ne faisait pas de mal, l’ambiance devenait facilement pesante quand venait le temps d’évoquer les dissensions familiales. L’on n’y prendrait pas Astrid, qui fut prompte elle-aussi à insuffler un peu de légèreté dans l’atmosphère. Elle s’attira un rire court et franc, qui venait de son ventre et secouait agréablement ses côtes. Il ne pensait pas que cette fois-ci, il vivrait des moments doux dans cette demeure. Il était soulagé et heureux de s’être trompé.

« Je m’acquitterai de mes dettes, sois en sûre. Mais ne me demande pas de courir nu sur les plages de dunes, de grâce… Vos harpies ne se remettraient pas de ce triste spectacle. »

Les malheureuses avaient déjà suffisamment à faire, à panser inlassablement les fissures des prodigieuses montagnes de Fálki ! Inlassable il l’était aussi, à marteler et chauffer de nuit comme de jour dans la forge de Wiland. La journée de voyage qui le séparait d’Astrid et de Solveig rendait ses visites plus rares qu’il ne l’avait espéré lorsqu’après une unique nuit en compagnie de la Fálkidottir, elle lui avait confié attendre un enfant.

« Non, en effet. Il y a toujours au moins un marteau qui résonne à Jarða. Et c’est souvent le nôtre… » Son sourire perdura, mais il apparut plus contrit. « J’aimerais vous voir davantage. Solveig grandit incroyablement vite. J’ai peur de me retourner un jour et de voir qu’elle est devenue femme, sans m’en être aperçu. »

Docilement, le forgeron se laissa emporter et sut immédiatement en son cœur qu’Astrid s’apprêtait à aborder un sujet de tourment. Pourquoi sinon, l’éloigner du couloir où la petite Solveig, bien qu’ayant été envoyée rejoindre ses draps, pouvait se tenir sur la pointe des pieds ? La question avait en effet de quoi semer le trouble et la crainte dans le cœur des hommes, alors dans celui d’une enfant qui n’avait connu que la « paix »… Gabriel ne chercha pas à fuir le regard d’Astrid, il n’avait rien à lui cacher. Et c’était peut-être cela, le problème… Il aurait voulu en savoir davantage.

« Je ne sais pas… Snákr prépare toujours la guerre. Je ne l’ai connu que fabriquant des armes et s’entraînant à tuer. Toutefois… Ils deviennent peut-être plus impétueux. Les jeunes se gargarisent quand, partis pour dérober les navires de Gamall, ils croisent d’autres voiles, violent et noient vos femmes. » Le regard grave, il plongea ses yeux clairs dans ceux d’Astrid. « Rien d’officiel n’a été annoncé. Snákr a déjà agi ainsi par le passé, récoltant ensuite les lauriers de sa violence. » Quelque chose avait changé, pourtant. « Les limites du Jarl sont testées, mais sa conscience… Ne semble plus avoir de bordures. »

Délicatement sa main rêche se posa sur la joue de son amie, et il l’effleura dans une douce caresse.

« J’aurais préféré que tu ne sois pas capitaine. » Tout comme il regrettait parfois de ne pas avoir appris à se battre… Étaient-ils trop vieux pour changer ? « Je reste un étranger là-bas, mais je suis à l’affût. J’écoute, et bien sûr je n’ai jamais eu l’intention de te cacher quoique ce soit. Je te dirai tout ce que je sais pour vous protéger. N’en doute pas… »

S’il n’avait pas lui-même évoqué ce sujet, c’est parce qu’il ignorait tout des intentions d’Harding. Harding lui-même savait il jusqu’où il irait pour l’hégémonie de son peuple ?

« Peut-être… Que tu pourrais questionner le père de tes fils. » Gabriel ne nourrissait aucun bon sentiment pour cet homme, Astrid le savait très certainement. Néanmoins, son amour pour elles surpassait de loin son inimitié pour lui. « C’est un guerrier, il a pu être le réceptacle de quelques confidences, ou... « commandes » d’attaques. »
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Message posté : Dim 13 Mai 2018 - 19:02 Message
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Astrid Sìlfrddóttir

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Le sourire confiant qu’il lui offrit ne put que se voir répondu par un sourire comblé, tout aussi sûr de lui. Dans ces rares instants où Gabriel transpirait la confiance, Astrid trouvait une forme de réconfort auprès de son ami. Souvent même, un soutien inespéré ; c’était quelque part en lui qu’elle plaçait sa confiance, et lorsqu’il lui disait être certain que Sigrid accepterait de quitter l’île, tous ses doutes s’évanouirent sans laisser de traces et elle considéra l’arrivée de la jeune femme avec beaucoup plus de légèreté. Tout comme elle le pensait, il s’accordait à dire que rien ne retenait sa sœur sur l’île de l’Ours si ce n’était l’amour qu’elle portait à sa fratrie. Elle n’avait pas d’amant – à sa connaissance – ni d’époux qu’elle craindrait de laisser derrière elle et ne serait pas obligée par son aîné à prendre des vœux. Tout comme il disait en avoir fait le choix, ce qui ne manqua pas de laisser à ses lèvres pendre un sourire amusé. En somme, elle était parfaitement libérée des entraves familiales, si tant est qu’elle soit prête à tourner cette page de sa vie.

Au fond, le choix lui appartenait. Astrid, de son côté, s’assurerait qu’elle se sente autant chez elle sur Fálki que sur Bjǫrn. Bien sûr, elle n’était pas bête et savait à quel point il pouvait être difficile de quitter son foyer. Que ferait-elle sans les forêts luxuriantes de la magnifique île d’émeraude ? Que ferait-elle sans ses plages sauvages étalées à perte de vue ? Sans ses falaises escarpées et ses montagnes aux flèches effilées ? Ces terres sauvages étaient siennes, et elle n’imaginait pas un seul instant les quitter, même si la mer était son domaine. Elle ne l’imaginait pas... Ce qui ne voulait pas dire que c’était inenvisageable. Au détour d’une rencontre, qui sait, un avenir de douceurs et de mélancolie l’attendait peut-être. Mais s’il était une chose qu’elle ne viendrait pas à regretter, c’était la faune locale et ses attaques persistantes sur son bétail et ses voiles.

« Puisses-tu seulement les déloger ! S’exclama-t-elle dans un rire léger. La peste soit de ces créatures... Ce n’est qu’une question de temps avant que je ne trouve leur nid, marmonna-t-elle. Pas plus tard qu’hier, j’ai perdu un hongre en parfaite santé. Elles ne m’ont laissées que la croupe puante de la pauvre bête ! »

Les Sìlfrddóttir ne manquaient de rien, mais il était toujours incroyablement déplaisant de perdre une bête. Par chance, cela n’arrivait pas souvent mais les attaques s’étant intensifiées ces dernières semaines, Astrid commençait à envisager la possibilité de leur tendre des pièges dans les bois qui bordaient son domaine. N’y connaissant goutte, il lui faudrait très certainement faire appel à un chasseur expérimenté... Mais si c’était le prix de la tranquillité, elle le dépenserait sans une hésitation ! Qui sait peut-être demanderait-elle l’aide de son présent compagnon ? Une idée à creuser une fois leur discussion terminée ; Ils avaient un sujet plus grave à aborder.

Se mordant la lèvre, la Capitaine du Fer-de-Lance accusa le coup d’apprendre que Gabriel n’en savait pas plus qu’elle au sujet des rumeurs persistantes de la guerre qui s’annonçait. Comme elle, il semblait avoir remarqué un regain de véhémence chez les plus jeunes, mais ne pouvait confirmer ni infirmer que quelque chose de grand se préparait et pour cause : Snákr préparait toujours la guerre. Elle baissa les yeux d’un air contrarié, consciente qu’aucun d’eux ne pouvait rien y faire tant que les choses ne se préciseraient pas. Tout ce qu’elle espérait, c’est qu’il ne serait pas trop tard lorsque ce serait le cas. Lorsque la main de son ami effleura sa joue, elle leva ses prunelles claires et les coula dans celles de Gabriel, dont le regret de la voir guerrière ne fit qu’ajouter à son affliction. Parfois elle aussi venait à regretter son choix de se battre pour une île à bien des égards aussi cruelle et injuste que l’était Snákr... Puis elle épousait la mer et ses doutes s’envolaient.

« Moi aussi, répondit-elle simplement, nichant son visage dans la large paume du forgeron. J’aimerais que les choses soient différentes. Qu’il n’y ait pas de conflit, pas de frontières, que tu ne sois pas obligé de faire profil bas quand tu vois ta propre fille. Elle baissa les yeux. Je donnerais tout ce que j’ai pour que les choses changent. »

Mais qu’y pouvait-elle ? Tout son argent n’y suffirait pas. Il lui faudrait encore se hisser au plus haut du commandement pour espérer y changer quelque chose. Il lui faudrait mettre l’île à feu et à sang, renverser les pouvoirs... Cela en valait-il la peine ? Même si leur paix était précaire, elle avait su s’entourer de personnes fiables qui ne faisaient pas grand cas de la naissance, des individus parfois d’horizon si lointains qu’elle ne pouvait espérer les voir qu’en rêve. Des individus en qui sa confiance était absolue, qu’ils soient nés sur Bjǫrn, sur Snákr ou sur Gamall. C’est qu’il y avait peut-être encore de l’espoir... Ou peut-être pas. Lorsqu’il le mentionna, le visage d’Amalrik se dessina dans son esprit et ses lèvres se pincèrent méchamment.

« Même si je voulais le lui demander, je doute d’en obtenir quoi que ce soit, répondit-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu. Sa loyauté envers les siens compte plus que son attachement à la mère de ses fils. Il a choisi de... Prendre de la distance, selon ses dires, pour conserver sa mainmise sur son équipage. Elle eut un rire mauvais, blessé. Comme s’il y avait quelque chose à faire une fois la graine de la discorde était semée. »

Consciente de son agressivité infondée, la jeune femme poussa un long soupir et leva ses yeux vers son doux ami, dont elle cajola la main : « Excuses moi Gabriel, tu n’y es pour rien, je ne devrais pas m’en prendre à toi. C’est entre lui et moi. Un sujet pour le moins épineux... » Ajouta-t-elle après un instant.
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Message posté : Dim 20 Mai 2018 - 1:04 Message
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Gabriel Brynjolfson

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Avec un sourire, Gabriel songea qu’il aurait été bien incapable lui-même de débusquer des créatures, du plus élégant des faucons à la plus brutale des banshee. Il n’avait pas le savoir-faire d’un chasseur, et ignorait tout des arts du combat – quand bien même il passait sa vie à forger et entretenir le fil des épées. Son domaine se résumait aux minerais, et s’il témoignait d’un talent relatif dans ce champ à force de s’y entêter, il était d’une incapacité crasse dans tous les autres. Aussi, et bien qu’il témoigna de l’intérêt pour les déboires d’Astrid, il se garda bien de lui dispenser le moindre conseil ! Toutefois, il lui prêterait évidemment main forte si elle en avait l’utilité.

« Je n’y connais rien, mais j’ai deux jambes, et deux mains pas trop gauches si tu veux de mon aide avec ce nid. » Un sourire discret navigua sur ses lèvres tandis qu’il précisait. « J’ai entendu dire que tu avais du talent pour dispenser des ordres, tu sauras peut-être faire quelque chose de moi. »

Elle avait déjà fait de lui un père, et c’était plus grand et plus beau que tout ce qu’il avait imaginé et espéré. Son cœur s’assouplissait inexorablement lorsque ses songes enveloppaient Solveig, et sa volonté s’aiguisait quand il était question de la protéger. Sa seule naissance avait fait de lui un homme meilleur, et la côtoyer, apprendre à la connaître, était une bénédiction. S’en trouver éloigné était une souffrance intolérable et il n’y avait pas de mots pour la décrire, aussi, il taisait bien souvent ce qu’il ressentait. Il ne souhaitait pas culpabiliser Astrid qui n’avait, de toute manière, d’autre choix que cette vie-là. Il baisa doucement son front avant de la libérer de sa palme, souhaitant que ce geste balaie le tourment qu’il devinait dans ses paroles et son regard fuyant.

« Je le savais, le jour où j’ai participé à une Tveirbinda, et je ne regrette rien. » Il avait participé à cette cérémonie sous la contrainte, se forçant à adopter une coutume à laquelle il ne comprenait rien, mais celle-ci avait abouti à la naissance de Solveig… Dès lors, elle avait valu la peine. « Mais je ne pensais pas que ce serait autant de bonheur et de déchirement. » Il sourit, sans bien réaliser le contraste saisissant entre ses mots et son regard mélancolique. « Je ne savais pas que l’on pouvait aimer autant. »

Il n’aimait pas avouer qu’Amalrik pouvait être plus utile que lui-même, cela revenait à dire qu’il était sans doute mieux placé pour garantir la protection d’Astrid et de leur fille, ce n’était en rien agréable, mais c’était nécessaire. Il s’y pliait, quand bien même il en garda un goût amer sur la langue. Pourtant… La réponse d’Astrid le laissa stupéfait, intrigué, mais en rien ravi. Il n’était pas heureux de lire son expression et d’entendre qu’ils s’étaient disputés, car il croyait savoir qu’elle nourrissait pour lui de la passion, si ce n’est de l’amour, et que tout ceci devait être bien cruel – trop pour qu’il en ressente au final un quelconque soulagement, ni un brin de satisfaction malsaine.

Il l’observa d’abord en silence, l’écouta, et tenta de se mettre dans la peau de ce capitaine pour qui il n’éprouvait qu’un froid dédain. Il jouissait d’une certaine tranquillité du fait de son statut de forgeron – sous l’œil et le marteau de Wiland, qui plus est – et s’il n’avait pas échappé à quelques brimades, il avait surtout été le témoin de l’attitude dure, provocatrice et parfois féroce des Snákrson. Les bougres ne manquaient pas de panache, mais le plus souvent, c’est leur intolérance nauséabonde qui prenait le dessus et polluait toutes leurs relations. C’était peut-être encore plus vrai en mer, où la promiscuité était maîtresse et poussait les capitaines à dominer leurs hommes sans partage. Quelle place pour une Fálkidottir dans cet univers ?

« Je ne connais pas bien vos navires et vos coutumes… Mais celles de Snákr commencent à m’être familières. Le climat de mutinerie est pesant, il n’y a pas de place pour la faiblesse dans leur univers. » Il pressa doucement sa main. « Pour certains, le simple fait de sympathiser avec une fille de Fálki relève de la trahison. » Un soupir se bloqua dans son thorax, puis il expira quelques mots plus difficiles à prononcer. « Je sais que tu arrangeras les choses, c’est ce que tu fais. Je ne compte pas sur lui pour le faire, c’est un nigaud, doublé d’un imbécile. »

Il avait été très sport jusque-là, il pouvait bien se permettre une petite insulte gratuite ! Songeant qu’il avait promis à leur fille de la coucher il y a déjà plusieurs minutes, et plus que soucieux de s’acquitter de ce devoir, il inclina doucement la tête et se détourna.

« Ne te fais pas trop de soucis Astrid, Stjarna veille sur vous. »

Là-dessus il prit le chemin de la chambre de Solveig, et tandis qu’il quittait la pièce principale il entendit de multiples et successifs petits bruits étouffés – la chipie devait essayer d’écouter aux portes, et le voyant venir, se précipiter dans ses draps pour maintenir l’illusion. Souriant tendrement, il traîna légèrement le pas pour lui laisser le temps de déguerpir et de soigner son illusion. Quand il arriva, elle était emmitouflée et ses grands cils papillonnaient, comme si elle luttait désespérément contre le sommeil en attendant son père. Ce dernier s’assit au bas de son lit, et déposa l’une de ses paluches sur son pied tournicotant sous les couvertures.

« Je t’ai faite attendre. » Ses petits yeux gorgés de reproches le dévisagèrent, mais elle ne dit rien. « Veux-tu que je te raconte l’histoire du jour où Stjarna a conduit Sigrún dans les montagnes, là où elle battit Þoka ? »

Il eut bien plus de succès cette fois-ci et, s’allongeant auprès d’elle, raconta la légende qui les unissait tous.
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